‹ Histoire des traités de 1815, et de leur exécution, publiée sur les documents officiels et inédits;Chapitre 2 sur 13 · PB · texte numérisé non relu

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TRAITES DE t815

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CHAPïTPtE PREMIER.

Retour de Louis XYITL — lotrigaes 4e Gand et de Paria. -^ IWAf . de Talléyrand, Foaché, Pasqaier et l'abbé Loais, miols- Irei, -^Waalfendt ta Italien aprto ta bataille de Waterleo. -*Caraclèi:e de la second^ tavaaioiL. — Animo^ité deaétrM^ gers contre la France. ~ Causes du licenciement de l'armée de la Loire. — Fottratt de Veoehé. — Les proscrfpf ion». -^ Ce que les alliés \iAuJLeiii faire- de lajFrance.— Le die ^àBr gouléme et le général Castanos dans le Midi. — Premières roeseres des puissances à Paris.

Le désastre de Waterloo, cette grande calamité nationale, que la révolution et l'empire agonisant sous le canon des puissances coalisées léguèrent à la monarchie légitime como^e un souvenir d'héroïsme pour eux et de honte pour elle ; le désastre de Waterloo n'a plus besoin d'être expliqué. Les trahisons de la fortune ,

celles des hommes, les indécisions des généraux, la fatalité qui du front de Bonaparte passa si vite dans l'âme dr ses lieutenants; Jea passions révolutionnaires, venant à chaque secousse, par l'organe de la chambre des représentants de i8i5, apporter une entrave ou une difficulté de plus aux ordres de Napoléon j le cercle d'autorité se rétrécissant sans cesse sous la main impérieuse des partis ; les misérables calculs des uns , l'enthousiasme sans avenir des autres , tout cela ne rentre pas dans le cadre que nous traçons à cet ouvrage.

Sans vouloir revenir sur tant de faits encore mal éclaircis, mal appréciés et livrés depuis vingt-sept ans aux ardeurs d'une polémique provocatrice, nous n'avons pas à dire dans cette histoire les fautes commises eoi8i4, fautes que Louis XVIIl ne devait pas recommencer après les avoir condamnées avec tant de royale franchise, après les avoir expiées par un exil que l'abandon des uns , que la trahison des autres , que la mésintelligence ou l'incurie de ses amis ne surent même pas rendre utile ou glorieux à la patrie.

Pour forcer le roi à se jeter dans les bras de la révohition d'IiabîKs intrigants avaient mis en jeu tous les ressorts. Ici, dans le château même des Tuileries , ils faisaient vibrer le sen-

timentde la vieille nationalité française; ils d(:montraienlauioi qu'il aérait beau à lui, le sceptre et l'épée de justice à la main , d'attendre dans son palais l'usurpateur impérial qu'un complot de quelques séides ramenait à Paris.

Le roi, accablé par toutes les souffrances morales et physiques , se sentait ou voulait se laisser croire digne petit-fils d'Henri IV et deLouisXIV. n s'endormait au milieu des rêve d'un dévouement monarchique ; mais là , tout à côté de ces mêmes Tuileries, on tenait un autre langage, on faisait d'autres vœux, on s'arrêtait à d'autres projets.

La peur régnait dans les conseils de la couronne ; elle s'était assise au chevet des courtisans qui, rassurés par les promesses de Foucbé et par ks prédictions de Barras, l'ancien directeur, se révoltaient à l'idée seule de compromettre la vie du prince. On le plaçait dans une situation dangereuse peut-être, mais cette situation faisait éclater aux yeux de tous ce courage qui sied si bien à la royauté et qui plaît tant aux Français. Dans cette hypothèse il fallait s'associer à sa destinée; il fallait se condamner à mourir au pied d'un trône que , dans onze mois d'erreurs ambitieuses , de faux calculs , de rêves impossibles ou d'absurdités constitutionnelles, ils avaient sapé et perdu.

4 « HISTOIRB

On intrigua pour donner du courage parlementaire à Louis XYIII ; il en eut en face des grands corps de l'état réunis autour de lui dans le péril commun. On intrigua ensuite pour le forcer à déserter le poste d'honneur où, la veille encore , il jurait de mourir en roi. A Gand on intrigua de toutes façons, tantôt contre M. -de Blacas , tantôt pour M. Fouché ; et tandis que l'armée de Napoléon expirait dans une dernière étreinte avec l'Europe, on intriguait pour savoir sur quel lambeau de papier on assurerait l'avenir de la monarchie et du paj^^.

Le roi était enfin sur le territoire français, et à Cambrai comme au château d'Arnouville , l'une de ses dernières étapes pour arriver à Paris, on intriguait encore. Fouché voulait se rendre nécessaire. Ministre de l'empereur pendant les Cent-Jours, il aspirait à conserver le pouvoir; sand transition, sans amende honorable 9 il ^ présentait, lui le régicide, lui le révolutionnaire, lui le traiti;e à la république, au directoire et à Tempire , coonme le lien qui pouvait réunir dans le même faisceau la monarchie tempérée et la révolution convertie aux idées d'ordre et de conservation.

Cette intrigue était si habilement ourdie que le duc de Wellington et le prince de Talleyrand d'un côté, que les exaltés de l'autre, y donnaient

DES TRAITÉS DE l8l5. 5

tous la main« L'esprit astucieux de Fouché avait séduit Jes candeurs royalistes, et Louis XVïlI, €f«i avait plus d'amour-propre que de jugement, se Complaisait dans la pensée qu'il allait lutter de finesse et de roueries politiques avec cet homm€ dont les mains étaient teintes du sang de Louis XVL

En ]8i4 le roi commençait ainsi son préambule d'ordonnance constitutive de la charte : « La «Kvine Providence^ en nfous rappelant dans nos état^ après une longue absence, nous a impoi?é de grandes obligations. » Pour donner à ses «Mjets une traduction moins mystique de creç gra<Mle8 obligations que la divine Providence lui imposait, îl chargeait les abbésdeTalleyrand,de Pradt, de Mont^squîou et Louis de les comment ter. Par une de ces dérisions que les historiens aequièrevit le droit de flétrir, ces quatre hommes, t^n^agés dans les saints ordres, étaient à un degré plus ou moins prononcé des apostats.

Talteyrand, évéque d'Âutun, avait renoncé à r<*glÎ8e pour contracter un n<)ariage rîdîrnle , même aux yeux du mondé.

L'abbé de Pradt avait abandonné son diocèse de Poitiers, et, aumônier du dieu Mars^ ainsi que se quaiiiiait ce prélat mythologique en faisant allusion à son maître Napoléon qui l'avait créé

urctievéque de MaliDes, il viiait daos udc atmosphère fort peu canonique.

L'abbé de Montesquieu était un vieux constituant, un vieux membre des comités royalistes, et que nous avons tu ministre de l'iolérieur en i8i4, sous la férule du protestant Guîzot, son secrétaire général. Il n'avait pas, comme Tabbé Louis, servi de diacre à M. de Talleyrand au milieu de la cérémonie révolutionnaire du CIiamp-de-Mars le 1 4 juillet 1790; mais comme lui il possédait le moins possible les vertus qui font les bons prêtres.

Cependant c'était à ces quatre ecclésiastiques que le soin des affaires de la première Restauration avait été conûé; celles de la seconde rentraient de plein droit dans les attrîbutiops de l'oratorien Fouché. Le régicide de 1793 s'en était emparé par droit d'intrigue. Avec M. Pasquier pour collègue et M. Decazes pour préfet de police, le prince de Talleyrand, Fouché et l'abbé Louis allaient opposer aux besoins moraux de la société un refus de concours dont le cynisme spirituel de Louis XVIII et la béate confiance de Charles X ne surent pas préserver la France.

Le roi venait de faire sa rentrée dans la capitale; triste rentrée que la joie du peuple accueillit ■;i)corc, car elle arrachait le pays aux dernières

misères que chacuo prévoyait, mais elle ne pouvait cicatriscc la plaie faite à l'honneur national. Ce n'était plus cet élan de i8i4 courant au devant du comte d'Artois et de Louis XVIII, et saluant leur retour comme un gage de bonheur public. Il y avait eu tant d'espérances déçues, tant de fautes politiques accumulées presqu'à plaisir autour des Bourbons, tant de manifestations insolite.'^, tant de favoris et de courtisans élevés sans motifs légitimes aux grandeurs ou à la fortune, tant d'hésitation chez les uns, tant de perfidie chez les autres, et parmi les royalistes vraiment dignes de diriger les affaires, un ai profond découragemunt en face de toutes les concessions faites dans les choses et de toutes les réactions annoncées dans les mots, qu'à l'aspect de cette seconde Kcstauration, plus miraculeuse que la première, on se prenait à douter de l'avenir.

On doutait surtout de Louis XVIII. On ne pouvait se persuader que ce prince, dont les espérances, peut-être mal traduites par les faits, n'avaient pas vu sans un certain plaisir l'aurore delà révolution, arriverait dans sa vieillesse avec assez de royale énergie pour fermer des plaies que ses mains avaient contribué à ouvrir. Les royalistes repoussaient d'instinct la cliiirle oefiW.tciï ji»péri»ujii .formés par Napoléon au

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despotisme militaire et adnninisfrtitff, ne fMh geaient A la respecter que lorsque, dédaigoéi ptt la cour, vis pourraient s'en faire an lerier d'cp^ position en se liguant arec la boargeoigie, qui, dans ce nouveau mode de gouTememeiit, pmk sentait sa puissance future. L'enthottaiasme de 181 5 venait donc plutôt de la haine poftée à Bonaparte que de la confiance dans la Bourbons.

