SUR
Georges Guvier ? naquit, le 25 août 1769, à Montbéliard, ville qui appartenait alors au duc de Wurtemberg, mais qui depuis à été réume à la France.
Sa famille était originaire d'un village du Jura, qui porte encore le nom même de Cuvier. A l'époque de la réforme elle s'établit dans la petite prmeipauté de Montbéliard, où quelques-uns de ses membres ont occupé des charges distinguées.
L]lse nommait Léopold-Chrétien-Frédéric-Dagobert. Il ne prit le prénom de Georges que vers l’époque où il commença à écrire.
Le grand-père de M. Cuvier était d'une branche pauvre ; il fut greffier de la ville. De deux fils qu'il eut, le second s engagea dans un régiment suisse au service de France; et devenu, à force de bonne conduite et de bravoure, officier et chevalier de l'Ordre du mérite, 1l épousa à cinquante ans une femme assez jeune, et dont le souvenir sera cher à la postérité, car elle a été la mère de Cuvier et de plus son premier maitre.
Femme d'un esprit supérieur, et mère pleme de tendresse, l'instruction de son fils fit bientôt toute son occupation. Bien qu'elle ne sût pas le latin, elle lui faisait répéter ses leçons; elle le faisait dessiner sous ses veux; elle Iui faisait lire beaucoup de livres d'histoire et de littérature; et c'est ainsi qu'elle développa, qu'elle nourrit dans son jeune élève cette passion pour la lecture et cette curiosité de toutes choses qui, comme M. Cuvier le dit lui-même’, ont fait Ie ressort principal de sa vie.
On remarqua, de bonne heure, dans cet enfant une prodigieuse aptitude à tous les travaux
# Voyez, dans le premier volume de mes Éloges historiques (Paris, 4856), un extrait des Mémoires que M. Cuvicr a écrits sur sa vie. |
SUR GEORGES CUVIER 15 de l'esprit. Tout éveillait, tout excitait son activité.
Un exemplaire de Buffon qu'il trouve, par hasard, dans la bibliothèque d’un de ses parents allume son goût pour l'histoire naturelle. IL s'applique à en copier les figures, et, ce qui révèle encore mieux Jusqu'où va déjà son goût naissant, à les enluminer d'après les descriptions.
L'admission du jeune Cuvier dans l’Académie de Stuttgard fut, pour lui, le premier sourire de la fortune.
Le souverain d'un petit État, Charles, duc de Wurtemberg, semblait s'être proposé de montrer dès lors à de plus grandes nations ce qu’elles pourraient fre pour l'instruction de la Jeunesse. Il avait réuni dans un magnifique établissement près de quatre cents élèves, qui y recevaient des leçons de plus de quatre-vingts maitres. On y formait tout à la fois des peintres, des sculpteurs, des musiciens, des diplomates, des Jurisconsultes, des médecins, des militaires, des professeurs dans toutes les sciences. Il y avait cinq facultés supcrieures : le droit, la médecine, l'administration, l'art militaire et le commerce.
Le cours de philosophie termimé, les élèves de : Stultgard passaient dans une des cinq facultés supérieures. Cuvier choisit l'administration; et le motif qu'il en donne doit être rapporté: « C'est, « dit-1], que dans cette faculté on s'occupait beau- «coup d'histoire naturelle, et qu'il v aurait par « conséquent de fréquentes occasions d'herboriser « et de visiter les cabinets. »
Tout mtéresse dans là vie d'un grand homme:
mais on v cherche surtout ce qui peut jeter quelque jour sur la marche de ses travaux. On voudrait le suivre dans tous les progrès par où il a passé pour changer fa face des serences; on voudrait démêler jusque dans ses premiers pas quelque chose de fa tournure de son esprit et du caractère de ses pensées.
On vient de voir comment, es les prennères figures d'histoire naturelle qui lui tombent entre les mains, notre naturaliste, encore enfant, concoit l'idée de les enluminer d’après les descriplions.
Etant à Stuttgard, un de ses professeurs, dont il avait traduit les leçons en français, lui fait présent d’un Einnwus. C'éluit la dixième édition du
Système de la Nature. Ge livre fut à lui seul, pendant plus de dix ans, toute sa bibliothèque d'histoire naturelle.
Mais, à défaut de livres, 1l avait les objets; et cette étude directe, exclusive, des objets les ui oravait bien mieux dans la tête que s'il avait eu à sa disposition, je me sers de ses propres termes, beaucoup d'estampes et de descriptions.
Cependant toutes ces excursions dans l'histoire naturelle n'avaient pont nui aux études prescrites;
il avait remporté presque tous les prix; il avait obtenu l'ordre de chevalerie, qui ne s'aecordait qu'à cimq ou six parmi tous ces jeunes gens; et, selon toutes les apparences, il devait promptement obtenir un emploi. |
Fort heureusement pour lui, et plus heureusement encore pour l’histoire naturelle, car ces deux destinées sont désormais inséparables, la position de ses parents ne lui permettait pas d'attendre.
