CHAPITRE II. n
huttes de roseaux , de joues et d*écorces ; enfin ils élevèrent rencemte de Tyr.
L'autre bande errante et nomade courait lés terres , se couvrant des peaux des bêtes qu'elle tuait en chasse , et dont elle répandait le sang sur des pierres dressées ou des stèles. Ce fut elle qui inventa le moyen de passer Teau sur des troncs d'arbres.
Après cela arriva pour la Phénicie cette période que nous avons dit être celle du fils médiateur entre le père et la mère. Dans cette nouvelle société que fonda un être du nom de Chrisor , on inventa les murailles en briques séchées au soleil , et liées avec du ciment mêlé de paille. Puis cette nouvelle race se divisa en trois fonctions : <:elle des laboureurs , qui firent des enceintes à leurs demeures ; celle des chasseurs de plaine ; et celle des pasteurs de troupeaux qui habitèrent des tentes.
Enfin vinrent pour ce pays, à la fin de cet âge^ les divisions nombreuses de culte. L'un de ces chefs divins , Taaut , inventa les caractères graphiques. Les autres fondèrent les Dioscures , les Kabyres, les Koribantes, et les Samothraces, sacerdoces qui se séparèrent pour se répandre dans les îles voisines, où ils portèrent leur adresse inventive des procédés de fabrication, et leur
science pour la guërison des maladies à l'aide de paroles mystérieuses. — On sait enfin que la nation phénicienne fut célèbre par ses colonies commerçantes.
On voit donc quelle activité prodigieuse fit appliquer par cette race la morale primitive à tous les besoins de la vie , en transformant par le travail matériel et par la purification expiatoire tous les objets qui pouvaient s'utiliser. On trouve là en même temps un exemple remarquable , et de la division en races nomades et sédentaires , et d'une autre distinction plus intime en laboureurs , pasteurs et chasseurs. On y reconnaît ensuite les premiers procédés de construclion et de fabrication pour les temples , les autels , ou les maisons , et pour les instrumens de travail ou de guerre. Enfin on y retrouve l'origine de l'art médical , et Tinvention des signes mnémoniques propres à conserver la mémoire de la morale , du dogme et des actes sociaux. Or c'était la réunion complète de tous les moyens de conservation produits par l'application de la morale à la transformation matérielle.