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Histoire des traités de 1815, et de leur exécution, publiée sur les documents officiels et inédits;

L'histoire des traités de 1815 n'a jamais été entreprise. Les publicistes qui se sont occupés des événements par lesquels les Bourbons furent inopinément ramenés sur le trône de leurs ancêtres n'en ont pas su ou n'ont pas voulu en faire connaître les détails diplomatiques et financiers : ces détails sont cependant d'un puissant intérêt pour l'Europe et pour la France.

Après avoir, en quelques pages d'indignation générale, énuméré à leur point de vue politique, mais sans études premières, souvent même sans bonne foi , les charges militaires et les hontes dont nons accablait l'Europe coalisée contre l'emperepr Napoléon, les écrivains de touies les opinions sesontarrètésàla porte des conférences où se discutaient la fortune et l'avenir de la patrie.

Us n'ont pénétré dans les conseils des t narques ou dans les assemblées des ministres et des commissaires que pour y copier servilement les actes que le Bulletin des Lois, que l'Histoire des Traités de Schœll et le Recueil des Traités de Martens ont enregistrés; puis tout a été dit pour eux.

Seulement d'autres, encore moins habiles ou se coadanmantà une ignorance volontaire, ont,

dans de volumineux pamphlets, cherché à dénaturer ce qui,à cette funeste époque, s'était lait debon,dejuste,d'honorable et de national. '>'>

Par des accusations sans fondement ou par des déclamations sans portée ils ont essayé de calomnier les actes et les caractères.Àttribuant à ces grandes transactions l'esprit d'intrigue ou de lucre que, dans leur corruption d'écrivains aux gages de tous les pouvoirs, ils osaient leur supposer, ils les ont enveloppées de ténèbres dont il nous a semblé utile de percer à jour le mystère.

Homme de parti, de passions politiques peut-être, mais habitué par l'expérience des autres hommes et des choses à ne porter de jugement que d'après les documents ou les témoignages oiHciels, j'ai voulu être vrai, lorsque jusqu'à ce jour tous les publicistes étaient res-

tés dans l'erreur sur une des phases les plus importantes et cependant les moins conm de notre histoire.

Les traités de 1815 forment à eux seuls un code complet de diplomatie et de finance : c'est sans doute pour cela qu'ils sont si peu étudiés et si mal appréciés. Les discussions qu'ils ont soulevées, les questions qui s'agitèrent dans le secret des conférences, les ardentes colères qu'ils ont laissées si vivaces au fond des cœurs, tout faisait un devoir de les méditer avec soin, de les raconter sur pièces authentiques.

Ce devoir nous l'avons accompli, ne nous laissant écarter de notre route ni par des consîdéralions de parti ou de personnes, ni par quelques-unes de ces injustices calculées auxquelles on cède souvent avec tant de légèreté. Nous avons sous les yeux les documents origi-

isafox qtn Ôtit âervi à bé grand débat dé l'Europe entière Hùntte la France isolée, contre la Ftancê vaiiicuë après tingt-^trois ans de victoires !

Ces documents sont déposés soit dans les archires du royaume, soit dans celles des chancelleries étrangères. Il sefà donc aussi impossible d'eu nier la teneur que d'en suspecter l'authenticité. Us ont pour contrôleurs naturels les hommes d'état qui les rédigèrent, les cabinets qui les conseillèrent et les ministres qui les ont signés ou appliqués.

C'est de l'histoire prise dans le vif; histoire pénible à raconter à des Français, mais qui cependant aura pour nous de graves , d'utileiï enseignements.

Il nous eût été très facile, avec des réticences que l'esprit de parti aurait acceptées comme

un tour de force ou d'adresse, de ne pas nous appesantir sur la masse de vérités évoquées par le récit de ces négociations. Nous n'avons pas tenté d'entrer en composition avec notre conscience. Il vient des jours oii être vrai envers et contre tous est une obligation que personne ne doit trahir : nous regardons ces jours comme arrivés pour l'opinion royaliste. Il est donc aussi instructif pour les princes que pour les peuples de montrer les erreurs des uns et les aveugles passions des autres.

Les traités de 1815 sont un désastre pour la France, mais il faut révéler enfin à qui elle est redevable de tant de calamités ; il faut apprendre à tous quel fut le rôle que chacun s'assigna dans ce drame de toutes les misères d'un pays occupé jusqu'à deux fois en quinze mois par l'Europe liguée contre lui.

La part de chacun était aisée à faire, car L tous ont écrit, ont refusé d'adhérer ou ont

La France alors fat la victime de rimpéritie de ceux qui s'imposaient à la direction de ses affaires ; elle fut surtout victime d'une pensée qui avait son côté national, quoiqu'elle ait coûté bien cher à notre honneur et à notre tré-

I sor. Cette pensée c'était l'évacuation la plus prompte du territoire, pensée qui, comme on le verra, était dans les intentions des puissan-

[ ces alliées avant même de germer dans la tête de Louis XVni et dans celle du duc de Riche-

■ lien.

Le temps des adorations chevaleresques est i passé. Aujourd'hui les peuples n'aiment qne [ les princes qui savent se faire estimer par de . grandes vertus royales, par un dévouement de

tçiftes les heures et par un sentiment profond de la dignité nationale. C'est cette dispQsijjpu des esprits, plus saillante que jamais, qw fuiu^ a fait naître l'idée de coordonner dans un ouvrage spécial ces tristes déjiats et ce bilap de la France, que d'impardonnables faiblesses oqt rendu si onéreux.

Nous avions dans les mains la vérité tout entière : nos mains se sont ouvertes. Nous l'avons dite à nos amis comme à nos ennemis , nous dégageant de toute préoccupation et nous montrant peut-être plus sévère pour notre parti que pour ceux qui le combattent : c'était le seul moyeu de convaincre les uns et d'éclairer les autres.

Puisse ce douloureux tableau de nos misères nous réunir tous dans une pensée commune I

puisse>t-il enfin nous apprendre les sacrifices

de gloire, de dignité et de fortune qu'il faut faire pour débarrasser un royaume de Tintermention étrangère que les divisions et les haines politiques ont appelée sur le sol !

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