Il lui fallut donc prendre un parti: une place de précepteur lui avant été offerte dans une famille de Normandie au moment où il quittait Stutigard, il se hâta de l'accepter, et 1l partit aussitôt pour Caen, où il arriva au mois de juillet 1788, âgé d’un peu moins de dix-neuf ans.
Dès ce moment sa passion pour l'histoire naturelle prit une nouvelle vigueur. La famille d'Hérici, chez laquelle 1l était, alla bientôt résider dans une campagne du pays de Caux, à une petite lieue de Fécamp. C'est là que notre jeune naturaliste passa les années de 91 à 94, entouré, comme il le dit Jui-même, des productions les plus variées que la mer et la terre semblaient lui offrir à l'envi, toujours au milieu des objets, presque sans livres, n'ayant personne à qui communiquer ses ré:
fexions, qui, par là, n'en acquéraient que plus d'énergie et de profondeur.
C'est dès lors, en eflet, que son esprit commence à s'ouvrir de nouvelles routes; c'est dès lors qu à la vue de quelques térébratules, déterrées près de Fécamp, il conçoit l’idée de comparer les espèces fossiles aux espèces vivantes; c'est dès lors que la dissection de quelques mollusques lui sugoère cette autre idée d’une réforme à introduire dans la distribution méthodique des animaux: en sorte que les germes de ses deux plus importants travaux, la comparaison des espèces fossiles aux espèces vivantes et la réforme de la classification du règne animal, remontent à cette époque. |
C'est aussi vers cette époque qu'il faut placer ses premières relations avec M. Tessier !, que les orages de la Révolution retenaient alors à Fécamp, et qui depuis quelque temps y occupait l'emploi de médecin en chef de l'hôpital militaire.
M. Tessier ne put voir le jeune Cuvier sans être frappé de l'étendue de son savoir. Il l'engagea d'abord à faire un cours de botanique aux médecins de son hôpital; 11 éerivit ensuite à tous ses amis de Paris pour leur faire part de l'heureuse découverte qu'il venait de faire; il en écrivit surtout à ses amis du Jardin des Plantes, qui eurent aussitôt l'idée d'y appeler et d'y attacher le jeune Cuvier en qualité de suppléant de Mertrud, alors chargé de l'enseignement de l’analomie comparée.
« Je me suis sans cesse rappelé, dit à cette oc- « casion M. Cuvier, une phrase de M. Tessier dans « sa lettre à-M. de Jussieu : Vous vous souvenez, « disait-1l, que c'est moi qui ai donné Delambre « à l'Académie; dans un autre genre, ce sera aussi Qun Delambre. »
La)
! Dont la longue vice n’a été qu'une suite de travaux utiles et de bonnes actions,
Fontenelle a dit que c'était un bonheur pour les savants, que leur réputation devait appeler à la capitale, d'avoir eu le loisir de se faire un bon fonds dans le repos d’une province.
Le fonds de M. Cuvier était si bon, que quelques mois après son arrivée à Paris, en 1795, sa répulation égalait déjà celle des plus célèbres naturalistes, et qu'en effet, dès cette année même, qui est celle de la création de l'Institut national, il fut immédiatement nommé pour être adjoimt à Daubenton et à Lacépède, qui formaient le novau de la section de zoologie.
Dès l’année suivante, 1l commenca ses cours à l'Ecole centrale du Panthéon *.
En 1799, la mort de Daubenton lui laissa une
! Cours qui nous ont laissé un livre excellent : le Tableau élementaire de l'histoire naturelle des animaux (Paris, an VI). — « L'étude de lhistoire naturelle, qui n'eutrait point dans l’ancien « système de l’enseignement public, ayant été substituée aux par- « Lies de cet enseignement qui n'étaient point d’accord avec les principes du gouvernement républicain, on a senti le besoin « d’un ouvrage élémentaire qui présentàt aux maitres et aux élèves, « d’une manière abrégée, mais solide, l’état actuel de cette science; « et c’est dans cette vue que je me suis déterminé à publier le « précis des leçons que j'ai faites à l’École du Panthéon pendant le «courant de lan V. » (Préface, p. v.)
chaire beaucoup plus importante, celle d'histoire naturelle au Collége de France. Enfin, en 1802, Mertrud étant mort, M. Cuvier devint professeur litulaire au Jardin des Plantes.
M fonctions des secrétaires de l'Institut étaient d'abord temporaires. M. Cuvier fut appelé un des premiers à remplir ces fonctions dans sa Classe ; et bientôt après, en 1805, une nouvelle organisalion de ce corps savant ayant rétabli la perpétuité de ces places, il fut nommé secrétaire perpétuel pour les sciences physiques ou naturelles, à Ia presque unanimité des voix.
Ce fut en cette nouvelle qualité de secrétaire perpétuel qu'il écrivit son beau Rapport sur les progrès des sciences naturelles depuis 1789. Delambre avait été chargé du rapport sur les sciences mathématiques; et chaque Classe de l'Institut dut ainsi en présenter un sur les sciences ou sur les arts dont elle s’occupait.
