‹ Histoire des traités de 1815, et de leur exécution, publiée sur les documents officiels et inédits;Chapitre 10 sur 13 · HI5T0IM · texte numérisé non relu

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bilité : son démembrement ne sera jamais qu'une chimère. Dans Tétat actuel de l'Europe la France doit rester ce qu'elle est , contre-poids pour les uns, médiateur, ami ou ennemi pour les autres. Les révolutions germent daps son sein. Le mouvement intérieur qu'elle provoque retentit à l'instant même d'ua bout de l'Europe à l'autre ; il a des échos qui se prolongent des bords du Tibre jusqu'à la Yistule. La diffusion de ses erreurs ou dp ses lumières brûle ou éclaire ; elle jette partout des semences de liberté ou d'insurrection. C'est toujours, selon la belle parole du prince de Metternich, le géant étendu et qui au moindre mouvement de sa tête ou de ses bras agite le monde ; mais cette position exceptionnelle que la France ne se serait pas faite une seconde fois, à qui la doitelle?

Aux rois alliés et aux ministres de 1 8 1 5 , à tous ces politiques, médecins sans intelligence qui avaient à traiter de la fièvre politiquç un malade à moitié guéri, et qui, par des concessions maladroites ou par une rigueur encore plus coupable que toutes les maladresses , ont envenimé le mal et l'ont rendu contagieux en lui offrant un levier patriotique. Les souveraios coalisés forcèrent Louis XVIII à accepter les conditions de paix qu'il leur plaisait de dicter.

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Louis XVIII savait qu'en les signant il abdiquait pour lui ou pour les siens une royauté viagère , que les partis extrêmes allaient battre en brèche. Louis XVIII cependant conclut le marché.

La révolution de juillet, amenée par quinze années de luttes hypocrites, Ta rompu. Elle a replacé l'Europe dans la situation des Cent-JoUrs avec un grand homme de guerre de moins.

La France n'aspire qu'à prendre sa revanche de tous les désastres qu'elle n'a point appelés en 181 5, et qu'une fausse direction imprimée à la politique de ses rois lui a fait subir.

Les puissances étrangères se sont défiées de son instinct monarchique; elles l'ont nié en 3e faisant un jeu de ses sacrifices et de ses humiliations. Il est venu un jour où tout cela s'est tourné contre elles. Elles n'avaient pas voulu accorder à la France royaliste ce que Louis XVIII était en droit d'exiger, ce qu'un cardinal de Richelieu aurait obtenu au nom de la justice et de toutes les monarchies en péril aussitôt que celle} de Henri IV est ébranlée. La France révolutionnaire peut encore être debout demain. Qui sait où elle entraînera l'Europe ?

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