CHAPITRE III
Cette société divine devait constamnient rester sur son territoire sacré, et n'en jamais sortir pour aller sur les terres habitées par les Mlechas, ou étrangers , qui n'étaient pas de race divine ; mais comme l'unité spirituelle les faisait regarder comme ayant en eux un esprit purifiable , il était défendu de les sacrifier aux dieux.
Ainsi était abolie , par le fait seul de cette nouvelle doctrine morale, non-seulement l'anthropophagie , mais encore les sacrifices humains , et bien plus tout sacrifice sanglant , puisque tous les êtres avaient un esprit migrateur en eux.
Dans cette société , basée sur cette puissante et rigoureuse organisation matérielle qui prévenait les dangers de l'égalité spirituelle , la doctrine révélée avait donc apporté d'importantes modifications à l'état de tous les individus , qui nonseulement étaient conservés par l'abolition des sacrifices humains , mais encore étaient libres de se purifi€$r pour passer dans des naissances supérieures.
On voit dès lors combien de droits anciens cette loi attaquait dans la famille et dans la hiérarchie des races ; car auciin individu n'était pliis possédé absolument : aucun ne pouvait être sacrifié , ni par conséquent mangé.
Aussi fallut-il bien du temps, bien des luttes
terribles , bien des guerres exterminatrices et séparatrices du bien et du mal , pour amener à bonne fin l'organisation qui découlait de la nou^ velle parole divine.
Nous verrons bientôt les transformations successives que subit la société indienne, et l'influence qu'elles eurent sur la civilisation des autres peuples. Mais avant cela , nous devons indiquer le principe qui présida aux transformations accomplies pendant ce second âge , chez les peuples qui ne furent pas soumis à la révélation indienne, ou qui ne le furent que médiatement.
Nous avons fait voir que la doctrine morale formulée dans l'Inde avait répondu à tous les obstacles , résultats nécessaires de l'application matérielle de la; première révélation. Ainsi elle apportait l'unité spirituelle de tous les êtres : la conservation de l'espèce humaine dans le droit que toutes les races avaient de vivre : l'admission au droit social , par l'origine divine , de la race esclave : la conservation de la femme et de l'enfant comme fonctions secondaires de l'unité de l'homme ; et la conservation du vieillard comme conséquence forcée du droit de vivre que donnait l'unité spirituelle en abolissant les sacrifices ha* mains.
L'unité et la conservation de l'espèce : l'unité