‹ Histoire des théâtres de BordeauxChapitre 49 sur 55 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Célébrons les directeurs

De la Comédie ; Chantons les rares acteurs

Supports d'Emilie.

Ils nous donnent bravement De l'ennui pour de l'argent.

Vive l'Emilie!

0 çïué !

Vive l'Emilie !

Venons a ce magistrat, Président folâtre,

(irosse poupée a rabat, Des riens idolâtre.

Ce juge de nos procès, Ne siège point au palais,

Il siège au théâtre , 0 gué !

11 siège au théâtre!

lU.

Destouches, comme on sait bien

Le prit pour confrère ; De maints petits comédiens

Il la rendit mère.

Tous deux étant directeurs , Pour ne point manquer d'acteurs

Avaient soin d'en faire , 0 gué !

Avaient soin d'en faire.

lllSroiRE DES THÉÂTRES

Bouffon, léger et galant,

Au point d'être fade , Il n'est femme qu'en sifflant,

l\ ne persuade.

Musicien, joueur adroit , 11 sait tout hormis le droit ;

Le code est maussade , 0 gué!

Le code est maussade.

Je n'ose de D

Profaner la gloire; Il est roc , il est altier.

Plus qu'on ne peut croire.

Il pourrait bien contre nous , Faire dresser après tous ,

Un réquisitoire, 0 gué!

Un réquisitoire.

Prêt a danser nuit et jour,

Comme un jeune page ; Pied léger et cerveau lourd.

Gros chef, plat visage, Œil louche, nez épaté; Voila le portrait flatté

De ce personnage , 0 gué !

De ce personnage.

A-t-il payé l'action ?

Je ne sais qu'en dire ; Mais je gagerais que non :

Je connais le sire.

Le titre de débiteur ^

Plaît beaucoup à Monseigneur.

Le juif en soupire, 0 gué !

Le juif en soupire.

Je viens à toi de grand cœur.

Sublime Emilie, Qui guindés sur la fadeur

Ta philosophie ; Et fardes effrontément D'un vernis de sentiment,

Ta drôle de vie , Ogué!

Ta drôle de vie.

Dans tous les rôles tu mets

Ton air de bégueule; Sur ma foi tu ne saurais

Plaire qu'à toi seule.

Crois-tu peindre ta grandeur.

En ouvrant h faire peur

Ta brillante gueule, 0 gué !

Ta brillante gueule.

La ! c'est assez caqueter,

Muse trop hardie ; Crains que ta malignité

Bientôt ne s'expie.

Quelqu'un qui peut te punir (1) Enjoint de tout applaudir,

Fût-ce l'Emilie, Ogué!

Fût-ce l'Emilie.

(!) Cette Emilie était h m;iitressL< du m:ircihal do Richelieu, gouverneur de la province.

DE HORDEAUX. 3G3

NOTE U (/?rt^e291).

Le 27 vciulcmiaii'c an VU, Bojolay adressait aux membres (lu bureau central la pétition ci-après, dont nous avons conservé scrupuleusement l'orthographe.

« Citoyen administrateurs,

» N'ayant pu plutôt commencer mes ouvrages a cause d'une maladie que je viens d'éprouver Cepandant je me propose a donner demain pour louverture Le peruquier bouffon petite pièce très amusante qui sera suivie du n'aut'rage dEléonore pièce en 5 acte Le dit spectacle sera terminé par quantité de métamorphoses qui surprendront agréablement le spectateur.

» Lezposant prie les citoyen administrateur davoir égard a sa situation et de le traiter comme un père de famille dont la médiocrité de ses moyens le prive de pouvoir a peinne la l'aire subsister.

» en conséquence il vous supplie et il ose espérer que dapres les justes observations qui vous fait, vous aurez la bonté de le remettre au 10'"'= [droit pour les pauvres), comme il avait toujour été.

» Salut et fraternité,

» .]" Bap'** CoRTAv dit Bo.iolav. »

NOTE S [page 29 !t].

N'oublions pas de mentionner , parmi les plus fameux mélodrames (jui se jouaient à laGaîté, le Chien de Monlargis, qui lit sa première apparition sur ce théâtre, le 6 août 1814. M"" Dorsonvillc, qui remplissait dans cette pièce le rôle intéressant du jeune Éloi, y recueillit de nombreux applaudissements.

Lepeinire jeune , animé quel((ues années plus lard (3 août

1824 ) d'une sainte pudeur, voulut venir en aide à l'innocence et fit jouer, à ce théâtre , une pièce de sa composition intitulée la Promenade de Touniy. L'un des principaux personnages de cette composition joviale, était une certaine Anniche, qui louait alors les chaises de nos promenades , et que beaucoup de Bordelais se rappellent avoir connue. Lepeintre lui faisait faire le métier d'entremetteuse de mariages et confidente des jeunes personnes qui ont des amourettes à l'insu de leurs parents. Il est probable que l'irréprochable Anniche ne se reconnut point dans le portrait qu'on faisait d'elle , puisqu'elle fit condamner l'écrivain et la pièce. Il en fut de même, comme on sait , de M. de Jouy , auteur de l'Ermite en Province, qui avait osé médire de la redoutable Anniche. Ces Messieurs apprirent à leurs dépens , que s'il est possible de tout voir , il n'est pas toujours permis de tout dire.

Nous regretterions de ne pas garder une place dans ces notes à M"e Montano, qui, si longtemps, fit le charme de notre scène lyrique. Voici de fort jolis vers qui lui furent adressés quelques jours avant son départ :

« 0 de Linus, fille aimable et chérie ,

» Comme tes yeux, ta voix sait nous charmer;

» Et (le tes chants la douce mélodie

» Soumet nos cœurs au besoin de t'aimer. .

» Cède a nos vœux : en vain d'autres rivages,

» Belle syrène! osent te réclamer;

» Tu recevrais partout mêmes hommages ;

» Mais sur quels bords saura-t-on mieux l'aimer'!' «

FLN

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