L'Empereur exprima par un mot heureux la sa- Uüsfaction particulière que lui fit éprouver celui de M. Cuvier. « I'm a loué comme j'aime à l'être, » dit-il. « Cependant, ajoute M. Cuvier, je m'étais
20 NOTICE BTOGRAPHIQUE
« borné à l'inviter à imiter Alexandre, et à faire « tourner sa puissance aux progrès de l’histoire «naturelle, »
À loutes ces occupations d'historien des sciences, de secrélaire perpétuel. de professeur au Muséum et au collège de France, M. Cuvier en Joionait plusieurs autres. 11 avait été nommé membre du conseil de l'Université en 1808, el maitre des requêtes en 1815.
La Restauration s'empressa d'adopter une orande renommée. M. Cuvier conserva sa posilion ; et même 1l ne tarda pas à se voir revêtu de fonctions nouvelles. Nommé successivement consciller d État, président du comité de l'intérieur, chancelier de l'instruction publique, enfin, en 1851, pair de France, l'étendue de son esprit embrassait tous les ordres d'idées et se prètait à tous les senres de travaux.
Il était membre, comme on pense bien, de toutes les Académies savantes du monde; car quelle Académie eût pu omettre d'inscrire un pareïl nom sur sa liste? Et, ce qui est un honneur dont il v a eu peu d'exemples avant Jui, il appartenait à trois
Académies de l'Institut, l'Académie française, celle des Sciences, et celle des Inscriptions et Belles- Lettres.
Sa grande renommée Jui amenait, de loutes parts, tout ce qui se faisait d'observations et de découvertes. C'était d'ailleurs son esprit, c'étaient ses lecons, ses ouvrages qui animaïent tous les observateurs et qui en suscitaient partout, et jamais on n'a pu dire d'aucun homme avec plus de vérité que de lui que la nature s'entendait partout interroger en son nom.
Aussi rien n'est-il comparable à la richesse des collections qu'il à créées au Muséum, et qui toutes ont été mises en ordre par lui. Et quand on songe à cette étude directe des objets qui fut l'occupation principale de sa vie, et de laquelle 1l a fait sortir ant de résultats, on n'est point étonné de ce mot qu'il a répété souvent: « Qu'il ne croyait «pas avoir été moims ulile à la science pàr « ces collections seules que par {ons ses autres
« OUVTASES. »
Quand on songe aux nombreux emplois de M. Cuvier, à tous ses travaux, à tous les ouvrages
92 NOTICE PIOGRAPHIQUE
qu'il a produits, et à l'étendue, à l'importance de ces ouvrages, on est étonné qu un seul homme x ait pu suffire. Mais cet homme avait une curiosité passionnée qui le portait, qui le poussait à tout ; une mémoire dont l'étendue tenait du prodige; une facilité, plus prodigieuse encore, de passer d'un travail à un autre, immédiatement, sans effort : faculté smgulière, et qui peut-être a plus contribué que toute autre à multiplier son temps et ses jorces.
D'ailleurs, aucun homme au monde ne s'était jamais fait une étude aussi suivie, et, si je puis ainsi dire, aussi méthodique, de l'art de ne perdre aucun moment.
Chaque heure avait son travail marqué ; chaque travail avait un cabinet qui lui était destiné, et dans lequel se trouvait tout ce qui se rapportait à ce travail: livres, dessins, objets. Tout étail préparé, prévu, pour qu'aucune cause extérieure ne vint arrêter, retarder l'esprit dans le cours de ses méditations et de ses recherches.
M. Cuvier avait une politesse grave, el qui ne se répandait point en paroles; mais 1} avait une
bonté intérieure et une bienveillance qui allaient droit aux actions. On aurait dit qu'en ce genre 1 eraignait aussi toute perte de temps.
Georges Cuvier est mort le dimanche 13 mai
Du livre intitulé : Le règne animal distribué d’après son organisation,
POUR SERVIR DE BASE À L'INSTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX, ET D'IATRODUCTIO\ A L'ANATOMIE COMPARÉE 1.
L'histoire naturelle a proprement deux objets : l'un, de faire connaître les êtres de la nature pris en eux-mêmes ; l'autre, de faire connaitre les rapports de ces êtres comparés entre eux.
Le premier point serait donc d'avoir le cata-
! La première édilion est de 4817. La seconde est de 4899,
logue complet des êtres de la nature; le second point serait d'en avoir une classification exacte.
Or, cette vaste et double entreprise du cataloque et de Ia elassification des êtres, Linnæus est le premier des hommes qui l'ait tentét; et c'est là ce qu'il à rendu si célèbre sous le nom de Système de la nature. Le Système de la nature de Linnæus nasans doute été qu'une ébauche ; mais une naion qui reprendrait aujourd'hui l'ébauche de Linnæus, et qui la reprendrait avec les movens de lout genre, matériels et scientifiques, qui se sont accumulés depuis ce grand homme, cette nation élèverat à l'histoire naturelle un monument capable de caractériser et d'immortaliser à lui seul une nation et un siècle.