La position de la France était bien ^fficiie et bien cruelle. L'armée, qui ayait si feHemeol trahi «es serments afin de courir arec son ancic» empereur les chances d'une bataille désespérée contre l'Europe, se retirait humiKée et anéantie derrière la Loire. Une alliance arec la Vendée en armes pouvait seule lui donner assex de consistance et d'appui moral pour mourir dans un dernier combat. A la vue des maux qui ftmdaient sur la patrie, l'armée eut l'intelligence de ce qui lui restait à tenter.

Un vieux prestige, d'immortels aouTeinn avaiirat été évoques par les conspirateurs da 2K> mars. Elle y avait cédé avec une déplonUe facilité, et, sans avoir le repentir de son parjuie, elle sentait profondément le besoin do conserver la nationalité française. Elle était encoKS sous les armes, ne songeant plus qu'à défendre le territoire ; mais ai>andonnée à la fois et par

DES TB&rrfa M i8i5. \^

^fapoléon Mfk cuptif ée^ <îoaHsés, et par «ettè .misà'aMie <Aia«ibro dei; peppésretitants de 181 5 ^an^le s^in de teqtidk ne s'agitaient que des aroeats , ^e des ambitieux ée bas étage , que ées dup^ oii'dés icistiwiientS'de Pouthé, elle m'osait ^8 cMfre à la loyauté de son épée, ta dernière foi du sol^s^.

Il n'y avait plus de gouvernement central, plus d'administration, plus rien de ce q«i cons*tttue «n état* La France, dont toutes les frontîèf)es -étaient violées, «e voirait envahie par oiiïè eest mille €tr2mgers<{«i, danis l'espace de mok»« de ftei^e mois^ aocouraient par droit de <;onqtiête fouler à deux reprises ee &ol sur tequei la divi^ sion seule des espivts les empêchait de trouver un tombeaa-

 ia première invaisiloii^, e'^ait la guerre aux ambitieux ca^nrices de Napoléon qu'iis faisaieat^ k guerre & un bomm«â Ëti le chassant de vi&iioire en victoire des bords de 4a Bérésina jus^ qu'atQic portes de Paoris, ils avaient profité taiaitôt 4e ses smocèB, tantôt de leurs revers, itantôt des négociations diplomati<|ues ouvertes entre deux batailles^ tantôt de ses concessions forcées et de d'agouie <ie la France pour se débarrasser d'un «c^ldat doot l'existence, comme souverain, était un fardeau pour eux tous. Cette guerre à UB httmmeiackevée, l'Europe n'avait voulu, sous

les inspirations d'Alexandre de Russie, que se montrer bienveillante envers la France ; elle l'avait traitée en généreuse ennemie, lui laissant le droit de se choisir un monarque. Elle se contentait de demander une paix qui alors était dans les vœux des peuples comme des rois , des généraux comme des armées.

Mais lorsque la nouvelle du débarquement de l'ile d'Elbe tomba comme la foudre sur les souverains et les ministres qui, au milieu des carrousels et des fêtes du congrès de Vienne, se partageaient les peuples et faisaient une nouvelle carte politique de l'Europe, il y eutun moment de stupéfaction indéfmissable ; de toutes les bouches il s'échappa presque aussitôt un cri de colère contre les Bourbons. Les rois accusaient Luuis XVIil de n'avoir pas su régner: les uns parlaient de poser la couronne de France sut une autre tête, et ils regrettaient tout haut que le duc d'Orléans ne fût pas légitime ; les autres demandaient le partage immédiat du royaume, et voulaient que l'Europe lui réservât après la bataille le sort de la Pologne.

A la suite de leur célèbre déclaration du i3 mars i3i5, les hautes puissances déclarèrent « unir tous leurs efforts contre Bonaparte et contre tous ceux qui se seraient déjà ralliés à .la lactiyn ou s'y réuniraient dans k suite, alin^te

DtS TItAITËS m l8l5. 1 1

içs mettre hors d'état de troubler la tranquillité de l'Europe , la liberté et l'indépendance des nations. ■

Chacune des hautes puissances sfengageait ; tenir constamment en campagne cent cinqnanle mille hommes « jusqu'à ce que, est-il dit dans leur déclaration, Bonaparte soit mis hors 4e la possibilité d'exciter des troubles et de renouveler des tentatives pour s'emparer du pou- Toir suprême. »

Toutes ces mesures étaient prises contre Naj>oléon. Rien n'était fait en faveur de Louis XVIll et de sa dynastie, qui, par une étrange confu- «on d'idées et de projets, apparaissait pourtant comme une des signataires de l'acte du sS mars. Bonaparte était l'ennemi de l'Europe, l'EùTope le mettait au ban des nations ; mais la cause les. Souibons n'en était pas pour cela moins jibranlée.

A la suite même de ce traité, l'Angleterre Iproposa et fit admettre une restriction qui, sous J'enveloppe des formes diplomatiques , révèle parfaitement les intentions des monarques. 11 f était dit :

• Quel que soit le vœu qu'ils doivent former pour voir sa majesté très chrétienne rétablie sur 3e trône et quelque soit le désir des alliés de concourir simultanément à un événement si heu-

reux, ib «è tiDrèieûl obligée àe déctâ>rer, même par la «eonsié^ration de ce qnt ec^ dh aux inté'^ rets de S. M. T. C, qu'il est bien entende ^e riisitemi(>& des alités n'est pas de pourraivTe la giief re dans la yme d'imposer à la France an gôuverBemeat'partîcuBer^ »

AvasKt leur victoip^ de Waterloo telle était ià peasée des monarques. Quand Louis XYIII^ cocnme il le disait ^vec tantt de «{»ritueile vérité^ eut volé son trône pour la seconde^ois, les hautes puissances coaaacrèreat ce viol légitime parleur aébésion ; mais dles se "teaaieQÉiea^éftanee du roi, de ses adversaires et surtout de ses amis% Les actes dipk»na4#qttes coûtaient oetl^e espèce de cépugnance que des causes de toute naimve; que iée tristes réalités ou d'absurdes calooDDÎeé rendent ajyifourd'hui plus palpal>le ique jamais. ] «8 Aourèens se sont imposés aux étrangers paf l'autorité seule de leur droit ; mais ils n'ont )a- BMns *été imposés à la France par les puissances ceaUsées. Au congcès de Vienne, le aô mars i8i5r elles déciarsôent clair emeiat leurs inanitions. Le 26 septembre de ia méisKe anoée, iorssque tO!ï8 les événements sont accomplis, lorsque Louis XVIII est rétabli sur son tr^ie et le )our mêfïM «oà M. tde Richelieu prend le pouvoir, le duc de Wellington, écrivait au général Dumouriez, pensionnadre du cabinet de Saint- James, lui

DES TRAiTte ra l8l5. f3

explique ea ees terme» la position du* souv^ r^9, celle de ki France et pourljftioi il à épousé le#^ iotéiétft 4le Foudké«

5 A, moQ arrivée à Paris , dit fe général cin e])0f 4e liH eoAlition ^ )e saTai» que les aRiés n^étjmnt paa du tout délenaiiiée en faveur du roij que l6S..^.c(i) ne voulaient pas )a restauration; que Tarmée et les assemblées ne voulaient pas de lui; qu'il se trouvait quatre provinces eu rébellion ouverte (s) et âèn autres, y Incluse h ville de Pari», tvès froides. Um'était très clair que si je a'iaté^essais pas Fouché à la restauration du roi» gauKije^lé aiirait été obli^ de rester à Sainte Denis, du moias jusqu'à TarriTée des souverains, ce qui auf^t ea tout ëa» nui à son autorité et à

(1) Ce sont lés Prassiens et les Hollandais qae le duc de Welfi^gton dèsigâe sous eeCte télteénce.

(t) tl est bien periuts même au dac de Wellington de se lB»Éi|ïerdaBftl*appréclaUdn d*aaf^/ma4s 11 lai est fmpossiblié de faire accepter une errear matMelle. L'armée et la éhaeibre^ de 1815 ne voulaient pas des Bourbons ; cela semble démontré par les passions qui animaient alors les débris de Waterloo ei pi9T le l»on|enx ^airaitlff^eife^ ««e la Fhwiee Bubiasait ; mais où donc le général anglais a-t-il vu quatre provinc^a 60 i^bèHfloln bofcirle cbiitire toàlÉXytli? Les seules provlncei^ 4e VOuesl é^éàt en arBiea, el certes: ee n*ètaH paa afin de repousser le drapeau blanc puisqu'elles comb^t^ient pour lui. èetté assertfon est donc une erreur inexplicable de la part d'a»liQiiiiM» qoÉ^ au m septeflorim «tt», g^avcrnatt presque la Fraiiqe.

sa dignité s'il eût jamais remonté sur son trône. Donc j'ai conseillé à sa majesté de prendre Fouclié à son service, afin de pouvoir rentrer avei; dignité et sans efforts de la part des alliés , et je suis parfaitement certain qu'il doit sa restauration tranquille et digniflée à ce conseil. Je crois aussi que les courtisans étaient satisfaits et ont applaudi l'arrangement le jour qu'il a été adopté, qu'ils l'ont blâmé aussitôt qu'ils ont joui des effets. Ils ont tout de suite commencé à intriguer contre l'ouché et contre le ministère, Fouché s'est peut-être mal conduit en quelques circonstances, mais pas la moitié si mal qu'on l'a dit et qu'on le croit. Au contraire , je sais que ce sont les courtisans qui ont publié son dernier rapport au roi. Enfin vous en voyei le résultat dans le renvoi de tout le ministère formé avec l'approbation de toute l'Europe et dans le moment le plus critique de la négociation. Je crois que le roi était content de Fouché. »

