‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 105 sur 187 · CHAPITRE II. SIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. SIS

tant de ce syncrétisme de dogmes , de cultes , de peuples, de races qui s'étaient réunis de tous les points sur le sol multiple de la Grèce ?

Aussi les établissemens de ce conquérant, soit comme puissance politique soit comme puissance intellectuelle, furent-ils une image fidèle de cette fausse unité , formée de tant d'élémens divers sans lien moral réel , qui tomba avec celui qui les avait réunis un moment. Ainsi, en même temps qu'il laissait les chefs militaires sur le sol étranger, non-seulement il ne changeait ni les cultes anciens , ni les constitutions nationales de ces peuples, mais au contraire il les reconstituait. 11 arriva de là que les pouvoirs royaux impuissans des Lagides d'Egypte , des Séleucides d'Asie et des rois inacédoniens d'Europe, s'agitèrent en vain pour maintenir leur autorité au milieu des vieilles aristocraties qui cherchaient à se reconstituer , et des individualités nationales qui voulaient s'affranchir, et qu'ils finirent par tomber marqués du sceau de Rome , qui étendait sur le inonde son système colonial ,

Il en fut de même de cette école d'Alexandrie, centre de toutes les philosophies, de tous les dogmes , de toutes les formules morales du monde , qui ne parvint qu'à faire un amas incohérent de paroles sans valeur, destiné à s'agiter sous la

m HISTOIRE DU ^COND AGE.

grande uuilé morale du Christianisme , pour la fausser et en produire toutes les hérésies et les erreurs.

On vient de voir la , dans l'histoire des populations grecques/un exemple bien remarquable de ces unités des nations , réformées par des sympathies isolées, et qui s'agglomèrent et s'accolent successivement , ou par la conquête ou par des rapports dogmatiques. Elles montent d'individualités isolées , à une sorte d'unité fédérale et éclectique, sans force, sans vertu, terme moyen entre le bien et le mal, qui cède au premier choc d'une puissance unitaire , vigoureuse par sa pensée de réalisation politique d'une loi sociale , ou par son dogme , signe moral d'un sacrifice plus élevé.

Nous allons maintenant passer à l'étude historique de l'origine et des transformations de la nation romaine , qui réunit en elle toute la puis* sance d'unité politique tant cherchée dans cç second âge.

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