CHAPITRE Iir
manière a pouvoir la comprendre et non l'avoir, et qui par conséquent est d'un autre et esclave par nature , d*obéir au commandement. Car il est meilleur pour les bêtes sauvages d'obéir aux hommes ; et l'esclave est aussi inférieur aux autres hommes que la bête féroce Test à l'homme , que le corps l'est à^l'âme.
Nous croyons difficile de mieux formuler ce dernier et inexorable résultat du dogme de la chute , qui séparait en deux racés complètement opposées, une spirituelle et une matérielle, l'humanité tout entière.
Une longue ligiie de peuples qui s'étendait au nord de l'Europe et à tout l'orient de l'Asie, ainsi qu'en Amérique , échappait à la grande unité romaine. Mous allons voir quels avaient été leui*s développemens pendant le second âge ; et nous commencerons par ceux qui , voisins du peuple romain, non-seulement lui résistèrent avec le plus d'énergie , mais envahirent même son enceinte sacrée. C'était tout le reste de la race japhétique qui habitait l'Europe^ et dont nous n'avons pas encore parlé : on pourrait les comprendre sous le nom générique de Celtes. Ils occupaientl'Ëspagne, la Gaule, la Grande-Bretagne, la Germanie , et les pays du Nord , tels que la
Suède , le Danemarck , la Norwège et l'Islande. A quelques unes de ces nations il était défendu d'écrire leur tradition, de sorte qu'elles n'ont gardé qu'un souvenir oral , que les conquérans seuls ont recueilli. Mais on trouve dans les traditions écrites du centre arménien leur histoire primitive, qu'y rapportèrent, d'après la^loi du retour, les chefs de colonies qui en étaient sortis. Voici ce qui en résulte. Ce sont toujours des chefs qui donnent aux pays leurs noms , lesquels subsistent encore aujourd'hui pour la plupart.