La seconde invasion n'offrait donc plus le même caractère que la première. Le retour de l'ilc d'Elbe, accompli d'une manière si funestemcnt prodigieuse , avait dans les provinces remué la lie révolutionnaire dont, pendant ses dix années de règne , l'empereur sut si admirable-

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ment comprimer les exagérations. Les haines de parti à parti fermentaient; les sou+erains, frayés de ces tendances qui pouvaient coirompre les dispositions de leurs sujets, dont oiï' avait peut-être trop flatté les intérêts de liberté de les pousser en masse contrt; Napoléon, le se présentaient plus à la France vaincue avec ' l'habile générosité de i8i4. Les princes alliés étaient maîtres de nos places fortes , de nos ar*' maux, de nos villes maritimes, du cours des ve8 et du territoire qu'un sublime effort it pu seul délivrer. Ils avaient de longues' TCDgeances à satisfaire, de grandes terreurs à calmer, de pénibles précautions à prendre contre cet élan militaire , dont les champs de bataille de Ligny et de Waterloo venaient d'être les té' ' moins. A tout prix il fallait affaiblir la France;' afio de donner la paix au monde.

Par les généraux ou par les commissaires attachés à ses armées la France avait souvent «busé de la victoire. Elle avaitlevésurles peuples ivaificus d'immenses contributions de guerre , changé les lois d'un pays , substitué une dynastieàune autre et fait violence à des régions qui, pur un simple décret, se voyaient tuut ;'i coujJ" forcées de renoncer à leur langue maternelle , ft leurs mœurs et à leurs usages pour être incor- ' porées à l'empire.

Ces souvenirs tout récents dominaient les lotelligences. La Prusse surtout, dont Blucher, avec son vieil instinct populaire , avait su si profondément remuer les universilés et les sociéléa secrètes , la Prusse, si souvent abattue sous nos aigles et qui croyait toujours voir planer sur sa tête l'image désolée de sa belle reine morte de désespoir patriotique . la Prusse se montrait sans pitié. L'Angleterre tenait prisonnier à bord d'un de ses vaisseaux le géani qui , pour consommer sa ruine, s'était tour à tour jeté sur l'E-^pagne et sur la Russie; mais cette victoire d'un grand peuple sur un grand homme, vicloire achenie par tant d'iiiconimeiisurabl<;s sacrifices , ne suffisait pas au cabinet de Londres. L'empereur captif et remis par l'Iiurope à la garde dij l'Angleterre pouvait bien satisfaire l'amour-propre britannique; ce c'était jiourtant pas assez pow lui.

Le gouverneiuent anglais sait par exj)érienc« ks bénéfices de toute sorte que l'on peut e*compter après un triomphe , et il se les accoude tous, La gloire pour lui est sans doute qm-lque chose; mais, avant même cette gloire, il doit faire passer ses intérêts mercantiles, son désir d'agrandissem/:nt et décolonisation, qui a encore un but commercial. Dans la situation de lÔiS,

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à ces combinaisons réunies vtnïiil s'en joindie UQC dernière qui les effaçait toutes : c'était la France qui n'avait plus de Jeanne d'Arc pour uhasser les Anglais, la France vaincue qui allait recevoir des lois, et la Grande-Bretagne, qui, forte de sa vieille haine, s'apprêtait à les dicter.

A côté de ces deux puissances, ne cachant ni leurs répulsions , ni leurs espérances , se groupaieut la Russie, l'Autriche et les états secondaires qui, soit comme alliés, soit comme ennemis de la révolution et de l'empire .avaient tous de graves plaintes à faire prévaloir, des sévices de plus d'un genre à jeter dans le plateau de la balance. La Russie , par l'absence de ses armées à Waterloo , perdait sur l'esprit de ses coalisés une partie de l'influence dont la position personnelle du czar et les immenses services rendus par ses bataillons dans les dernières campagnes l'avaient investie en i8i4- Alexandre s'était vu à cette époque l'arbitre du destin, et le Grec du bas empire, ainsi que Bonaparte le nommait sur le rocher de Sainte-Hélène, avait déployé daos ces circonstances décisives une magnanimité de désintéressement que la France doit reconnaître.

Son exemple avait entraîné les autres souveniUB ; mais les temps étaient changés, et la colèie

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remportait sur la générosîté. L'Anglêibelrf e et la Prusse dirigeaient les conseils des monarques. L'Aûtriéhe, qu'une alliance de famille Attachait à Napoléon ^ mais que rirritatîoia de son HttAife vâlttétife piaï lé même homme depuis Mù*renjg6 jtii^û'àWagram , poussait aux moyeiisexli'éme»^ faisait cause commune avec les exagératioil^ dé te Vîètoîjte. La B'âVîê're, la Saxfe, \ts Pays- Bas, le Wtirteittberg^ la Sârdaigîie et touteô lëd principautés de la ùotiféàé^tLtioh dti Rhîti é* môftttaîent âtisài â'ptés que ïa Prusse et l'Afl^^ gletertè.

Ce fut dânè «es dispositions qti'e lès àlKés isè ptésfentèretlt aux portes de Pâirîs. Au milîfeu dfe lèulS discours d'apparat ou de leurs âctèô dM*- Aéh, on proclamait bien encore que Bonaparte seul était 1% nnemi de rEm-ope ; que , lui abattu, A û*y avait plus de tootîft pour guerroyer cotitfé un ]pays dont les malheurs étaient au^si grands que le courage ; maïs cfettemansuétuÂé Jtans léfs paroles trouvait vite un contrepoids daûs ïeS actions.

L^emperèur Napoléon se voyait mis dans î*impossibîlitë de nuire. Sa famille était rayée àù livre âes rois ; elle rentrait dans sa riche obscurité , n'ayant eu besoin que de naître pour la mériter, et en restant toujours là. Mais il fallait, par toutes les humiliations réservées à la défaîte,

DBS TRAITAS D» l8l5. 19

arracher du cœtir de la France ce soKveûir des récentes Tictoires qui^ à lin jour donné , poutait se réreiller plus vivace que jamais. II fallait surtout muàfeler le lîtwi révolutionnaire dont l'Eurdpe aVait pendant si lôngléfiips eût éfidû kfd i^ giskements àatoûr de ses capitales» Lâ^iuëé des Bomhaan ^ la cause d^ê tùk légif iôies pfeë^tifé abandonnée au mois d€ ttûtë !8i5 comme iïh an auparatàht ^ la potid^dtirà mèiïke et VMê^ rêt des gouvernements ne passaient qti'aprés ce pMcipe d'b^âtilhé, apfès la guerrè ^lie leis puiss^Hides appelaient k consé(!fratioii de la paix.

îl fut résolu qu'avant fout débat politique bii fittàticier Étît llhterpi^étation du traité de 1814) qu'au di^e des alliés ceîu! de 1815 devait régu* laiiser seulettietot, On i'ôcfetiperait de^? débris de l'alteé^. Au ntmhté dé (îittqnailtè mille hommes à pëU près îb Se trouvaient féutli* deitîèrë U Loirè^ sous le comtoàtîdemêlrt du mâifétîhàl 0*votlst, prince d'Eckmûhl.

Au 4* volume de VHistaln de là Vèhdië tnili-^ taltej nous avons dit avec quel désintéres^meût dé parti les royalistes dé TOuést offrtf ènt de codfctodre leurs enseignés àtècèellés dé la république et de Tempire pour préserver lé sol français de la honte d'une seconde oecnpatîon. Nous avons cité Tordre du jout de Davotist, qui, le 1 1 juillet i6i5, recommande à Tatmée d'être amsl

frawuise que les Vendéeûs. Cet ordre du jour et itfi Jaits qui lui avaient donné naissance étaient connus aux quartiers-généraux des souverains étrangers; on y savait que l'armée de Waterloo était condamnée à l'impuissance tant qu'elle agirait au nom des Jacobins, mais qu'isolée, démoralisée, sans organisation, sans appui, sans argent, elle pouvait cependant rencontrer uo admirable levier en se ralliant aux Vendéens et aux Chouans.

Par le traité du congrès de Vienne, à la date du aS mars i8i5, LouisXVIII faisaitpartie delà coalition del'Europe contre Bonaparte. Roi exilé, il y apportait son contingent de quatre-vingt mille hommes. Les plénipotentiaires français à Vienne avaient compté sur l'Ouest ; l'Ouest ne leur lit pas défaut : il occupa plus de soixante mille impérialistes , qui à Waterloo auraient saDs contredit changé la face des choses. Mais au mois de juillet 181 5 la Vendée, toujours monarchique, ne croyait pas devoir sacrifier l'honneur national à des nécessités de position. Elle parlait de s'unir franchement, sans arrière pensée, à l'armée que les hasards de la guerre poussaient vers ses départements.

On laissait au ministère de MM. de Talleyrand. Fouché et Pasquier le soin de puoir cette susceptibilité nationale. J>es alliés, de leurc6té,

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se chargeaient d'obtenir directement la dissolution immédiate de l'armée. C'était porter deux coups à la fois, et enlever aux provinces et au trône l'espérance d'être protégés contife les vexations.

