‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 44 sur 187 · Océanie · texte numérisé non relu

Océanie

Nous pa^seronsdoiïc aux nations primitives con* servées dans les îles de la mer du Sud , races bâtardes aussi de Texpansion sémitique, et où nous ^allons trouver des preuves non moins vivantes et nonnioîns significatives de leur origine.

On y rencontre , en effet, une race de dieux terrestres primitifs , perpétuée dans les nobles , possesseurs du sol , qui sont maîtres de deux autres races inférieures , dont Tune comprend les «conservateurs des pratiques et des cérémonies, les fermiers , les conseillers , les guerriers ; et dont l'autre est formée des esclaves , ouvriers qui servent des maîtres.

Le père et la mère ont droit dé vie et de mort sur leurs enfans : les filles sont le plus souvent tuées à leur naissance comme inutiles : les enfans d'une femme inférieure fécondée par un père noble sont sacrifiés.

La fonction de chef est héréditaire ; et, bien que les autres charges et les propriétés soient héréditaires aussi , le chef peut en disposer. Les femmes peuvent gouverner comme les hommes; et même certaines femmes de race divine ont plusieurs

liommes ; car le mari unique possède la femme, et a droit de vie et de mort sur elle ; et personne ne peut avoir ces droits sur ces femmes divines. Les filles sont déflorées avant le mariage : une fois veuves elles doivent ou se tuer, ou ne jamais se i*emarier.

Une association hiérarchique d'initiés, aux^ quels est prescrit le sacrifice de leurs enfans, parcourent ces îles en représentant des rites mystérieux , consistant en danses , cris , musique , et sont maîtres de faire tout ce qu'ils veulent partout où ils passent. Ils ont été institués par deux dieux frères.

Une interdiction expiatoire, appelée tabou, peut être mise sur des individus , des choses , ou des territoires , par le chef ou les prêtres : cette interdiction défend toute communication avec l'objet interdit.

Mais le tabou est perpétuel pour les femmes, quant aux objets offerts aux dieux, et aux alimens de leur père , de leur mari et de leur fils.

Enfin , les traditions conservent le souvenir de la faute d'une femme, qui a nécessité l'institution de cérémonies expiatrices et de jeux; elles gardent aussi la mémoire de la lutte de deux races , sous le nom de deux frères , l'un blanc et l'autre noir.

On trouve en effet dansquelques îlesde la Polyné^

Page 1