CHAPITRE III
«t la conservation de la société : Funité, Faffranohissement et la conservation des êtres d'origine divine : tels étaient donc les principaux buts que devaient atteindre les transformations sociales du second âge.
Or les populations qui n'avaient pas reçu cette seconde révélation divine , au lieu d'amener ces résultats par l'unité spirituelle, comme cela allait arriver dans l'Inde , opérèrent les changemens >qui étaient dans la voie de ces tendances par l'unité de la force.
Au commencement de ce second âge , il y eut en effet une multitude de réformateurs sociaux de diverses espèces , qui , suivant la fonction primitive du corps social au-dessus duquel ils s'élevaient , donnèrent de nouvelles lois, aussi variées dans leurs formes et dans leurs pratiques que l'étaient les dogmes et les besoins de chacune de x^es populations.
Cependant on peut reconnaître deux voies générales par lesquelles s'opérèrent ces changemens. La première fut cejile qui tendait à amener directement l'unité du pouvoir universel par la force guerrière, et qui y parvint par la conquête qui constitua les grandes monarchies : telle fut la marche que suivirent les royaumes de la Babylonie , de la Perse et de l'Egypte , ces fils de
'l^^ HISTOIRE DU PREMIER AGE.
Sem et de Cham. Mais l'impuissance où devait être tout réformateur, qui n'avait pas reçu la nou- Telle parole divine , de modifier le dogme moral des deux principes et celui de la chute, fit que l'ennemi continua à être sacrifié , mutilé , et qu'il en fut de même de l'esclave, possédé absolument comme dans le premier âge.
La seconde voie , au contraire de la première, commença par la sympathie individuelle, et chercha à établir la conservation et la liberté des êtres divins , avant d'arriver à l'unité de pouvoir : aussi ces populations, qui étaient celles qu'avait produites le groupe de Japheth , aboutirentelles à des républiques fédératives. Là , comme dans les monarchies , le dogme moral primitif de la séparation des principes et de la chute , laissa deux races d'origine différente ; l'une , celle des nobles, dans laquelle étaient confondus tous les êtres d'origine divine : l'autre , celle des esclaves d'origine impure , ou prisonniers de guerre , ce qui était la même chose. Mais la sympathie individuelle , qui avait présidé à la réforme, fit abolir plutôt dans ces sociétés les sacrifices humains.
Dans les monarchies de l'Asie et de l'Egypte , les réformateurs furent guerriers , et fondateurs de nouvelles races royales : ces dynasties , qui
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ordinairement étaient humaines et qui succédaient à celles des dieux , donnaient de nouvelles lois aux peuples, dont les mœurs s'adoucissaient. Mais les races héréditaires restaient séparées ^ comme moyen de conservation sociale.
Dans les sociétés fédératives , les réformateurs étaient un des trois êtres anciennement sacrifiés : ou un vieillard qui abolissait les sacrifices sanglans et l'anthropophagie , et parlait un langage mélodieux et doux : ou une femme qui enseignait l'agriculture : ou un être doubl^qui apprenait à cuire les viandes , à se vêtir, à bâtir des maisons, à faire des instrumens de musique : ou un jeune homme inventeur des boissons fermentées qui transportaient au ciel.
Partout , sous l'influence de ces réformes , s'établissaient des initiations, source première de la fusion des races sociales , qui appelaient tous les individus divins à la connaissance des mystères sacrés de la génération universelle , après qu'ils avaient accompli des sacrifices expiateurs.
C'est que là dominait le dogme de la grande mère , génératrice et nourrice universelle, avec sessympathies individuelles, sa pluralité associée, et ses pratiques d'expiation personnelle.
Au contraire , dans les monarchies dominait l'unité mâle avec sa hiérarchie inexorable basée
im HISTOIRE DU l>REMIËR AGE.
sur la séparation et la chute , et son ennemi exterminable ou mutilable.
Aussi ce fut sous l'influence du dogme de la génération universelle de la grande mère , modifié par le dogme indien dfe la migration des anges déchus, après son passage en Afrique, que l'étranger noble parvint, à la fin du second âge, a acquérir un droit social dans la cité sacrée, siège de l'empire romain.
Mais chez aucune de ces populations réformées, monarchiques ou fédératives, la différence main* tenue par le dogme de la chute et le droit de la force entre le maître divin et l'esclave impur, possédé absolument , ne put être abolie.
Ainsi , soit sous l'influence directe de la seconde révélation , qui changeait le dogme moral primitif ; soit sous l'inspiration des réformes partielles qui s'établirent ailleurs, sans modifier l'ancien dogme moral , il se trouva toujours deux races d'origine différente : l'une divine, caste ou raceT; l'autre impure , étrangère ou esclave.
Nous verrons plus tard comment , dans le troisième âge, fut résolue cette difficulté de la division en deux races , dernier obstacle à l'affranchissement de tout individu humain.