CHAPITRE I
physique de cette exaltation ; et, en Timitant, il engendra un être bâtard qu'il destina à accomplir la pratique matérielle de sa fonction , tandis que lui-même se reposerait.
C'était donc toujours cette confusion du dogme et de l'acte de la création , avec le dogme et l'acte de la génération , qui amenait Terreur des révoltés , cherchant à surprendre le mystère qui se gardait dans le centre Shcré , et qui leur faisait penser qu'ils pouvaient transmettre aux êtres qu'ils engendraient une partie de l'essence spirituelle qu'ils avaient reçue du Père créateur ; mais la loi ne reconnaissait ceux qu'ils engendraient que comme des êtres bâtards qui étaient dépourvus de l'immortalité divine. Dans les temps primitifs , les êtres coupables , ou leurs bâtards , avaient été séparés absolument du centre sacré ; et ce fait seul les privait de l'immortalité. Mais la famille adamique, qui avait été ainsi condamnée , avait reçu de nouveau de Noé cette immortalité dont elle avait été privée : seulement il y avait mis la condition, conséquence nécessaire du dogme créateur , que la partie d'essence spirituelle qu'il communiquait lui retournât; car lui seul pouvait l'emporter au Dieu céleste. Le crime de Gham tendait donc à incarner dans sa race cette immortalité. Mais Noé, qui appU-
4â HISTOIRE DU PREMIER AGE.
quait déjà d'une manière nouvelle le dogme de la séparation et de Funité hiérarchique, ne sépara pas Cham , ni même Chanaan , Fétre bâtard que Cbam avait produit. 11 nia seulement à ce dernier l'immortalité que son père croyait lui avoir transmise ; et j ne le reconnaissant ni comme fonction sociale, ni par conséquent comme doué d'une essence spirituelle , il le donna aux groupes consacrés, comme un agent matériel passif, qui devenait- leur propriété et partie de leur corps. En outre, suivant la loi , il fut condamné à subir un sacrifice d'expiation qui retranchait une partie impure de son corps : cette partie impure était nécessairement l'organe sacré , où chez le maître résidait l'essence spirituelle, et que l'être bâtard ne pouvait posséder.Ce nouvel agent matériel et passif, origine de ce que Ton comprend aujourd'hui sous le nom générique d'esclave , subit donc une mutilation expiatrice particulière dans chacune des trois fonctions, entre lesquelles ce groupe fut partagé. Ainsi ceux-là furent privés de lumière ou de parole , des yeux ou de la langue , qui furent affectés aux fonctions de Sem etde Japheth , douées d'âme et d'intelligence : à ceux qui appartinrent à Cham , doué de la force , furent retranchés ou la faculté de génération , ou l'usage des bras , ou le mouvement des jambes. C'est là