‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 23 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

les Grâces , les Muses , etc. , sont les trois vierges égales et fédérées.

Si Ton ajoute à ces types nombreux et multipliés à rinfini , puisqu'ils se représentèrent dans chaque désordre qui démembrait des sociétés si peu stables , ces races bâtardes et gigantesques , telles que les Briarées , les Cottus , les Gygas , les Typhon et autres monstres difformes ; si Ton y joint enfin l'affranchissement des esclaves mutilés qui parvenaient quelquefois à échapper à la férocité de leurs maîtres , et qui se constituaient en sociétés indépendantes sous les signes de dieux boiteux , aux pieds liés , aux jambes tordues ; manchots , borgnes , aveugles ou muets ; on sera vraiment effrayé de la multitude d'êtres de natures si diverses , et formant des sociétés se- ■ parées , qui couvrirent la terre. Or dans presque toutes les traditions primitives des peuples on trouve la succession des mêmes faits.

On ne s'étonnera plus alors de la dissolution

qui suivit cette séparation et œtt^ multiplication

. infinie , et qui força des réformateurs à sortir de

ce déluge pour rallier tous ces membres épars du

grand corps humanitaire.

Page 1