Préliminairement à toute négociation diplomatique , le comte de Nesselrode j au nom dé l'empereur Alexandre , remit au ministère utie note dans laquelle il était dit « que la convention de Vienne, du a5 mars, avait été dirigée contre Bonaparte, ses adhérents et particulièrement contre l'armée française, dont l'ambition désordonnée et l'esprit insatiable de conquêtes avaient plusieurs fois troublé l'Europe ; que Bonaparte était aux mains des alliés; que le roi de France avait pris certaines mesures pour rendre impuissants les efforts des factions. Il ne restait plus dès lors que l'existence de l'armée qui menaçait la tranquillité générale. Déterminé , continuait le ministre russe, par le besoin de la paix universelle, l'empereur de Russie et ses alliés font une condition impérative du licenciement de cette armée , autant dans l'intérêt de sa majesté très chrétienne que pour le repos des peuples. »

La pensée des souverains est aussi clairement exposée que peut le faire un acte diplomati(|ue. C'est Tintérèt de la monarchie , le repos

des peuples, la paix qu'on invoque; et, soyons igetes, l'armée, après avoir, le i5 juillet, arboré la cocaide blanche dans ses cantonnements de la Loire, ne songeait pas encore à réparer ses déplorables erreurs. Par ud aveuglement sans exemple, elle donnait gain de cause au désir de réaction que les étrangers manire.sl3ient contre ell«. Mécontente, indisciplinée, honteuse de sa défaite, et ne voyant l'avenir que sous de sombres couleurs, elle se prêtait avec un morne désespoir aux démonstrations les plus insensées. Rebelle par le fait , et surtout rebelle contre la France (car c'était la France qui allait expier sa folle trahison et son enthousiasme pour l'empepereur, enthousiasme alors peut-être encore plus fou que sa trahison), elle se révoltait à l'idée seule desonlicenciement. Elle abhorrait les Bourbons, et elle nevoulaitpas que lesBourbons répudiassent ses services et son dévouement problématique ; elle avait déserté leur drapeau, et elle les accusait de n'avoir pas confiance en sa foi.

Cet état de choses n'était pas tenable.

LouisXVlIl consultale maréchal GouvionSaintn Cyr, son ministre de la guerre. Gonvion, vieux soldat de la république, n'hésita point i seconder les désirs des alliés. Il fut décidé en principe que l'armée serait dissoute. Mais le prince de Talleyrand et le maréchal Gouviou, qui avaient

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d'abord pensé à s'en faire une sorte d'appui érentuel, n'osèrent pas contre-sîgner une oréonpanee spécialement relative au licencie^ ment. Il entrait dans la politique de M. de Talieyrand de laisser toutes choses traîner en longueur. Pour satisfaire au vœu impératif des coalisés on promulgua le décret rendu à Lille le â5 mars 181 5 lorsque Louis XYIII abandonnait la France. Ce décret de dissolution, contresigné par le comte François de Jaucourt, se fondait sur la trahison inouie dont une partie de l'armée s'était rendue coupable, principalement à Grenoble avec le colonel Labédoyère, et à Lons-le-Saulnier avec le maréchal Ney.

Le prince d*Eckmûhl céda le commandement au maréchal Macdonald, qui établit son quartier-général à Bourges. Ce dernier opéra aussi lentement que possible la désorganisation des •vieilles et dernières bandes de la révolution et de l'empire. C'était tout ce qui restait à la France de vingt-tr&îs ans de guerre et de conquêtes.

Ces légionnaires, que l'esprit de parti a cru flétrir en les surnommant les Brigand$ de la Loire, comme la Convention espérait déshonorer les Vendéens aux yeux de l'Europe en les appelant des Brigands et des Chouanêj ecs légionnaires se retirèrent dans un calme qui eut bien sa dignité. Généraux , officiers , simples soldats , ils

à'(î ' ■ msroiiiE

n'avaient pour la plupart quu la dt? mi-sol de ou la retraite que leur garantissait le gouvernement. Beaucoup se "Voyaient sans asile, quelquesuns même sans famille, d'autres sans pain, La république et l'empire les avaient habitués à cette vie militaire qui, en pays conquis, ne procède que trop par le pillage et par la coofiscation. En se retirant par toutes les routes de France ils mirent un orgueil bien entendu à respecter les propriétés et h n'étaler leur douleur que par des larmes amères. La royauté plus tard ûtun appel à leur patriotisme. Ils revinrent sous l'étendard de la monarcUic, et les débris de Waterloo, incorporés dans la garde, donnèrent à tous l'exemple de la subordination et du dévouement.

Dans la note que le comte de Nesselrode avait remise à M. de TalJeyrand, afin de lui imposer la dissolution de l'armée, il est dit que « le roi de France a pris certaines mesures pour rendre impuissants les efforts des factieux*. » Ces mesures, annoncées par des protocoles, se résumaient en proscriptions individuelles.

A leur premier retour à Paris, les Bourbons avaient, sans bénéfice d'inventaire, accepté la France telle que la révolution la laissait; ils s'étaient fait gloire de n'y ramener que des Français de plus, et ils avaient espéré gouverner 4

DES TRAITÉS DE iSlâ. s5

l'apportant aucun changement dans les positions acquises. Dans les rangs de l'armée, de la ma- •gistrature et de l'admioistration, cette sagesse concitiatrice avait rencontré d''innombrab!es approbateurs. Des généraux, des juges, des préfets, des fonctionnaires de l'empire, une imperceptible minorité de cinq ou six personnes avait jÇru devoir à Napoléon l'honneur d'une retraite volontaire; nul autre ne s'était démis. La Resjtauration avait adopté avec confiance toutes ces ^délités. Les régicides eux-mêmes furent protégés par cette loi d'oubli général que s'imposait la monarchie.

Vingt-un ans s'étaient écoulés depuis l'horrihle condamnation de Louis XVI. L'échafaud ou je temps avait dévoré une partie de ses juges- J^urreaux, l'autre restait debout; mais relégués •dans la foule, inconnus à la nouvelle gêné- Jtstion, ils portaient avec ua certain effroi le j|;emords de leur crime. L'empereur les avait te- 'aus à distance. Seulement à des hommes exceptionnels, comme Cambacérès, Carnot et Fouché, il avait accordé une amnistie morale igue de grands talents semblaient légitimer.

Dans leur exil les Bourboas avaient bien eu le temps de méditer leur vengeance, et l'orateur is Edmond Burke , en 1799, dans ses Kuvrefipostfiumet sur ^^B47'pf>^^'^f''0^P^"^*^W^.

SD BISTÔflUI

arait tracé on plan de justice dont en i8i4 As eurent la générosité de se départir. En 1799 Burke préfoyait une restauration, et il écri-*- Tait.

c II faut pourtant que justice soit faite ; il faut des exemples pour consolider la paix et la sûreté publiques: ceux sur lesquels ils doivent tomber sont très remarquables. On ne les punira pas pour avoir offensé les lois civiles et politiques, ni pour s'être révoltés contre les lois de rÉtat,mais pour avoir violé les lois de la nature. Dans cette liste sont compris tous les régicides, tous ceux qui ont porté sur leur roi des mains

sacrilèges , tous ceux qui ont commis de

sang-froid des meurtres, et particulièrement les juges des tribunaux révolutionnaires, qui se raillaient insolemment de tous les principes de l'équité naturelle, et même de leurs prétendus droits de l'homme. Pas un seul de cette bande ne doit échapper à un châtiment proportionné à ses crimes.

c Mais aucun d'eux, quel quHl puisse être, ne doitêtre puni qu'après une procédure instruite conformément à la loi...

« Avec ces précautions , le procès de ces brigands sera une des premières choses dont il faudra 3'occuper. Si on néglige cette mesure, avant

DES TRABrif DB l8l5« 9J

Mn m U gûU¥emement sera de oouTeau ren^

Telle était la prophétie que la réflexion et la conoaissauce des hommes ipspirait au grand publiciste anglais Elle se yériAa à la lettre; mais eu iSi4 les Bourbons ne crurent pas devoir y ajouter foi. On leur parla de livrer aux tribunaux les seuls régicides qui avaient repoussé rappel au peuple. lis refusèrent. En i&i5 les régicides entraient dans la conspiration ; ils y entraient avec leurs vieilles passions démago^r giqueft.

Il n^ av8|it donc pas eu de réaction, d'arbii. traire , pas même de justice distributive en i8i4* Mais lorsque Bonaparte fut arrivé à Lyon, f amené par les cmispiraleurs du so mars, auxquels rincurie, les maladresses ou la complicité secrète des ministres de Louis XVIII faisaient si beau jeu, il rouvrit Tère des proscriptions. Par un décret impérial du lâ mars 181 S, décret qui ne se trouve pas dans les recueils officiels, parcequ 'aucun de ses adhérents n'osa lé contresigner, il frappa le prince de Talleyrand, Louis de La Rochejaqueleîn, MM. de Sèze, de VitroUes, Bellart, Laine et plusieurs autres.

Les Cent-Jours s'achevèrent dans le sang ou dans les hontes constitutionnelles; puis il resta

à Louis XVIII un devoir à remplir. L'opinîbn publique dénonçait partout des traîtres ou des conjurés; elle en voyait dans l'armée, dans l'administration , dans toutes les classes de la société. Pour la plupart des fonctionnaires la foi due au serment n'avait été qu'un jeu. Les uns s'étaient affiliés de longue main au complot dont Hortense deBeauharnais, le duc de Bassano. le comte Lavalette, Fouché, Savary, duc de Rovigo. et des généraux en activité de service tenaient les fils. Les autres avaient accepté avec joie le gouvernement impérial, dont la veille encore ils flétrissaient l'usurpation. Un fait seul prouve jusqu'à quel point on se joua à celle époque de la sainteté des serments.

