CHAPITRE m. Î5T
tête comme le bétail : ainsi , on trouve dans des comptes de succession ces chiffres : 256,000 têtes de menu bétail , 3,600 paire$ de bœufs , et 4,116 esclaves.
Cette organisation générale de TEmpire se répéta dans toutes ses parties. Les provinces eurent des gouverneurs, représentans de l'empereur, et souvent dieux comme lui. Les colonies, formées des légions établies en permanence dans les pays conquis , et peuplées de familles de soldats , eurent un sénat et des curies. Enûn les villes étrangères municipales devinrent les égales et les images des colonies romaines ; et leurs magistrats annuels eurent , après l'exercice de leur fonction , droit de citoyen romain.
Des grandes routes partant de Rome établissaient un double rapport de commandement et de tributs commerciaux , entre la ville sacrée et les régions de l'Europe , de l'Asie et de l'Afrique, qu'elle avait couvertes de gouverneurs romains et de légions coloniales. Enfin des cirques immenses réunissaient dans leur enceinte les chefs nobles de toutes les nations, tandis que les temples rassemblaient dans leurs murs sacrés les dieux de tous les pays.
Cette grande tendance au pouvoir unitaire ,
qui avait plané sur le monde pendant tout le second âge , en passant de l'Egypte à la Babylonie, à la Perse et à la Macédoine, était donc enfin ap^ pliquée par la» nation romaine : elle avait réuni au pouvoir unitaire double créé par la fin du premier âge , l'expansion coloniale des temps primitifs ; et elle avait adopté en ipéme temps toutes les transformations et initiations du second âge qui avaient amené l'union des races nationales en un seul peuple , et la transformation des étrangers nobles en citoyens romains.
C'était là tout ce qui pouvait être fait humainement par les nations réformées , et restées sous le dogme absolu de la chute et de la séparation en deux races, une pure et une impure. Car, parmi les philosophes qui avaient réduit les dogmes religieux des temps primitifs en formules scientifiques , l'un d'eux , Aristote , avait dit : — L'esclave est une certaine partie du maître , comme une partie animée de son corps , mais cependant séparée ; car celui qui n'est pas sien par nature , et qui par conséquent est d'ww autre , est esclave par nature , bien qu'il soit homme, puisqu'il est homme d'un autre , et chose possédée comme sont les instrumens. 11 est mieux en effet pour celui qui ne participe de la raison que de ,