Voie du moins un ouvrage qui, pour la x00lojie, laissera peu à faire, sinon comme catalogue complet des animaux, du moins comme classification exacte, et comme détermination précise du plus grand nombre de leurs espèces.
A vouloir pénétrer un peu dans le détail du livre que j'analyse, ce serait la matière de vingt chapitres, et non d’un seul. Je me bornerai donc à quatre points principaux, savoir : Ja dis-
tribution générale du règne animal, laquelle montrera mieux que tous les détails l'étendue de la nouvelle réforme; la formation des genres, faits avec un tel art que leurs sous-genres ne comprennent que des organisations parfaitement conformes ; l'exposition des caractères, qui, par cet art même qui à présidé à la formation des genres , ont pu être exprimés avec une brièveté dont on n'avait point encore d'exemple; enfin la critique, la détermination, la distinction précise des espèces, lesquelles font toujours, comme chacun sait, l'objet définitif de l'histoire naturelle d’un règne quelconque.
Linnæus partageait le règne animal en six classes : les quadrupèdes, les oiseaux, les reptiles, les poissons, les insectes et les vers. Ajoutez que toutes ces classes, regardées comme étant de même ordre, c'est-à-dire comme étant séparées les unes des autres par un même intervalle, se réunissaient en deux grandes divisions, celle des animaux à sang rouÿe et celle des animaux à sang blanc, ou, comme Îles a dénommées plus tard M. de Lamarck, celle des animaux vertébrés et celle des animaux sans vertèbres : deux grandes divi-
28 ZOOLOGTE.
sions regardées encore comme étant de même ordre, ou comme équivalant l'une à l’autre.
Ainsi, une première coupe partageait le règne animal en deux grandes moitiés supposées pareilles : les animaux à sang rouge ou à vertèbres; el les animaux à sang blanc ou sans vertèbres; et une seconde coupe partageait ces deux moitiés en six classes, supposées pareilles encore : les quudrupèdes, les oiseaux, les reptiles, les poissons, les insectes et les vers.
D'ailleurs, aucune limite précise ne circonscrivait ces classes ; les cétacés se trouvaient parmi les poissons ; les poissons cartilagineux parmi les replies ; les crustacés, les vers articulés, tous animaux qui ont une vraie circulalion, se trouvaient parmi les insectes qui n'en ont point; et les vers intestinaux, les polypes, les infusoires, les mollusques, jusqu'à des poissons même, se trouvaient réunis et confondus dans la classe des vers, la dernière et la plus informe de toutes.
Cette classe des vers était, en effet, ce qui avai été le moins étudié. On n'avait que quelques observalions éparses de Swammerdamm, de Redi,
de Monro sur la seiche, de Pallas sur les aphrodites et les néréides, elc. Aussi, dans la classe de Linnæus, l'actinie, qui est un z0ophyte, se trouvait à côté de l'ascidie, qui est un mollusque ; la méduse se trouvait éloignée de l'astérie, qui pourtant est une méduse, ete.
Dans cette classe des vers, Linnæus avait donc mis la confusion partout, et Bruguières la laissa partout où Linnœus l'avait mise. On songeait encore si peu à consulter l'intérieur de l'organisalion de ces animaux, que ce dernier auteur, par exemple, prenant pour mollusques tout ce qui n’a pas de coquilles, en sépare, sous le nom de testacés, tout ce qui a des coquilles, comme si le petit caractère extérieur d'avoir des coquilles empèchait les testacés d’être de vrais mollusques par toute leur nature ou organisation interne.
Ce fut en 1795 que M. Cuvier fit remarquer l'extrême différence des êtres confondus dans cette classe, et qu'il les sépara nettement les uns des autres, d'après un examen détaillé el d'après des caractères puisés dans leur organisation même.
Cet examen détaillé produisit une nouvelle distribution générale des animaux à sang blane en
six classes : les mollusques, les crustacés, les vers. les ensectes, les échinodermes et les zoophytes.
De cette nouvelle distribution des animaux à sang blanc date la révolution de la zoologie.
Plus tard, M. Cuvier rapprocha les crustacés des insectes, à cause de la symétrie commune de leurs parles, et de la structure articulée, pareiliement commune, de leurs membres et de leur corps; il sépara les annélides ou vers à sang rouge des vers intestinaux, car 1l fit voir que les premmers ont une vraie circulation, un système nerveux distinct, un corps articulé, tandis queles autres n'ont n1circulation, ni système nerveux distinct, n1 corps proprement articulé. Il montra que les mollusques, qui ont une organisalion si riche, un cerveau, des veux, et des veux souvent très-compliqués, quelquelois des oreilles, toujours des glandes sécrétoires nombreuses, une circulation double, etc., devaient d'abord être élevés fort au-dessus des polypes et des autres z0ophytes, dont la plupart n'ont pas même des organes distincts, et à côté desquels on les avait pourtant si longtemps laissés, el ensuite que l'ensemble de ces mollusques formait un groupe qui, par l'umportance de ses caractères
“énéraux el par le nombre des espèces qui le composent, répondait non à telle ou telle classe ou frachion des vertébrés, mais à tous les vertébrés joints ensemble; et, reprenant alors chacune des orandes masses du règne animal, 1l vit que presque aucune des divisions générales, jusque-là admises, ne pouvait plus subsister, du moins avec les attributions et les limites qu'elle avait jusque-là reques.