Le 8 mars i8i5, le maréchal Soult, ministre de la guerre de Louis XVIII, adressait à l'armée un ordre du jour qui commence ainsi :

( Soldats, cet homme qui naguère abdiqua aux yeux de toute l'Europe un pouvoir usurpé, dont il avait fait un si fatal usage , Bonaparte est descendu sur le sol français qu'il ne devait plus revoir.

Que veut-il? la guerre civile. Que chcrche-t-il ? des traîtres ? où les trouverait-il? serait-ce parmi ces soldats qu'il a trompés et sacrifiés tant de fois en égarant leur bravoure?

DES TRAIT1È9 BB l8l5. Û^

serait-ce au sein de ces familles que son nom seul remplit encore d'efifroî?

« Bonaparte nous méprise assez pour croire que nous pouvons abandonner un souverain légitime et bien aimé pour partager le sort d'tin homme qui n'est plus qu'un aventurier; ille croit, l'insensé ! et son dernier acte de démence achève de le faire connaître. »

Le 26 du même mois, dix-huit jours après, le maréchal Soult allait faire aux Tuileries sa cour à cet hommes et le 1 1 mai il acceptait les fonctions de major-général de son armée.

Bonaparte avait proscrit les royalistes ; le roi à son tour devait proscrire les bonapartistes. C'était la guerre des représailles, une espèce de peine du talion que les vainqueurs ne savent pas s'épargner.

Du point de vue où nous nous plaçons pour juger les hommes et les partis, nous croyons qu'il ne devait pas convenir à Louis XYUI de frapper d'un exil plus ou moins long les conspi-^ rateurs qui venaient de jeter l'Europe sur la France. Lorsqu'un gouvernement ne se sent pas assez; fort pour tuer dans les vingt-quatre heures les traîtres à la patrie , il faut qu'il se con-, daome à chercher des moyens plus conciliar teurs, et surtout qu'il ne proscrive jamais. Iia>

3o BI8T0IBB

proscription est une peine relative : elle ukère et ne corrige pas ; elle envenime les haioeâ et crée chez l'étranger des ennemis qui ^ n'ayant rien à ménager, rien à compromettre, d^ieilM nent dangereux, parceque souvent, polit téiBOb* gner leur reconnaissance de l'hospitalité r€çu6)> ils mettent à son service leurs passions, kim talents, et quelquefois même Tamouir qu'ilêotlA voué au système qui les a perdus. Nous verrons en effet plus tard les réfugiés de Bruxelles organiser des complots pour placer la cWLitmiM d^ France sur la tête du prince d'Orange.

Au mois de juillet 181 5, ces réflexion»^ ttiBi de l'expérience, ne se faisaient point* Pent=<êire même étaient-elles impossibles avec un miDift-< tère sans foi politique et dans une société Hpal marchait si rapidement vers sa ruine. Le parti royaliste appelait la vengeance sur les têtes eo«* pables. L'esprit des provinces s'exaltait auspeéta** cle même de cette terrible occupation dont elle! étaient les victimes : au nom de la justice, cAêA invoquaient des punitions exemplaires. iM plus audacieux étaient, comme toujours^ les plu* intelligents, car ils savaient qu'une réveluftott qui a peur de son principe ou de ses atnis^et q[tll tâtonne au lieu de pousser jusqu'au bout j doR mourir de consomption dans les langes iâêm# de soa berceau^

DES tbaitAs »r i8i5. Si

lia presse était ardente, infatigable; royaliste ou révolutionnaire, elle combattait avec achar-^ nement, tantôt par des pamphlets , tantôt par ses journaux. Le jacobinisme^ dispersé ou apprivoisé par Fouché, ne trouvait plus de déf^isfurs que dans la presse; la royauté triomphante n'osait pas écouter ceux que l'ambition ou la fidélité lui donnait.

te Soarnaideê Débâté s'écriàît :

t N'est-il pas permis de rappeler à ces rois, dans les justes mains desquels reposent aujourd'hui les destinées du monde civilisé, que la guerre légitime qu'ils ont Uyrée à Bonaparte n'était pas seulement dirigée contre un holEume dès lors déchu de sa gloire historique^ et devenu l'automate docile des factieux, mais contre s^es adhérents qu'ils n'ont jamais manqué de collo-^ quer avec lui dans leurs déclarations; qu'ils oût combattu en Bonaparte le chef d'un parti de«« tructeur qui mine sourdeilient les états , ma^ flt'ils n'ont pas dû penser que ce parti, si varié dans ses ressources, si actif dans ses entreprises^ et ai indifféi^nt sur ses moyens, fût tombé avec l'idole méprisable qu'il avait encensée quelques joors, en -se réservant de la briser lut-même; que le seul moyen de sauver l'Europe enfin^ c'est de fcauver la France; et qu'on nepeutsau*

ver la France sans y comprimer par des mesures imposantes la faction antisociale qui ose y méditer avec sécurité de nouveaux malheurs pour le genre humain, s

Le vicomte de Chateaubriand lui-même, président du collège électoral du Loiret, cet homme d'un si beau génie et d'un coeur si français, venait, dans ce langage qui n'appartient qu'à lui seul, s'exprimer ainsi devant le roi :

t Sire, lui disait-il le 5septembre i6i5, tous avez deux fois sauvé la France. Vous allez achever votre ouvrage. Ce n'est pas sans une vive émotion que nous venons de voir le commencement de vos justices. Vous avez saisi ce glaive que le souverain du ciel a confié aux princes de la terre pour assurer le repos des peuples; vos mains royales ne s'étaient levées jusqu'ici que pour absoudre les coupables et pour répandre des bénédictions; mais, eo sentant tout ce que cet effort a dû coûter au cœur do roi, eu pleurant avec votre majesté sur des hommes qui n'auraient pas pleuré sur nous, nous ne nous sommes pas dissimulé que le moment était venu de suspendre le cours de votre inépuisable clémence.

* Li^Fjraaceenvahie, déchirée, vous demanda

BF.S TBMTKS KK

^justice à genoux. Vous lia devez à ce peuple qi

devez , Sire ; voi

)îr, avant de rei

lemeure où il partage i

trer dans la chétive ■ couche avec le soldat étranger, se console en criant ; Vive le roi ! vous la devez à cette foule qui, lorsqu'elle vous a vu aux balcons de vos palais, oublie tous les maux d'une guerre sus- QÎtée par le tyran et par ses complices; vous la {devez à ces habitants des campagnes qui ne possèdent plus que le drapeau blanc dont ils ont orné les fenêtres de leurs chaumières dépouilllées ; à ces paysans qui accouraient la nuit au l'bord des chemins où vous deviez passer pour (Rassurer que leur père était revenu et que la patrie serait sauvée.

• Sire , cette j ustice, malheureusement trop néjcessnire et que vos peuples réclamaient de toutes •parts, ne fait qu'ajouter à l'éclat de votre bonté. Vos sujets racontent , arec des larmes de iiieconnaissance et d'admiration , tout ce que TOUS avez fait pour la France, et votre sévérité paternelle est mise au premier rang de vos bienfaits. >

De tous les points de la France le même cri «e faisait entendre. Coite unanimité royaliste, provoquant des réactions légales, rencontrait dans le conseil des monarques une approbation fana limites, l.ord Cianoarty écrivait au baron

&4 «UTC^IB

de Qent% ; « Il faut frapper toutes les têtes de la cop^piratiw , siutiemeat l'Europe n'eu a pas

A6o d'appuyer eta paroles, les alliés s'expia iSl^f Pt aiasi par rintermédlaire des ministoes 4§^ q^atr^coufS. n L'Ëurc^e a^ait exigée daus lUi b^tde pai)^ et de repos , que Napoléon fût i^oiifié ki lia g^xdfi das quatre puissances sîgnataîif s du traita éfi ChBL^mont* L'Europe pouvait égale*» mw% exiger eeirtaioas rigueurs ou cçrtaioea xqi^9llf %ft de précaution coBtre les partisans de aa dynastie. «

I^f prince dfii Talleyrand ^ivti* paspé à tfgy^rif trop de révolutions pour s'idenUûer e^asptétf^ m^jpx avec un parti, 3a v^mn toujours railleuse, j»§mfi dans les plus grayes circonstances » x^vin sa^t dç ^'a/iSQçiei h cet eatbousiasr^e de VQBit gtapç/ç dont il pressentait froidement rini^itilité ;

Q^ais Foqçh^ n'f^tail paa auprès de^ puisaaièie/as

é<r«ig4res et çl^s royalistiçs daps une p^sitiioii aussi indépcndai^t^ que jie pi^ésidf^t d^ oQn^m'dh. Fouché avait été ministre de Bonaparte pendaat ]^H Cl5mt-JQP«s. Il ayait accepté tes décrets de proscription çfsndus à Lyon ; il fallait, pour 90 ifékabjjiteç , qu'il donnât des gages en sens cobt traire ; Touché n'était p^ bonime à les refuser. l^îh d'un capitaine, de la marûxe mai^Jbaïuk^

DBS TBAtTis BB l8l5. 55

de Nantes, il s'étah fait oratorien, et, à l*âge de vingt-einq ans, il avait été nommé préfet des études au collège de cette ville. La révolution le surprit dans ce modeste emploi. C'était hb esprit profondément égoïste, et qui n'estimait les autres qu ^autant qu'ils pouvaient servir i son âlëvation. Fouehé saisit de suite (}ue , dan^. cet incompréhensible mouvement d'Idées et de passions, sa raison, toujours froide, devait ou- Trir une large voie à ses ambitieuses espérances, n y entra en se prëcautionnant d*avance çoqtre toute espèce d'enthousiasme; il se rangea du côté des plus forts , c'est à dire des plus audacieusement criminels. Régicide au preipîer chef , régicide qui, selon ses propres paroles, s'étonnait € qu'on pût énoncer â la tribune, dan§ cette question, d'autre opinion contre le tyran que celle d'un arrêt de mort, » il eut tous le^ vices sanglants de la Montagne sans une des vertus négatives de la Gironde. Les ardentes înspirartîons de Danton, les systématiques atrocités de Robespierre, les turpitudes même deM^rat,rien de tout cela ne lui avait répugné. Il approuvait tout par son silence ou par ses exemples. Lorsque la réactiop de thermidor arriva , Fouehé se mit à développer le nouveau caractère d'intrigue auquel il ne renoncera plus.

