CHAPITRE II
sîe une race noire à cheveux frisés, qui est dans un état de. dégradation extrême physique et morale. L'anthropophagie y est une pratique habituelle ; le mariage s'y pratique par violence : un jeune homme surprend une fille dans une tribu voisine, la renverse à coups de bâton, la viole, et elle est sa femme. La polygamie y est telle, que des chefs ont de dix à cent femmes, dont plusieurs sont tuées sur le tombeau de leur maître. Elles ne mangent d'ailleurs jamais avec les hommes.
On y trouve trois classes sociales : Tes chefs, et^ parmi eux les prêtres , qui préparent les cadavres humains destinés à être mangés ;
Une classe moyenne, chargée des tributs et des harangues;
Et une classe d'esclaves , possédés quelquefois en très grand nombre par un seul chef.
Le suicide est très fréquent dans toutes les îles de la Polynésie.
Les monumens qu'on trouve chez la race blanche polynésienne, sont des enceintes en bois formant le temple ou moraï , au milieu duquel sont les images des idoles, et la table pyramidale où sont exposées les victimes. Des pyramides trcmquées , formées d'assises en pierres , s'y rencontrent aussi.
La race noire est toujours errante.
Nous ferons remarquer, comme faits à noter particulièrement ea preuves de ce que nous avons dit sur Jes mœurs du premier âge , l'état de la femme dans ces familles de l'Océanie : le mariage par violence et la nourriture séparée; la possession absolue par le mari et son droit de vie et de mort ; le suicide des veuves et la défloration des filles. On voit en même temps la tentative d'affranchissement faite au profit de certaine3 femmes divines , et consacrant la pluralité des maris ; enfin , les deux fils jumeaux de la mère inférieure se retrouvent aussi dans ce sacerdoce nomade, ^pos* sesseur de certains mystères.
C'est sur cette race polynésienne , première émigration indienne , que nous verrons au second âge s'en implanter une autre, connue sous le nom de Malais , dans les îles delà Sonde, tandis que la race ancienne s'y retrouvera sous celui d'Harfours.
x\près avoir retrouvé les caractères originels des trois fractions de la race de Sem qui se sont établies dans les trois contrées dont nous venons de parler, nous allons passer en Afrique pour y rencontrer celle de Cham.