Par exemple, on opposat les œumuux vertebrés aux animaux sans vertèbres, comme si ces deux divisions eussent été de mème ordre: on appelait également du nom de classe, et l'ensemble des mollusques et une fraction quelconque des vertébrés, comme si, en effet, l'ensemble des mollusques n'eût équivalu qu'à une fraction ou subdivision des vertébrés, ete.
Assurément, depuis que l'organisation si variée des animaux sans vertèbres élait enfin connue, personne ne pouvait plus prétendre qu'il n’y eût, entre tous ces divers animaux, infiniment plus de différences qu'il n'y en a d'un vertébré, quel qu'il soit, à un autre. Or, si de ces deux divisions, l'une comprenait des structures infiniment plus variées
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que l’autre, l'une n'équivalait donc pas à l'aure, elles n'élaient donc pas de méme ordre, elles ne devaient donc pas être appelées de même 111111: AMRE
De même, depuis que l'organisation des mollusques était connue, on ne pouvait plus prétendre qu'il n'y eût, entre tous ces animaux, beaucoup plus de différences qu'entre les animaux d'une seule classe de vertébrés ; et par conséquent encore, puisqu'il n'y avait pas parité entre les êtres compris dans ces deux divisions, 1l n'y avait doncepas parité de division, 1l ne devait pas v avoir parité de nom.
Mais ce n'était pas tout. À comparer toujours les structures, et à se régler par elles, il n’était pas moins évident que les crustacés réunis aux insectes, el ces deux groupes à celui des vers à sany rouge ou articulés, formaient, par leur importance, par le nombre de leurs espèces, par leurs struclures si essentiellement diverses, une troisième division pareille ou à celle des vertébrés ou à celle des mollusques, et que tous les autres animaux, réunis dès lors sous le nom de x0ophytes, en formaient une quatrième, pareille à chacune des trois précédentes.
Considéré sous ce nouveau point de vue, le règne animal offre donc quatre grandes divisions ou embranchements : celui des vertébrés, celui des mollusques, celui des articulés, et celui des +00phytes.
Chacun de ces embranchements est formé sur un plan particulier, distmet, c'est-à-dire qui ne se laisse point ramener à celui des autres; et ils sont tous pareils les uns aux autres ou de même ordre, cest-à-dire que les êtres qu'ils renferment offrent, dans leur structure, des ressemblances ou des différences pareilles ou équivalentes.
Ainsi les vertébrés ont leur plan; les mollusques ont leur plan; les articulés, les 30ophytes, ont le leur; et tous ces plans sont également circonscrits, C'est-à-dire qu'aucune nuance, qu'aucun intermédiaire, qu'aucun lien, ne peut faire passer de l’un à l’autre sans rupture, sans hiatus, sans saut.
Une sorte de circonvallation les sépare. On peut aller, par des modifications plus ou moins graduées, de l’homme, considéré dans son organisation aux autres mammifères, des mammifères aux oiseaux, des oiseaux aux reptiles, des reptiles aux
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poissons ; imais, des poissons aux mollusques, des mollusques aux articulés, des articulés aux 200- | phytes, 1 n'y a plus de nuance, de gradation, de passage. Tout à coup le plan change, et une nouvelle forme se montre; mais, prise en elle-même, cette nouvelle forme, ce nouveau iype, est également constant, dominant, uniforme : tous les mollusques répètent aussi exactement leur type, le Lype mollusque, que les vertébrés, les articulés, les +00phytes, répètent le leur, le type vertébré, articulé où z0ophute.
Dans la chaîne nnmense des êtres du règne ant mal, 1} y a donc quatre grandes formes, quatre. grands {types ; el il nv en a que quatre.
Ce grand fait, le plus élevé de tous, est également beau, soit qu'on le considère du côté par lequel 11 montre qu'à quelques modifications secondaires près tous les animaux rentrent exacienent dans l'une ou l'autre de ces grandes formes, soit qu'on le considère par le côté qui montre qu'entre chacune de ces grandes formes il n'y a nulle nuance, nul degré, nulle forme intermédiaire.