Il s'assigna un autre rôle : il se fit l'homme

r>G HISTOIRE

de police^ le bravo de tous les pouvoirs qui osèrent remployer, l'exécuteur des basses œuvres de toutes les constitutions qui le prirent à son service; mais il ne fut p^us cruel par nécessité ou par instinct; il le devint par esprit de conservation, pour se perpétuer aux affaires et se rendre indispensable. A partir de ce jour, une révolution nouvelle s'opéra dans ses habitudes. Il s'improvisa le protecteur de ceux qu'il avait persécutés, il les fit attaquer par des scribes à ses gages, il les poursuivitpar ses agents, tout en se réservant le droit d'étaler une générosité de circonstance, ou de faire preuve d'une humanité qui le séparait de la tourbe des Jacobins.

Chez Fouché ces beaux sentiments n'existaient qu'à la surface ; mais intrigant toujours en défiance du présent et cherchant sans cesse à assurer sa position dans l'avenir, il laissait triompher ou tomber autour de lui les hommes et les gouvernements, sans s'inquiéter d'autre chose que de savoir ce que la victoire des uns ou la chute des autres devait lui rapporter. Il n'y avait en lui qu'une seule passion, mais cette passion pouvait aussi bien le rendre capable de vertus apparentes que de crimes réels. Il aimait à dominer, non pas pour imposer ses idées ou pour donner l'essor à une pensée ambitieuse, Fouché ne s'élevait pas si haut ; la soif du pou-

D£S TRAITÉS DE l8lâ. 07

voir s'apaisait en lui aussitôt qu'il pouvait grossir sa fortune ou briser les hommes dont il s'était fait un marchepied.

Son visageblafard etridé, ses traits impassibles, ses yeux d'un fauve ardent , son corps long et menu qui semblait accuser la débilité de son courage , rien , dans cette nature révolutionnaire, ne trahissait alors de sanglants appétits. Devenu duc d'Otrante par la grâce de l'empereur Napoléon et s'oubliant assez pour se croire aristocrate par droit de naissance (i),Fouché s'était peu à peu dépouillé de son écorce démagogique. Il n'était jacobin que lorsque sa position était menacée. Quand il pressentait ce danger, il faisait rugir le lion populaire que, par ses agents secrets, il savait museler ou lâcher à pro-

(1) Ud Jour^ c'était soas l'Empire, Fouclié racontait en présence de ses plus intimes commensaux une conversation qu'il disait avoir eue avec Robespierre , et dans laquelle , selon l'usage invariable de tous les narrateurs, lui , Foucbé, jouait le beau rôle. U venait d'énumërer les motifs qui l'avaient engagé à faire de l'opposition aux idées de l'avocat d'Arras, devenu , par le fait, le dictateur de la France, et il continua : K Robespierre, Messieurs^ ne s'attendait pas à ma sortie ; il n'aimait pas à être contrarié : aussi, pinçant ses lèvres et rajustant ses lunettes : « Duc d'Otrante, me dit-il... »

A ce nom de duc d'Otrante, si hisioriqtiement rappelé par on républicain racontant une anecdote de l'an II de la République une et indivisible, dont il avait été l'un des plus fervents apôtres^ le cercle d'auditeurs ne put contenir un éclat de lire, que le duc d'Otrante voulut bien partager.

58 HISTOIBB

pos ; mais il ayait perdu le goût du sang, et ne se montrait plus que le Scapin de la réf olution dont le prince de Talleyrand était le Moncade. Ayant la main dans toutes les conspirations, les enfantant ou les déjouant $ les dirigeant ou les égarant^ selon ses intérêts du moment , Fou* chë se donna au meilleur marché possible une réputation d'habileté policière qui survit à toutes ses trahisons. Il traversa TEmpire, toujours suspect à Napoléon , toujours entre une prison d'état et une apothéose i puis quand la Res* tauration s'installa, Fouché, en disgrâce^ cc^lnjj^it qu'avecletempsillui resterait encore quelque chose à faire. Il s'entoura des émigrés auxquels il avait eu l'air de rendre d'insignifiants services. Avec ses souvenirs implacables, il menaça de révélations fâcheuses ceux dont, à une autre époque, il avait acheté l'indiscrète fidélité ; il se présenta comme l'homme nécessaire, et mettaiit un pied dans le camj) des bonapartistes , un autre dans celui des Bourbons , il attendit lé» éVéhCfliéilts, fàisafat pétir à tous les partis de là mauvaise queue révolutionnaire qu*il évoquait à ion heUte. Avant les Cent-Jours Foiiché avait conspiré en faveur de Napoléon. Quand l'exilé de l'île d'Elbe fut de retour à Paris, Fouché noua une autre intrigue ; il s'adressa taùtôt a Gand , tantôt aux eabinels étrangers, qui de

D£S THAITÉS ]l£ l8l5, StQ

k>in^ se laissaient prendre aux ressourceii de ke^ fourb^ieë^ Ministre de Témpereuty il joua, co^« rotD{(it 0Q annihila ses serriteUfs kd plm dé«ircMiés. U s'imposa aux alliés^ qui l'impésêÉem à Ldqî» XYIII^ et il revint seul vietdëieux d'mife damfmgne où tout le monde arait été battiié

. àc l'école de la GouTention et. du Directoifè, Fétiche avait appris à curganiser la teirrëur. Su i6â5 on lui demandait deâ listes âe proecri^tion; il l(es rédigeait avec M, Décades, San subordoilné^avec le baron Pasquier, ministre de k |iistice et de Tintjérieùr par intérim, que secondaient MM« Guizot et de Bataûte> seGrétairss gé^ néraux de ces départements. Au milieu des fêtes ipaKt CI3 vieillard préparait à Mlle de Gastellaiie , é* jeuhe fiancée >. il n'oubliait rien de son métier de proicripfèuré li provoquait les roya^- Ikr^s k demander quelques gouttes de sang , et lëUë ntàin il offîrait i ses anciens complitès àék )^6sse{iort6 ou des secours* C'était toujours la làéaie iactiquie^ toujours le même égoïsmti ; màH toujours aussi la même insouciance p&^ lèis intérêts du pâjSi U avait fait naître l'idée dte iht^tlre en jugement ou de batinir les conspii'àtetlfs dtt 20 mars^ U présenta au conftlstl des tâiûlstt^ une première liète sûr laquelle pluft êtt tëni noms étaient inscrits. Parmi bes â^ms , il f m 4f &it de si ignorée et qui valaient si fm ïk

peine d'une iasertiuD au Moniteur que le prince de Talleyrand ne put s'empêcher de dire au proscripteur en titre : • Votre liste contient beaucoup trop d'innocents. » Ce jeu de mots força Foucbé à la retondre, et le 24 juillet i8i5 une ordonnance royale traduisit devant les conseils de guerre compétents dix-neuf personnages. Le maréchal Ney, les i;énéraux Drouet d'Erlon, Laborde, Brayer, Lefèbvre-des-Nouettes, Gilly, Mouton-DuTCrnet, (irouchy, Clausel, Bertraod, Debelle, Cambconne , Urouot, Ameil, les deux frères Lallemand et Labédoyère. Savary, duc de Kovigo, et le comte Lavalette complétaient cette première liste.

La seconde se composait de trente-huit individus qui devaient abandonner Paris dans les trois }«urs et se mettre à la disposition du ministre de la police. C'étaient le maréchal Soult, ks généraux Alix, Excelmans, Vandamme , Lamarque , Lobau , Firé , Dejean i'ils, Hullin. Fressinet. Carnot, les colonels Marbot , Bory- Saint- Vincent , les ducs de Bassano , de Padoue , les comtes Regnault de Saint-Jean-d'Angély, Boulay de la Meurthe , Thibaudeau, Béai, Merlin de Douai, Defermon, Garnier-de-Saintes; MM. FélixLepclletter, Méhçe-Latouche,Barère, Carreau, Bouvier-Dumulard , Durbach, Félix Uespuctes, Aroault, Hare), Dirat,

DES TBlITis DS l8l5.

Pommereul, Cluys, Courtin , Forbin-Jaiison fils aioé et Leiorgne-Dideville.

