CHAPITRE VII
plier sur Milan. Ils avaient perdu 12 000 hommes, l’honneur du champ de bataille, et plus encore, la réputation d’invincibles. Trivulce, qui s’était trouvé à dix-sept batailles rangées, appela celle de Marignan un combat de géants (13 et 14 septembre 1515).
Cette bataille ne fut pas moins grande par ses résultats politiques : le duc de Milan céda ses droits pour une pension ; le pape rendit Parme et Plaisance par la convention de Viterbe, dans laquelle se firent comprendre les Espagnols;
^ enfin, une bonne paix ferma aux Suisses l’Italie. Par le traité de Fribourg , la confédération helvétique s’engagea , moyennant une pension annuelle de 700 000 écus, à laisser le roi lever chez elle les troupes dont il avait besoin. Cette paix, dite perpétuelle, a duré autant que l’ancienne monarchie française.
Un autre traité fut signé avec Léon X : celui-là ne regardait que la France. Ce fut le concordat de 1516, qui remplaça la pragmatique sanction de 1438. Le concordat abolit les appels en cour de Rome, source de nombreux abus, les réserves et les grâces expectatives par lesquelles le saint-siège avait la nomination à une foule de bénéfices, et conféra au roi le droit de nommer directement à toutes les dignités ecclésiastiques, ne se réservant celui de refuser l’investiture aux élus qu’en cas d’indignité canonique. François renonça seulement à la convocation périodique des conciles et rétablit l’impôt des annotes, ou revenu d’une année que tout nouveau bénéficiaire dut payer au saint-siège.
Ainsi la première période des guerres d’Italie se terminait à l’avantage apparent de la France. Elle avait gagné le duché de Milan, dont la séparaient toute l’épaisseur des Alpes et les domaines de la maison de Savoie. Son roi pouvait mettre une couronne de plu^ sur sa tête ; mais elle allait avoir une guerre terrible de quarante années sur les bras.
mVALITÉ DES MAISONS DE FRANCE ET D’AÜTRICHE. 99