CHAPITRE L
groupes sociaux; ou bien ce fur^it trois filles vierges , égides et fédérées pour se partager les fonctioDS du cosme et de la société ; ou bien , enfin , ce fut la vierge armée et intelligente associée à un . pouvoir mâle. Âu^lessous de tous ces sacerdoces stmiés étaient nécessairement, et comme dans toutes les sociétés de cette époque , une seconde race possédée, muUiplicatrice et instrument passif du sacerdoce vierge.
On voit comme se multipliai^at ces petites existences familières à diverses bases morales et dogmatiques , qui allaient se semant sur le sol , divisant la doctrine morale à Tinfinî , et ne pouvant pas manquer de la fausser «
Pour faire bien comprendre cette série d'insurrections logiques , qui se succédaient nécessairement dans la famille divine , fixée par suite du développement de la doctrine morale primitive et de son application à des pratiques indivi* duelles de plus en plus libres » nous donnerons , comme signes de cet affiranchissement des races inférieures, les types de la théologie grecque que chacun connaît. (Voir Hésiode.)
Le père stârile , c'est Kronos ou Saturne : la mère qui s'insurge et s'afi^ranchit en emportant son enfant premier-né, c'est Rhéa et Dios : le fils qui reconnaît et délivre son père, en même temps
qu'il subaltemise sa mère et se pose médiateur entre eux , c'est Dios ou Zeus (Jupiter) : la fille qui s'insurge contre la violence génératrice et devient vierge armée et intelligente, c'est Âthéné ou Minerve : le fils fort, qui s'affranchit pour errer, dans le but de l'accomplissement de la morale par la force , c'est Héraklé ou Hercule.
Mais ce n'était là qu'un seul des petits centres de la Grèce; avant qu'il s'isolât lui-même, la bande coloniale , qui était arrivée dans le pays , s'était déjà sous-divisée plusieurs fois dans ses trois fonctions , qui s'étaient séparées pour aller former autant de petits centres , qui accompliraient à leur tour la révolution familière dont nous venons de parler.
Aussi pouvons-nous trouver facilement , dans la tradition mythique de ces autres centres, des exemples de ces petites constitutions sociales à base femelle dont nous venons de parler. La mère à plusieurs maris , c'est Aphrodite, ou Vénus : la mère à un ou deux enfans , c'est Leto ou Latone avec ses deux jumeaux mâle et femelle , Apollon et Arthemis : c'est Maïa avec son fils Hermès ou Mercure , hermaphrodite ou sans sexe : c'est Déméter ou Gérés et laccbus : Pan est le fils mari de sa mère : la triple vierge est Hécate : les trois Moiras ou parques ; les trois Erynnis ou furies :