Tous les principaux iostigateurs du 20 mars i£ se trouvaient pas sur celte table de proscription. De grands coupables en avaient été écartés par Fouché , soit à titre de confidents passés , soit en qualité de complices futurs.

Cette ordonnance était tellement contraire à goûtes les idées d'équité qu'on ne peut s'empc- |Cber de remarquer que les hommes réputés les plus criminels avaient la chance d'éviter toute ipunition, puisque les tribunaux militaires pouiraientles absoudre, tandis que les moins coupa- |>les subissaient leur peine sans aucun espoir de «cours. Mais, au milieu de tant d'accusés insignifiants, obscurs et que la haine personnelle liée exécuteurs pouvait seule avoir désignés à L'exil, il y avait des hommes marquants, des collègues même de Fouché dans le ministère des i.Cent-Jours. Carnot était de ce nombre.

A la fin de leur carrière politique, ces deux ^membres de la Convention, qui avaient traversé ptant d'événements et tantde crimes en y prenant >UDe part si active, se rencontraient encore une t(ûÎ3 dans un dernier jour de révolution. JL 'astuce de l'un triomphait de la probité que l'autre avait malheureusement plus d'une fois com-

jO^ÀBe par des ordres sanglants. Tous deux,

4* »iStOIM

républicains tant que la république lès àVait Mô^ dus les dominateuts de la Frauee, ils avaietit xmxê d^tit ettsételi leur passion d'égalité sbus dé8 titrés nobiliaires. Le comteCaruot éeMvaît tè joiir là même au duc d*Dtraute :

f Où Véui-tU que j'aille, traître? *

Et le duc d'Otrante répondait :

t Où tu Toudi^às 9 imbécile, t

Ces deux épîthètès résuttient d'une ùianièiè si contisé toutes les différences du patribtîsmè tévôlutionnaîre que, Hialgré leur trivialité, il nous a paru instructif de leur acCT)rdef dtoît d^asile. Catnot ifut exilé avec dès ClUys, dès Mellinet^ des Ditat et des Lelorgne , ésjiéces de comparses sans iionportance; mais à ces bantiis Pbilché réserva une fiche de consolatîoii. Le gouveriiement fit secrètement distribuer à tous une indemnité et d'abondants secours de route. Ce subside, accordé par la persécùtîèù aux p'Tsécutés, qui la veille se montraient sans pitié, est un des actes les moins connus et les plus extraordinaires de cette êpoque. Lès persécutés étaient au nombre de citiquante-sèpt , dix- neuf qui devaient être livrée à la justice et trente-huit éloignés dé j^râîice. Entre ces cînquànte-sept, auxquels on adjoignit MSl. Càuchois-Lemàite , Isidore Guyet , l'avocat Teste, agent spécial de police à LyÔJdi peiidant

BBS TAiWIli Se 181 5. ^S

teé CeM-^ôurt et dejitiîè IS tëVollitîôtt dé jiifltet fflitlîjtte dfe Lôiiîà^PhîIîppe d'Ofléàd^, dtt ^à*tagea unfe st^thaiè dé quaiW cèht élttqtiatitéMSe^if mille francs. Atl* yeujt dtô ce* tfbttfepîf àtêtifâ Tibète allait ïéghei-, et ilè îëëevafèfit dèé fohds sectms de 6à {)blicè léd iho$^è!iè d'àbandontiè^ la F^àlicé ^ullS avaient fedtnpïottiiàé et rûitiée.

Dâlife les registres dU ihînistère flë la |)oHfce tèlte sômtné de ^Uatfë cfeht tîncîUarttè-iîlëûf Inillë fi^ticà figai% eointùe ayatit été digtrîbtlée ft eettt qUë hlôiië|)0ussait. À l*eict&(iti6n décinq, tiKi8'ac«et)lètettt feètte ét^ifilgé pritne, qtiî pôtir fudqates^titis ê'élève att chifflhé de tingt-^cînii et détréûté iâllle fràdes; N'est^lt^è pVi^ Utie des i>ltls triKèH pagéft dtd rbidtoif^ de la réf blutibn qu'iide psi^ilte tuatl^^iiëttidè qti) ^aiéâë* t^ntietbis^ qui leur fiminitt d'abbrtl les bibjrén» dfe ^'expatriet, et qui emuite 6ë hid^ë kvéBgléméht jëtë^ danis lèâ filets d'UWe ê«tt&J)îratîon qu'ils tt)nt tfamèrà Bi^iixeUes.

Cette 'ttiànsUétUde ,#éktéë jusqu'à (éë jour ï>ectèté,* fwééWpKt pfaint eétlx qui eh étalent Tobj^. tl9 êôftitàfSSaiettt à qui lié aVàiént affaire. Quaild tè fiiïàrW s]^i*clàclfe d'homÈne^ également cbupàbiéis ëii é^àlëtneiit înddcerits, exilés ou acceptés pit là RëstSitit-âtibïi , fut donné à la Frâiic«ï quélièteégënéfâUxGrôtiëhy, Clauziel, ^îilly et LàbOtÔë se tttéht proscrits, et que le màjré«llfel MtêSrii^ &ini»tè« dé lâ^éfté ett^ïÉMr^^

■^ .] -t HISTOIU

dout ils avaient exécuté les ordres, ne se trouva même pas inquiété , on se contenta de sourire à tant de contradictions manifestes et on prêta l'oreille aux demandes de l'étranger.

L'étranger avait décidé que la France rembourserait largement et surabondamment tuus les frais de cette campagne et de l'occupation qui en était la conséquence. Les vainqueurs avaient des prétentions exorbitante» : les uns formaient le vœu de voir la France partagée et ses provinces frontières devenir le patrimoine des états voisins, en laîssantdouze ou treizedépartements du centre pour composer un nouveau royaume de Bourges. Les autri s parlaient de h tuer moralement, et pour cela ils se préparaient à fomenter les vieilles dissensions de province à province, et à ressusciter le projet de fédéralisation républicaine que les Girondins avaient proposé. Les plus pages ou les moins ambitieux, ceux qui n'avaient aucun intérêt direct à effacer le royaume de la carte des nations, ou qui, comme l'empereur de Russie, sentaient la nécessité d'imposer à l'Angleterre un contrepoids, ne se montraient ni si acerbes ni si exigeants. Us consentaient bien à affaiblir l'empire tel que Napoléon l'avait constitué, mais ils ne voulaient pas arriver au démembrement de Ijl France raonaichique. Tous s'accordaient

DES Thittiê M 181 5. ifi'

tant à donner aux agitateurs qui, de Paris, aTaient bouleversé le monde pendant vingt-cinq ans de révolution, une grande leçon de morale, dont par malheur la nation tout entière fut ap^ pelée à payer les frais.

L'idée d'un partage ou d'un dépouillement germait avec tant de force dans l'esprit des peuples et de leurs chefs, que sur tous les points il s'était élevé contre la France révolutionnaire un cri de réprobation universelle. Dans ce cri il y avait sans doute un sentiment bien prononcé de jalousie; mais la descente de Bonaparte^ sur les côtes de la Méditerranée et son dernier défi à l'Europe donnaient à ce sentiment une consécration si populaire, que le gouverneur-général des provinces rhénanes, Justus Gruner, adressa aux Allemands le manifeste suivant.

C'était traduire par la parole imprimée les discours que le prince Blùcher ne cessait de tenir à son armée :

f Braves Teutons ! disait le gouverneur-général des provinces rhénanes, cette nation si longtemps fière de ses triomphes, et dont nous avons courbé le front orgueilleux devant les aigles germaniques, vient troubler encore le repos de l'Europe.

« Bravas Teutons! un pays ainsi livré au dé-

46 wsToqgi

sctrdre de Ta^archie mefiaceiait; TËnrope 4'Wil# honteuse dii^splati^n si tous les luay^^ Tfn^tftW ne s'armaient contp^ lui. Ce n'est p)M# fiovuT 1|}) rendre des princes dpat il m vewtp%p,ç§q'wt plus seulement pour chas^*r çncorç çf giierrj^ dangereux q^i s'est n^is à l§ur pl^t^» qu^ Pflus nous armons aujourd'hui : c'est pour 4k\¥^ cçtte twr^ ipapie qijiB 1^ politique 4^^ pripe^s m peut pluj^ laisser suhsisteir } c'e^t ppur f^qus ind^m-, qisçr, par un juste partage ^e se9 prp^inc^» tte tous les ips^çriûces que pous avons faits depuîi iringt-çl|[^aaâi. Guerriers, cette |oisyous PQQoniir battrez pas à vos dépQn§* »

Ce langage avait si souvçpt ret^n^i dfA^ 1^ bivouacs d^s armées coalisées qv^'i^U^s t\^ ff^ïiy Talent plus renoncer à la p^RSç^ d'^i^^dQPUW leur conquête, et que même on yit d'^Ut^e^ pçvr* pies accourir après la bataille pour t4ic];)ier 4'^** lever quelques membres à la proie abattue^

Peu de jours après l'abdication forcée de l'empereur et la rentrée de Louis XYIU, l'armée espagnole fit irruption sur le sol. Elle n'av^iit j^iot pris part à la guerre qui finissait ; ses frontièras avaient été rt spectées, mais le général Castaoos, le futur duc de fiaylen, voulait la conduire à h curée, et faire expier au royaume des BousboM ki calamités que l'empire de Bonaparte avait

DES TMW^I^'tB l8l5. ^

lut peAfr mr la Piiimci^. Oii&ri^e mîUe £s-^ pa^Qiok s'afancii^nt àona dans cette ibtei^tioo bi€0 arauée) ils pénétmi^at da&$ le midi.

