‹ Histoire des temps modernesChapitre 290 sur 311 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

dinand IV, qui succède à Charles VII, à l’âge de huit ans, en 1759, Tanucci agit encore avec plus de vigueur : U abolit les dîmes, supprime im grand nombre de couvents, réduit de moitié le corps ecclésiastique, bannit les jésuites (1767) et réorganise l’enseignement public. Une disgrâce termina ce ministère, qui n’avait pas duré moins de quarante-trois ans (1734-1777), pendant lesquels Tanucci avait touché â beaucoup de choses, mais sans avoir obtenu de résultats bien durables. Le règne de Ferdinand IV se continua au milieu des plus grandes péripéties jusqu’en 1825. Après Tanucci, tout dépendit, à Naples, des caprices de la reine Marie-Carobne, sœur de l’empereur Joseph II, et fameuse à plus d’un titre, surtout par sa haine contre la France après 1789.

A la mort du dernier des Médicis, Jean -Gaston, en 1737, la Toscane avait été assignée à François, duc de Lorraine, époux de Marie-Thérèse, et qui devint empereur en 1745. Sous ce prince, peu aimé des Toscans, en sa qualité d’étranger, de sages réformes furent introduites dans la législation et dans les finances par d’habiles ministres, le prince de Craon et le comte de Richecourt. Son second fils, Pierre-Léopold, frère de l’empereur Joseph II et de la reine de France Marie- Antoinette, gouverna la Toscane de 1765 à 1790. « Constamment occupé à réformer tous les abus introduits pendant plus de deux cents ans d’une administration vicieuse , il simplifia les lois criminelles, rendit au commerce la liberté, retira des provinces entières de dessous les eaux, et en partagea la propriété entre des cultivateurs industrieux, qu’il ne chargea que d’ime rente peu onéreuse ; il doubla ainsi les produits de l’agriculture, et rendit à ses sujets une activité et une industrie qu’ils avaient perdues depuis longtemps. Mais il les fatigua quelquefois par une vigilance inquisitoriale, et il éprouva une violente opposition à ses réformes ecclésiastiques. Le peuple qui lui devait tant le regretta peu. > (Sismon^.) U avait aboli la peine de mort.

Dans les États du roi de Sardaigne, deux édits de 1761 et de 1762 avaient accordé ce que la France n’obtiendra qu’après 1 789, le rachat des droits féodaux.

L’esprit nouveau pénétra jusque dans la vieille Autriche,

TENTATIVES DE RÉFORMES

et il y fat introduit par le fils de Marie-Thérèse, l’empereui' Joseph II. Ce prince avait été élu empereur d’Allemagne à la mort de son père François I“ de Lorraine, en 1765; mais sa ynère avait gardé le pouvoir dans les États autrichiens. Sui- ^nt alors l’exemple de Pierre le Grand, avide d’apprendre, quoique n’ayant pas la patience de s’instruire, comme l’écrivait Frédéric II, Joseph II se mit à visiter les pays étrangers, puis parcourut ses propres domaines; à la mort de sa mère, en 1 780, il se lança impétueusement dans les réformes.

Les diverses contrées qui formaient l’État autrichien, se gouvernant chacune par des lois particulières , n’avaient entre elles aucun lien ; Joseph tenta de les unir par une vaste organisation administrative. U abolit les juridictions particulières, divisa le territoire en 13 gouvernements subdivisés en cercles. Il y eut autant de cours de justice, de commandants militaires et de magistrats de police qu’il y avait de gouvernements. L’administration se partagea en 4 départe-

ments : politique, administ^R^proprement dite, justice, guerre. Toutes les affaires furent centralisées dans les chancelleries d’État de Vienne, et les États provinciaux supprimés ou annihilés; le despotisme de l’empereur se substituait aux tiraillements du régime féodal.

En 1 780 , les dîmes , les corvées et les droits seigneuriaux sont abolis. Une seule religion, la catholique romaine, est reconnue; mais les bujles du pape n’ont de force qu’après avoir été approuvées par l’empereur; les membres du clergé sont subordonnés au pouvoir temporel ; les revenus de certains évêchés réduits ; plus de mille couvents changés en hôpitaux, en maisons d’instruction ou en casernes ; 400 paroisses nouvelles fondées ; le culte dégagé de certaines pratiques superstitieuses ; *le droit de primogéniture aboli ; le mariage déclaré un simple contrat civil, et le divorce facilité. Le 13 octobre 1781, un célèbre édit de tolérance autorise l’exercice des cultes grec et protestant; les juifs sont admis aux écoles publiques; une nouvelle traduction de la Bible est faite en allemand ; et le pape Pie VI, qui fait le voyage de Vienne pour arrêter l’empereur dans ses réformes, n’obtient que les égards dus à son âge et à son caractère.

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