CHAPITRE IV. «7T
iém. Le premier est supérieur au second : la.^ tt*anquillité de l'âme et le propre perfectionne* ment de l'homme sont le but de sa religion : le peuplé rappelle le Bouddha vivant.
Le Bandjun , incarnation d'un saint person^nage, explique la renaissance du Dalaï-Lama dans un autre être , après sa mort.
Une multitude innombrable de Lamas céliba* taires peuplent les monastères du Thibet.
Dans Tordre civil, plusieurs frères peuvent avoir une seule femme ; et les femmes mariées peuvent se donner à des étrangers. Enfin la sépulture se fait ea donnant le cadavre à manger à des vautours ou à des chiens.
Lorsque le Bouddhisme s'introduisit en Chine vers le commencement de notre ère , deux réformateurs dont nous avons parlé , Lao-tseu et Kong-tseu (Congfu-tsé) , avaient déjà établi une sorte d'unité abstraite dans le dogme et dans la pratique. Ainsi la grande-mère Tao ou Tai-kié était l'origine de toutes choses ; et Tindividu qui établissait en lui l'équilibre entre la raison et la passion était l'homme parfait ; et suivant qu'il avait obtenu tel degré de perfection, son âme allait aux enfers, ou dans des monts éloignés, ou dans des animaux, ou enfin remontait au ciel d'où elle venait.
37^ tliSTOiRË DU &£COND ACE.
Le Bouddhisme qui prit &a Chine le nom de culte de Fo , un ancien dieu chinois , n'eut pas grand'chose à changer à cette formule : aUdsi las Foe-Kiao dirent-ils qu'il fallait tout quitter pour s'occuper de la connaissance de soi^xuéme , et ac^ quérir une vie tranquille.
Vers le quatrième siècle , le culte de Fo fut protégé par un empereur : puis , après une division de la Chine en empires du INord et du Midi ou régnèrent de nombreuses familles impé^ riales , vers le douzième siècle Tcbingiz-Khan envahit le pays. Mais ses successeurs en furent chassés par la dynastie des Ming , qui elle*méme fut forcée de céder Tempire aux Tatars^lMantchou, qui le gardent encore aujourd'hui.
Si l'on veut s'arrêter un instant pour comparer le dogme brahmanique à celui de Bouddha » on verra que les grandes formes théologiques créées d;m$ le second âge étaient bien séparées dan^ le premier , et confondues dans le second.
Ainsi au sommet du dogme orthodoxe est 1?
dieu invisible , innommé , séparé de la matière , et au-rdessus de tout*
Puis se trouve la grande^mère , la forme uni^ verselle , victorieuse du ipaK
Entre eux se placent les trois fils dieux, réu^
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ûîs dans la syllabe Aum : Brahma le créateur , qui émet et réabsorbe les êtres à certaines époques pour les émettre et les réabsorber de nouveau : Vichnou le conservateur s'incarnant dans des formes pour sauver le monde; et Siva le transformateur.
Enfin viennent les âmes déchues , passant dans des Jformes matérielles hiérarchiques.
Les deux dogmes hérétiques , qui ' semblent venir en opposition avec celui-là, comme les deux frères, fils bâtards, hermaphrodites ou à double nature , nés de la mère , Bouddha et Djaina, font absorber tous les êtres et toutes les formes dans finvisible, ou les font s'incarner dans la matière.
Sans doute le Brahmanisme tournait dans un cercle dont sa doctrine ne pouvait le faire sortir, et dont il n'est pas sorti. Mais le Bouddhisme et le Djainisme tuaient Dieu en le fixant dans le monde , ou en mettant le monde en lui . C'était la négation la plus absolue de Dieu : terme où tendent tous les panthéismes , dont la fin ne peut jamais être que la fatalité , l'immobilité et l'iniliirérence morale, c'est-à-dire la mort spirituelle..