CHAPITRE II
L'acte hjérétique s'accomplit en Angleterre sous le nom de Wicleff, et attaqua les vices du clergé et des nobles. Mais au lieu de séparer la hiérarchie deFÉglisede la perversité des personnes, il nia là première , pour attaquer la seconde. Or , nier la hiérarchie spirituelle de l'Église , c'était nier le type de la société chrétienne.
Aussi de ces deux principes , si différens ^ résulta-l-il deux séries d'actions complètement dissemblables.
Le pouvoir royal rétabli par Jeanne d'Arc , et la fédération des communes commencée par Marcel^ étouffèrent, en se rapprochant, cette féodalité infidèle à son principe , qui n'avait pas su défendre la France , et qui , pour se reconstituer sur sa base ébranlée, avait embrassé l'hérésie.
Celle-ci avait en effet produit ses effets nécessaires : après avoir attaqué la hiérarchie de l'Église , elle avait attaqué le dogme et nié l'Eucharistie , principe de fraternité universelle! Renou vêlant l'erreur des Albigeois , elle constituait l'inspiration individuelle , ou la conscience , seul juge de la morale et des dogmes, et seule chargée de départir la fonction religieuse.
Nous n'exposerons pas ici les variations nombreuses des diverses doctrines réformées venues de Luther, ou de Mélancton , le fondateur de la
confession d'Augsbourg, ou de Zuingle, le réformateur de la Suisse , ou de Calvin , dont les partisans ensanglantèrent la France. Les discussions qui s'élevaient entre ces diverses sectes roulaient sur le dogme de l'eucharistie , où les uns recon-» naissaient et les autres niaient la présence réelle ; mais ils s'accordaient sur deux points fondamentaux : le premier était la négation de la hiérar^ chie sacerdotale et de la possibilité de représenter par un signe vivant l'Église universelle : le second était la négation des bonnes œuvres comme con-t dition de la justification , la foi seule suffisant pour cela. Ainsi d'un côté ils niaient l'unité de . pouvoir, et de l'autre le libre-arbitre représenté par l'acte. Ils étaient donc revenus au fatalisme Individuel du bouddhisme, et devaient arriver ^u repos et à l'inaction contemplative comme lui.^
L'Angleterre etrAllemagne, ces anciens secta-. teurs d'Odin si long-temps rebelles au christianisme et au catholicisme, embrassèrent avec ardeur cette réforme qui; s'accommodait avec la tendance individualiste de leur caractère national primitif.
Mais les communes françaises, liguées contre ces ennemis extérieurs , contre d'autres ennemis, intérieurs , les hauts seigneurs féodaux partisans ^^e l'hérésie , et contre l'équivoque pouvoir ix)yal