P^n^ant sop séjour à Gaad hoixk ^YIII avait di^npé à son neveu , If» due ^d ' Angouléma , das pleins pouvoirs pour armer et gouwraer oea pr#9iinoes fidèles. Retiré en Espagne a^ès ayoir bffliyeinent essayé de lutter eontre Fusurpateur, le due d^Angouléme avait reparu sur le tei»^ toire;mais déjà {^activité méridionale prenait Ids devapis. l^e sèle s'était organisé; les gardes miliiHMles étaient maîtresses du pays, ie dra^ peau blane flottait partout.

A la nouvelle que Castanos a franehi la fren-* tièi^ le duc d'ÂDgouléme se hâte de rassembler le peu de gardes nationaux qui sont sous sa ttiain, et il s'avance contre les Espagnols dodfl: l'afff^ston ne pouvait pas être motivée aux yeux dot Bourbons. Le prince expose au général, qui j|e déolâie êi inopiBém0nt leur ennemi; l'inju^r liée d\iiie pareille attaque; tnais s'apèreevant ^t se» paroles de conciliation' demeurant dans effet , il retrouve dans son eœur quelque chose d'Henri IV et de Louis XIV; il s'écrie :

* Si l'armée espagnole fait un pas de plus sur notre territoire, à Hnstant même j'appelle tout le midi aux armes ; il entendra ma voix, et alors, génériftl, ce sera à la garde de Dieu* »

Le parti royaliste était puissant et uni dans ces provinces ; un spul mot du duc d'Angouléme lui donnait une heureuse impulsion. Ca»tanos comprit que son armée disparaîtrait bien vite dans la tourmente qu'il venait provoquer; il rebroussa chemin.

Afin de bien faire comprendre leur pensée à Louis XVIII et à ses ministres, les alliés, qui avaient pour organe le duc de Wellington et le feld-maréchal Blûcherj s'emparèrent , sur ces entrefaites, du gouvernement de la capitale et des positions militaires. Le baron de MiiffUng, un général prussien, fut nommé gouverneur de Paris ; la garde nationale et la gendarmerie, même pour le service intérieur , n'eurent plus d'ordres à recevoir que de lui. C'était une violation manifeste de la convention du3 juillet i8i5 conclue à Saint-Gloud entre le baron Bignon, le général Guilleminot et le comte de Bondy, préfet de la Seine, d'une part, le général Mûffling et le colonel Hervey de l'autre. Par cette convention, qui règle la deuxième capitulation de Paris, il était stipulé :

• Art. 9. Le service intérieur de Paris continuera à être fait par la garde nationale et par le corps de la gendarmerie municipale.

Art. 10, LesjîQoimandajits en chef deaj^

ftlées anglaise et prussienne s'engagent à respec- | ■1er et à faire respecter par leurs subordonnés le* * autorités actuelles tant qu'elles existeront. »

I Mais dans la confusion d'un changement de xègDe, dans la désorganisation de tous les pouvoirs, en présence d'un empereur vaincu que ses ministres, que les représentants de la nation Cvaient presque fait appréhender au corps pour ' le livrer à l'eonemi, dans cette agitation fébrile que la honte d'un côté, que le remords de l'autre produisaient au milieu des masses maudissant

Iou glorifiant Bonaparte, repoussant ou appelant de tous leurs vœux le retour des Bourbons, la force seule devait être entendue. Les partis, au lieu de se rallier dans le péril commun, se diviflaieDt avec un acharnement fatal. L'Europe répudiait Napoléon et sa dynastie. Au nom de !a France, qu'on s'était bien gardé de consulter, le général Horace Sébastiani, le comte Doulcet de Pcmtécoulant,lemarquisdeLafayette, le comte de Laforêt , le comte d'Argenson et Benjamin- Constant, toujours si mobile dans ses opinions, allaient au quartier-général des vainqueurs de Waterloo demander un monarque quel qu'il fût, à la condition qu'il n'aurait dans les veines ni du sang de Bourbon ni du sang de Français.

Ç^sîx hommes, qui acceptaient cette odieuse

5o HXSTOIBJK

mistsion et qui h remplissaieat lûr$qpiç le dra-* peau blanc Hottait déjà dans la plupi^urt dt^ provinces qûu occupées par Tétrang^r, avaient produit sur Tesprit des coalisés une déplorable impteasiooi }a capitale du royaume s'^n resaestit. li^a eos^Iiséa ne purent a'ei^pliquer c^tte dii^mpA Û tranchée, ce^ bllU^^s si publiqueoieot ipaftfûv* lestées, lorsque le malheur dev£^it le^ QCdaâaia^ ijjLQr toutes, m silepçe, afin de réunir diuia ua Hléiine effort le$ vo^ontéa» leaaaçriilces» Tmeiow de la patrie et les 4é¥ouemwt^ Les Aogjliii et kfi Prussiens virent que la France ne .sauvait plus 1^ une ; ijs parofitèrent cle ce désordre mostl pour asseoir leur autorité et briser eux-Hp^émes U convention qu'ils avaient signée.

M. de Boady, préfet 4e la S^ine pendu&t tel Cent^ours, avait fait place au comte de .CJbabrol^ qui reprenait les fonctions administrathrai abandonnées par lui depuis le 20 mars. L'hdtAl^ de-yille était envahi par les états-majors de» ar^ mées qui,, dans tous les dialectes» articulaMUt les plus extravagante^ demandes. Ici 1V>Q K* quérait de force dea ^leubles, des logcasienta, des tables servies^ un luxe inoui;là, avee une bratalité. qui trahissait un sentimeat mal coiii-* pris d'orgueil national, on e^iigeait in^pérteuse* ment des contributions de guerre. M. de Cher brol résistait à ces ordres.

DES TRAITÉS DE i fil 5. 5|

On menace de l'enlever et de le transportet dans h citadelle prussienne de Graudenz. Des soldats poméranîensfont mêmeirruptiondansla salle où le conseil municipal délibérait. A la même heure d'autres étrangers se livraient au pillage des premières maisons du faubourg Salnt- Marciîaa, comme pour provoquer cette population, la plus pauvre et la plus exaltée de Paris» â on soulèvement qui leur aurait offert Toccasioa de ciimbattre la France dans les rues mêmes de 98 tapitâle. les places et les promenades publiques étaient transformées en camps. Des canons étaient braqués k toutes les issues, jusque sur le Carroujfcl, en face même des fenêtres du roi ; et les artilleurs, toujours mèche allumée, n'atlendatent que le signal de faire feu. Les alliés parlaient de s'emparer des caisses de l'État, du trésST, de la banque et de foutes les administra-

Kepousser la violence par la violence n'était pas chose possible. Le gouvernement du roi , sans force morale, sans appui direct, ne pouvait en appeler qu'à la justice des souverains. Guillaume de Prusse et l'empereur Alexandre donnèrent des ordres pour faire cesser tous ces actes de colère. Au milieu de tant de luttes se renou- Tclant dans chaque administration, sous les yeux même de l'autorité impuissante , le maréchal

Bliiclier manifesta l'inlention de détruire le pont d'iéna. Lo nom de ce monument rappelait à la Prusse un immense désastre militaire.

C'était à la suite de ce triomphe que l'empereur Napoléon était entré à Berlin et qu'il avait enlevé l'écharpe et l'épée du grand Frédéric. Ces trophées de la victoire avaient été déposés dans l'église des Invalides et suspendus vers le centre de l'arche qui conduit au dôme. Lorsqu'en i8i4 les alliés approchaient de Paris, on avait, sur un ordre du duc deFeltre, brûlé l'écharpe et l'épée de Frédéric II dans la cour de l'hôtel avec tous les drapeaux pris sur l'ennemi. Ces souvenirs s'étaient réveillés dans les cœurs prussiens, et leur irritation n'aTait plus de bornes. Ils parlaient de rendre affront pour affront; ils espéraient se venger sur les monuments publics dç la violation des tombeaux et de l'injure qu'ils avaient subie dans la mémoire de leur vieux Friti, toujours chère à leurs cœurs.

Le pont d'Icna était le monument désigné pour cette expiation. Les mineurs en creusaieni déjà les piliers. Les instances du comte Jlolé. directeur-général des ponts et chaussées, avaleni été à peu près sans effet. Lord Wellington répondait que lui et les autres généraux ne pouvaient apaiser l'exaltation des Prussiens, quand

T.Qiiis XVIII, qui, à travers les petites passiq]

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D£S TRAITÉS DE l8]5. 5*^

de son esprit et les vices imparfaits de sa nature, avait cependant une magnifique idée de la dignité de son nom et de l'honneur français, s'adressa directement à remjf^reur de Russie. L'intervention de ce roi descendant jusqu'à la prière toucha le cœur d'Alexandre. Le pont d'Iéna, qui joint les Champs- Élyséesau Champ-de-Mars, était un point de communication stratégique trop important pour être livré à un vandalisme provocateur. Alexandre et le roi de Prusse donnèrent des ordres. Blûcher renonça à son projet. Les choses se passèrent ainsi : la lettre de Louis XVIII demandant au feld-maréchal prussien l'heure à laquelle il ferait sauter le pont , cette lettre où le roi annonçait qu'il se placerait dessus afin de périr en même temps, n'est donc qu'une forfanterie après coup dont la sagacité royale ne fut jamais responsable. *

HISTOIBE BIS TRAITÉS DE iSlg. 55

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