CHAPITRE XXIII
Bologne, Paul Véronèse et le Tintoret de Venise sont morts, le Guide, l’Albane, le Dominicain, le Guerchin, le fougueux Salvator Rosa et le Bernin. L’Allemagne et l’Angleterre produisent seulement quelques peintres obscurs. L’Espagne , au contraire, compte plusieurs grands noms, Yélasquez, Murillo et Ribéra ^ Nos peintres ont des rivaux parfois heureux, nos sculpteurs n’en ont pas. Il n’y avait guère de statuaire célèbre en Europe que le Bernin, dont le goût maniéré a exercé une fâcheuse influence sur les artistes italiens.
MM «clenees au dlx-weptlèaie siècle.
Les lettres ont une patrie, car elles reflètent le génie national et celui de l’écrivain; les sciences n’en ont pas. Il y a des littératures française, italienne, anglaise; il n’y a partout qu’une même science qui reçoit seulement, ici et là, nme impulsion différente , selon la diversité d’esprit de ceux qui travaillent à la pousser en avant. La distinction de nationalité n’est plus une chose de nécessité, mais un intérêt tout secondaire.
Si la science diffère peu entre les pays de civilisation à peu près égale , elle diffère beaucoup d’un siècle à l’autre. L’antiquité et le moyen âge avaient pu cultiver avec succès les sciences de raisonnement, mais l’étude du monde physique était frappée de stérilité, tant que les vraies méthodes d’expérimentation n’étaient pas trouvées. Et elles ne pouvaient l’être qu’après qu’on eut acquis la confiance que l’univers est gouverné par les lois immuables d’une sagesse éternelle et
S4 5S4-<644), ilëve des Corrache (saint André, Communionde saint Jérôme, a Kierge dn rosaire. Martyre de sainte Agnès) ; J. Fr. Barbiéri, surnommé le (luercJün, c’esl-é-dire le Louche (4 500-4666), ^ui peignit plus de deux cent cinquante tableaux, surtout religieux, et le d6me de la cathédrale de Plaisance; Salvator Rosa (4645-4673), l’ami de Masaniello (saint Thomas, une Bataille, la Pythonisse d’Endor, l'Ombre de Catilina) ; le cavalier Bernin (4698-4080), peintre, statuaire et architecte.
4. Vélasquez, de Séville (4 590-4660) : on cite de lui la Tunique de Joseph, le Portrait d’Olivarès, le Tableau de famille; Esieban Murillo, également de Séville (4608-4 683), dont le musée du Louvre, dans un moment d’engouement, il est vrai, a acheté un seul tableau GüOOOO francs; Joseph Ribéra, dit f Espagnolet (4686-4656), qui se plaît é peindre des scènes de supplices.
non par les volontés arbitraires de puissances capricieuses. Alors seulement ou n’accusa plus l’esprit humain de témérité sacrilège :
« Gens humana mit per vetitum nefas, >
parce qu’il cherchait à pénétrer les secrets de la création. L'alchimie , la magie , l’astrologie , toutes ces folies du moyen âge devinrent des sciences, du moment que l’homme ne s’arrêtant plus aux phénomènes isolés, s’efforça de saisir les lois mêmes qui les produisent. Ce temps commence avec Copernic, au seizième siècle ; mais ce n’est qu’au dix-septième que la révolution est accomplie et triomphe avec Bacon et Galilée, le premier qui en a proclamé la nécessité (voy. p. 420), le second qui par ses découvertes en démontre les bienfaits.
La méthode nouvelle n’ose point d’abord s’étendre à tout le champ de nos connaissances. Elle seconde surtout et agrandit les sciences auparavant cultivées , les mathématiques et l’astronomie , excellente et forte éducation de l’esprit scientifique qui éclatera vers la fin du siècle suivant et au dix-neuvième, en tant de merveilles.
Quatre hommes sont à la tête du mouvement scientifique du siècle ;
Jean Képler du Wurtemberg (1571-1631), qui démontre la vérité du système de Copernic , devine l’existence de planètes inconnues, et trouve les lois qui servent de base à l’astronomie moderne ; 1" les carrés des temps des révolutions planétaires sont proportionnels aux cubes des grands axes; 2® les orbites planétaires sont des ellipses dont le soleil occupe un des foyers; 3" le temps employé par une planète à décrire une portion de son orbite, est proportionné à la surface de l’aire décrite pendant ce temps par son rayon vecteur.
Galilée, de Pise (1564-1642), qui expia en 1633, dans les prisons de l’Inquisition , la démonstration du mouvement de la terre , découvre les lois de la pesanteur et invente le pendule, la balance hydrostatique, le thermomètre, le compas de proportion et ébauche le télescope ; tandis que son disciple , Torricelli, de Faenza (1608-1647), reconnaît la pesanteur de l’air, invente le baromkre, et perfectionne les lunettes.