CHAPITRE I. il
Torigine de ces éires muets , borgnes , aveugles , eunuques, manchots, boiteux, ou aux pieds liés , dont les dogmes et les traditions de tant de peuples ont gardé le souvenir.
Mais ce crime d'insubordination qui avait produit l'erreur de Cham , avait en même temps amené un autre résultat. C'est que le signe mys* térieux du sacriûce créateur accompli par Noé était dévoilé; et lorsque la tradition rapporte que Sem et Japheth avaient voilé le corps de leur père , cela voulait dire que leur valeur morale . plus élevée que celle de leur frère , leur avait fait prendre au point de vue spirituel l'acte créateur, que Cham n'avait pu comprendre qu'au point de vue matériel.
On voit donc comme successivement s'étaient incarnés dans l'espèce adamique , par la création et la génération , tous les mystèi^es , toutes les essences hiérarchiques , toutes les pratiques , que le Père créateur divin avait gardés si longtemps en sa possession, et qu'il avait élabora et formulés en dogmes , suivant le principe moral qui était le but divin et constant de son activité.
D'abord la force régulière génératrice et défensive , puis la parole , puis la force séparatrice et oblatrice , c'est-à-dire les actes matériels dé-
pendans, avaient été communiqués ou ravis. Ensuite les essences spéciales, t>rigines de ces aetes, avaient été confiées à des fonctions temporaires aussi. Enfin le grand mystère moral de la trans* formation é tai t ravi ; e t chacun Tappl iquai t comme complément à ces acquisitions antérieures, et comme garantie de leur possession.
La dissociation du grand centre de l'Ararat devait donc être là suite de cette découverte, qui donnait le secret de la création sociale , c'est-àdire le mystère de Tunité morale comme lien de la pluralité des essences spirituelles et de leur hiérarchie , à chacune de ces trois familles , formées d'hommes , de femmes , d'enfans et d'esclaves mutilés, et chargées de fonctions différentes.
Aussi chacun de ces groupes, se créant une existence à part, se mit en route, en se séparant des autres. Mais , dans cette migration , ils furent dirigés par le prii^cipe moral qui les avait créés. Tous trois , d'après le dogme , n'étaient que des manifestations du Dieu invisible de la terre , en imitation des manifestations qui avaient été créées dans le ciel par le Dieu invisible céleste , père du Dieu terrestre. En se séparant , chacun des fils de Noé reconnut donc pour père le Dieu céleste visible qu'il représentait ; et, d'après la loi morale