Les vertébrés seuls ont une moelle épinière,
long cône médullaire duquel partent les nerfs, el qui s'épaissit, à son bout antérieur, pour former l'encéphale; seuls ils ont un double système nerveux, celui de la moelle épinière et celui du grand sympathique ; seuls 1ls ont un canal composé de vertèbres osseuses où cartilaoineuses. Mais tous ont cette moelle épinière, ce grand sympathique, ces vertèbres; ils ont tous des sens au nombre de cinq, des màchoires au nombre de deux et horizontales, le sang rouge, un cœur musculaire, un système de vaisseaux chyvltères et absorbants, un foie, une rate, un panrcréas, des rems, ete. En un mot, plus on examine toute leur organisation, plus on leur trouve de ressemblances.
Mas plus aussi on leur trouve de différences avec tous les autres embranchements. Les mollusques, par exemple, ont bien encore un cerveau, quoique infiniment réduit; mais ils n’ont plus de moelle épinière, et par suite plus de vertèbres : 1ls n ont plus de grand sympathique; et leur système nerveux unique, au lieu d'être placé au-dessus du canal digestif, comme dans les vertébrés, est toujours placé, au contraire, sauf le seul ganglion qui représente le cerveau, au-dessous de ce canal,
et relégué parmi les viscères ; enfin, ils n’ont mi vrai squelette, ni vaisseaux absorbants, ni rate, ni pancréas, mi veine porte, ni reins; l'organe de l’odorat manque à tous; celui de la vue à plusieurs; une seule famille possède celui de l'ouïe, ete.; mais 1ls ont tous un système complet et double de circulation, des organes respiratoires circonscrits, un foie, etc. En un mot, si, par le nanque de moelle épinière, de vertèbres, de squelette, de grand sympathique, etc., ils diffèrent essentiellement des vertébrés, ils semblent, par la richesse de leurs organes vitaux, par leur double circulation, leur respiration, leur foie, etc., venir immédiatement après eux, et mériter de former ainsi le second des quatre embranchements du règne animal.
Le troisième, ou celui des articulés, ne diffère pas moins de celui des mollusques que ceux-c1 ne diffèrent des vertébrés. Les animaux de cel embranchement ont un petit cerveau comme les mollusques, et ce petit cerveau est aussi placé sur l'œsophage ; mais, ce qui manque aux mollusques, ils ont une sorte de moelle épinière, composée de deux cordons qui règnent le long du ventre et s'y unissent d'espace en espace par des nœuds ou gau-
olions, d'où partent les nerfs; et toutefois cette moelle épinière, qui les éloigne des mollusques, ne les rapproche pas des vertébrés, car, à l'inverse de celle des vertébrés, loujours placée au-dessus du canal digestif, elle est toujours placée au-dessous. Par une inversion opposée, le cœur, qui est au-dessous de ce canal dans les vertébrés, est audessus dans les articulés; et ce que je viens de dire de-:eur moelle épinière peut se dire de leur squelette, quand ils en ont : c'est que ce squelette, tout en les éloignant des mollusques, nest pas un trait qui les rapproche des vertébrés; car, à l'inverse de celui des vertébrés, qui est intérieur et recouvert par les muscles, 1l est extérieur et recouvre les muscles. En un mot encore, les traits qui séparent les articulés des mollusques sont essentiels, profonds, sont de ces traits qui décident de la nature des êtres : et les traits qui semblent les rapprocher des vertébrés ne les en rapprochent qu'en apparence.
Le quatrième embranchement n'offre pas des caractères moins circonscrits, moins déterminés que les {rois autres. Le premier de ces caractères est que toutes les parties y sont disposées autour d'un centre comme les ravons d'un cercle ; le se-
58 ZOOLOGTE.,
cond est la dégradation, la simplification successive de leur structure. Du premier caractère vient le nom d'animaux rayonnés, où d'animaux dont loutes les parties sont en rayons, en étoile; et du second vient celui de zoophytes, où d'animaux plantes, d'animaux qui, par la simplicité de leur organisation, se rapprochent le plus des plantes.
Ainsi le règne animal a quatre grandes formes, quatre grands tvpes : le type vertébré, le type arliculé, le tvpe de masse ou mollusque, le type rayonné ou d'étoile; et l'on reconnait bientôt, pour peu qu'on y rélléchisse, que chacune de ces formes générales du corps dépend de la forme même du système dominant de l’économie, c'est-à-dire du systène nerveux. |
Les animaux vertébrés ont un tronc de chaque côté duquel se rangent symétriquement toutes leurs parties; c'est que leur système nerveux forme un cône médullaire central de chaque côté duquel partent, en ordre symétrique, les nerfs de toutes ces parties. Les mollusques ont un corps en masse : c'est que leur système nerveux n'a qu'une disposition confuse; le corps des articulés reprend plus de symétrie, mais c'est que leur système ner-
CLASSIFICATION DU RÈGNE ANIMAL. 39 veux en à déjà repris ; ce corps est articulé à l'extérieur, c'est que le système nerveux l'est à l'intérieur; enfin, et jusque dans les animaux rayonnés, les derniers vestiges du système nerveux qu on distingue encore dans quelques-uns ont cette même forme éloilée qu'affecte leur corps entier.
