CHAPITRE m
exigences d'une féodalité turbulente , les invasions tatares et les attaques de ses nombreux voisins , empêchèrent la Pologne de se constituer unitair^nent.
Vers le quatorzième siècle , Kasimir-fe-Grand essaya bien de protéger les paysans ; mais la noblesse, qui pensait le flétrir du titre de roi dés paysans, fit tous ses efforts pour maîtriser cette puissance royale qu^èllè élisart , et pour lui imposer de dures conditions , sous le nom deconventa pacta. Ainsi ils obtinrent que le roi ne ferait aucune loi sans le consentement des états; et comme les états étaient tout aristocratiques , il fut établi qu'aucun bourgeois ni paysan ne pourrait posséder des biens territoriaux. Cela se passait au quinzième siècle , époque de la- fédération des communes françaises. Le contraire dte la marche progressive vers la hiérarchie spirituelle s'accomplissait donc en Pologne. L'aristocratie , ga-' gnant toujours du terrain sur l'unité royale* et sur la masse populaire, confirmason droit d'élection royale , et établit que le veto d'un seul seigneur pouvait empêcher de voter une résolution, et suffisait même pour arrêter les délibérations de la diète. Or le consentement unanime de la diète était nécessaire pour toutes les mesures gouvernementales , ainsi que pour les disposL-
MS HlSTOfRE DU TR01SIÊME AGE.
tioDS de familte du roi que ist république avait élu.
On peu i voir là un exemple de ce qu'étaient ces assemblées des peuples païens, d'où on a prétendu faire sortir la fornve des états modernes* Il est évident qu'ici ce n'est que le droit d'une j^uralité^ et même d'une individualité dissociatrice, quldomine tout un peuple ^ au lieu d'une unité directrice 9 conseillée par la réunion des plus hauts dévouemens et des intelligences les plus élevées d'un pays.
Affaiblie par ime constitution qui laissait tant de pr^ au désordre de la force et de l'intelligence « divisée intériair^aaent par les partis féodaux et par les dissidences religieuses, la Pologne tomba au pouvoir des nations unitaires qui l'entouraient et qui s'agrandissaient à ses dépens : déplorable exemple de ce que les meilleurs élémens peuvent amener de sinistres résultats , quand une puissance unitaire et dévouée ne les dirige pas dans la voie de la volonté divine , eu les empêchant de s'immobiliser dans des intérêts temporaires , dont le sacrifice est une des nécessités du progrès r
(SBAPItRE un 3S31