‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 19 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

rielle. Aussi ce mélange des doctrines indiennes avec la science des Koucbis et la force des Kemites , donna-t-il à l'Egypte une grande influence sur le second âge ; et c'est par cette voie que le dogme indien passa pour aller se fondre avec les anciens dogmes de l'Afrique , de l'Europe et de l'Asie.

On voit donc là l'origine des caractères moraux et sociaux des peuples primitifs , qui ont accompli la volonté de Dieu pendant les deux premiers âges de l'humanité , qui se sont écoulés avant le christianisme. Ces caractères venaient essentiellement de la fonction religieuse ou céleste , dont était chargée, dans le centre divin de l'Ararat , la race de laquelle ils sortaient. Chacun de ces peuples avait une part spéciale dans l'élaboration et l'application de la grande loi morale^ révélée par Dieu , au principe des temps , aux premiers êtres à qui il avait donné la parole.

Ainsi toute cette société , cette grande famille formée de ses trois groupes fonctionnels , doués chacun d'essences , de langages , et d'actes pratiques différens , existant chacun comme famille ou comme race, composée d'hommes, de femmes , d'enfans , et d'esclaves mutilés , s'était ré-^ pandue sur le globe au moyen de ses colonies , poussées sans cesse jusqu'aux confins des terres ,

se HISTOIRE DU PRËMIEIt AGE.

à la poursuite du mal. Et dans cette multitude qui ne laissait pas un point terrestre sans un germe social , l'admirable harmonie qui avait présidé dans le centre au départ des migrations, avait imposé à chacun de ces germes la triple division du centre. Mais aussitôt que la colonie était ou se croyait arrivée à son but, des révoltes dissociaient les trois fonctions ; et chacune s'en allait, comme famille ou comme race particulière ou isolée , se constituer dans un centre sédentaire.

Nous devons rappeler , pour faciliter Tintelligence du mouvement social qui se passa dans chacun de ces centres particuliers, à la fin de ce premier âge , ce que nous avons dit de la hiérarchie de la famille primitive : c'est que le père était le seul chef social ; que la femme et l'enfant, ou plutôt les femmes et les enfans, se fondaient en lui comme élémens de son unité sociale , n'ayant d'existence que celle qui leur était donnée par lui comme créateur moral , de volonté que celle qu'il leur inspirait , de but que celui qu'il leur indiquait»

Cela est très important à noter pour comprendre que , tant que les colonies étaient en route , la nécessité du chef moral pour la direction de la marche étant absolue , nul , dans son propre

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intérêt même , ne pedsait à se soustraire à son autorité.

Mais , aussitôt que les chefs-dieux s'arrêtaient et s'enfermaient immobiles dans une enceinte , l'harmonie cessait d'exister entre les membres de la famille : ceux qui étaient restés soumis jus« que là se révoltaient , accusaient le chef de se faire stérile , et , suivant l'expression des traditions, de manger ses enfans. Alors commençait une série de tentatives d'affranchissement , qui amenait nécessairement une division sociale extrême , mais en même temps donnait à chaque groupe particulier, qui se séparait pour s'isoler, une part de liberté morale.

L'expression traditionnelle qui montre le père mangeant ses enfans n'était pas une fiction. On a vu quelle était l'organisation de la famille primitive , composée d'abord de deux parties hiérarchisées : le père , puis la femme et les enfans. Dans cette hiérarchie, le groupe le plus inférieur, formé de fils et de filles, ou de frères et de sœurs procréant entre eux , était la partie sociale impure. Là toute fille devait être purifiée par une première parturition , avant de passer dans un degré supérieur, pour y être fécondée par un chef social plus pur. Le premier né était donc considéré comme entaché de l'impureté delà fille, avant

qu'elle eût expié par le sacrifice de la défloration ; et en conséquence il était sacrifié. Mais, comme il avait déjà reçu, de la génération paternelle, un degré d'organisation physique, sociale, le sacrifice qui lui faisait expier son origine impure , était suivi de l'application du dogme du retour au Père céleste ; et il était mangé par son père (1).

Celte action qui nous parait aujourd'hui une monstruosité, était alors un acte religieux qui faisait rentrer dans le corps social la force régulière qui en était sortie , et qui conservait le produit de - l'acte fécondateur du père , en même temps qu'il donnait la sépulture divine à l'enfant, que le père réabsorbait dans son essence sacrée. Ce n'était donc, on le voit, qu'une application directe de la manière dont ces premiers hommes concevaient l'immortalité de l'âme ; c'est-à-dire comme un retour au Père céleste, dans le but d'être absorbé par lui. Au reste , ce n'était pas seulement l'enfant premier-né qui était ainsi mangé. Tous les

(1) Tous ces faits se retrouvent conservés dans les historiens anciens qui ont parlé des mœurs des anciens peuples de FAsie,. de l'Afrique et de FËurope , et dans les récits des voyageurs qui , de nos jours , ont rapporté les détails sociaux des populations amé- ' ricaines et océaniques. Le sacrifice des premiers nés , la défloration des filles par les étrangers y sont constatés par des faits iiiniables.

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