La forme du système nerveux détermine donc la forme de tout l'animal, et la raison en est simple : c'est qu'au fond le sysième nerveux est tout l'animal en effet, et que tous les autres systèmes ne sont là que pour le servir et l’entretenir. I n'est donc pas étonnant que, la forme de ce système restant Ia même pour chaque embranchement, la forme générale de chaque embranchement reste la même, et que, cette forme changeant d'un embranchement à l'autre, la forme de chaque embranchement change.
L'unité, la multiplicité de forme du système nerveux, voilà ce qui décide de l'unité, de la multiplicité des formes du règne animal. En d'autres termes, ce dont chaque type, pris en lui-même, lire, Si je puis ainsi dire, son litre d'unité, d'unijormité, c’est le système nerveux; et c'est encore du système nerveux que les divers types, compa-
40 ZOULOGIE.
rés entre eux, tirent leur titre de distinction et de différence.
Le système nerveux ne varie donc, du moins dans sa forme générale (car il ne saurait être queslion 101 de ses variations secondaires), que d'un type à l’autre. Tous les autres systèmes, placés au-dessous de lui, varient dans chaque type; mais leur variation est toujours graduée d’après leur importance, et c'est encore ici l'une des plus belles lois de l'économie animale.
On peut déterminer d'avance quelle sera la variaon d'unorgane donné, d'après sa seule importance connue ; et l'échelle graduée de ces variations, pour les divers organes, est ce qu on nomme la subordination des caractères, laquelle n’est donc que l'expression de la subordination même des organes.
Or, nous venons de voir que les modifications du système nerveux donnent les premiers groupes, les premières divisions ou les embranchements ; les modifications des organes de la circulation et de la respiration, lesquels viennent immédiatement après le système nerveux par leur importance, donneront donc les premières subdivisions ou les classes.
Les animaux vertébrés offrent ou une respiration complète, mais simple, et une cireulalion double, ce qui est le cas des mammufères ; ou une respiration et une circulation doubles, ce qui est le cas des oiseaux; ou une respiration simple, mais complète, puisqu'elle est toujours aérienne, combinée avec une circulation simple, ce qui est le cas des reptiles; ou une circulation double, combinée avec une respiration incomplète, c'està-dire aquatique, ce qui est le cas des poissons. Les animaux vertébrés se parlageront donc, d'après leurs organes de la circulation et de la respration combinés, en quatre classes : les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons.
De même pour les moilusques : les uns ont trois cœurs, les autres deux, les autres un; de ces cœurs, il y en a qui n'ont qu'un seul ventricule et une seule oreillette; d'autres, un seul ventricule et deux oreillettes; d'autres, un seul ventricule sans oreillette, cte.; enfin, certains mollusques respirent par une cavité pulmonaire, d'autres, par des branchies, etc.; et l’on conçoit que la combinaison de toutes ces variations des organes cireulatoires et respiratoires nous donnera les classes des mollusques, comme elle nons à donné les clas-
ses des vertébrés. Ces classes des mollusques, ainsi déterminées, sont au nombre de six : les céphalopodes, les gastéropodes, les acéphales, les ptéropodes, les brachiopodes et les cirrhopodes.
La combimaison des organes qui noës dirigent nous donnera de même, et même d’une manière bien plus tranchée encore, la subdivision du troisième embrunchement en quatre classes : les annélides, dont le sang est rouge, comme celui des vertébrés; les crustacés, dont le sang est blane, comme celui de tous les autres animaux sans vertèbres, qui, de plus, ont un cœur placé dans le dos, etc.; les arachnides, qui n'ont plus, pour cœur, qu'un simple vaisseau dorsal qui envoie des branches artérielles et en reçoit de vemeuses; et les insectes, qui n'ont plus de vaisseaux du tout, ni artères, ni veines, qui m'ont qu'un vestige de cœur, el dont la respiration ne se fait plus par des organes cu‘conscrits, mais par des frachées ou vaisseaux élastiques répandus dans tout le COrpS.
Dans cet embranchement des articulés S'observe done le passage des animaux qui ont une circulalion à ceux qui n'en ont point, et le passage cor-respondant de ceux qui respirent par des branchies
circonscriles à ceux où les trachées distribuent l’air à toutes les parties.
C'est dans le quatrième embranchement, ou celui des zoophytes, des rayonnés, que s observe la disparition, la fusion graduée et successive de tous
les organes dans la masse générale. Ainsi quel- ques-uns de ces animaux ont encore des vaisseaux clos, des organes de respiration distinets, etc.; d'autres, qui n'ont plus ni de pareils vaisseaux pour la circulation ni de pareils organes pour la respiration, ont encore des intestins visibles; ce nest que dans les derniers que tout semble se réduire à une pulpe homogène; et c'est sur ces divers degrés de complication de leur structure que se fonde leur subdivision en cimq classes : les échinodermes, les vers intestinaux, les acalèphes, les polypes et les infusotres.
Le système nerveux avait donné les embranchements; les organes de la circulation et de la respiration combinés donnent les clusses; et ces classes, compartes entre elles, ne sont pas moins circonseriles, pas moins closes, que les embranchements, comparés entre eux. |
J'n y a pas plus, toute proportion gardée, de
passage d'une classe à l’autre que d’un embranchement à l’autre. Entre un mammifère et un oiseau, entre un oiseau et un reptile ou un poisson, 11 y à un intervalle, un hiatus aussi marqué, quoique moins profond, qu'entre un vertébré et un mollusque, un mollusque et un articulé, un articulé et un xoophyte. 11 v à des mammifères qui volent (la chauve-souris), À v en à qui nagent (les cétaces); mais ces exemples-là même montrent qu'entre un mammifère et un oiseau, entre un mammifère el un poisson, cest tout autre chose que la petile circonstance de nager ou de voler qui fait la différence : une modification des pattes, une modificalion de la queue, ont suffi pour faire voler la chauve-souris, pour faire nager le cétacé ; mais, entre un mammifère el un oiseau, entre un mammifère et un poisson, ce n'est plus de simples modifications pareilles qu'il s’agit, c’est tout l'essentiel de l'être qui a changé.
On aurait beau se rejeter sur la composition, et vouloir y trouver cette unilé générale que n'a pas le plan : l'unité de composition change plutôt que l'unité de plan.
Ainsi, parmi les mammifères, plusieurs ont une clavicule, et d'autres n’en ont pas; quelques-uns
ont au-devant du bassin un os particulier, appelé os marsupial, et il n'y à rien de pareil dans la plupart; le plus grand nombre a quatre membres;'et les cétacés n'en ont que deux, etc. ; ainsi, parmi les reptiles, quelques-uns, comme les couleuvres, ont plusieurs centaines de vertèbres, et d’autres n'ont que neuf vertèbres, comme la grenouille ; il v en à qui ont quatre membres, comme les lézards, et d'autres qui n’en ont point, comme les serpents, ele. Rien ne varie donc plus que l'unité de composition, c'est-à-dire que le nombre des matériaux.
Au contraire, l'unité de plan subsiste beaucoup plus. Par exemple, 1l y a des mammifères qui ont une clavicule complète et d’autres qui n'en ont point; mais, entre les uns et les autres, on peut placer des mammifères qui ont un vestige de clavicule. Les cétacés manquent d'extrémités postérieures, mais ils conservent un veslise de ces extrémilés dans deux petits os suspendus dans les chairs ; l'orvet, qui est un lézard sans membres apparents, conserve un vestige de ces membres caché sous la peau, etc.; et tous ces vestiges sont autant de preuves qui témoignent du plan primitif,
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de l'unité de ce plan, de la tendance profonde qu'il a à se reproduire.
Mais ce ne soul pas des passages : {out au contraire; car, après les mammifères, qui n'ont pas de clavicules, viennent les oiseaux, qui en ont deux de chaque côté, ou quatre; après les cétacés, qui n'ont pas de membres postérieurs, viennent les oiseaux chez qui ces membres ne manquent jamais, etc. Enfin, si jamais quelque chose à pu fare croire à un passage d'une classe à une aure, c'est assurément ce qui se voit dans certains reptiles, les batraciens, qui, pendant une partie de leur vie, respirent par des branchies, et qui, pendant l'autre partie, respirent par des poumons. On pouvait croire, en effet, que ces branchies par lesquelles l'animal respire dans le jeune âge, sont le mème organe que ces poumons par lesquels il respire dans l’âge adulte; et qu'amst on avait là un organe qui, par une simple modification, serait passé de l’état d'organe de poisson à l'état d'organe de reptile ; mais 1l n'en est rien. Les batraciens ont, en même temps, pendant tout leur jeune âge, des branchies et des poumons; el d'autres reptiles, tels que les sirènes et les protées,
CLASSIFICATION DU RÉGNE A NIMAL. Yi
conservent, pendant toute leur vie, ce double appareil intérieur et extérieur de respiration, el rien ne montre plus clairement que l'un de ces appareils n'est pas l'autre, que l'un ne se transforme pas en l'autre, qu'il n'y a point passage de l'un à l’autre.
On à vu comment le système nerveux donne les embranchements, comment les organes de la ceulation et de la respiration donnent les classes; on conçoit que des organes, de plus en plus subordonnés, donneront successivement les ordres, les familles, les tribus, les genres, les sous-yenres, en un mot, tout l'échafaudage de la méthode.
Ainsi, pour les mammifères, par exemple (car il serait trop long de suivre le déroulement de la méthode dans toutes les classes), Les organes combinés du toucher et de la manducation partagent celle classe en neuf ordres : l'homme, qui a les trois sortes de dents (imolaires, canines et incisives), et qui a le pouce opposable aux deux extrémités antérieures seulement; les quadrumanes, qui ont les {rois sortes de dents aussi, et, de plus, le pouce opposable aux quatre extrémités: les
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