‹ Histoire des travaux de Georges CuvierChapitre 7 sur 94 · GS Z00LOGIE · texte numérisé non relu

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suspendu dans les chairs du ventre, ou que les hageolres ventrales manquent; et, quant aux acanthoptérygiens, comme 1ls lui paraissent tous se lier les uns aux autres par des rapports suivis, M. Cuüvier n'en forme qu'un seul ordre, si vaste, 11 est vrai, qu'il renferme plus de poissons, à lui seul, que tous les autres ordres ensemble.

Ainsi les poissons cartilagineux où chondrop- Lerygiens, divisés en deux ordres : les sturioniens, d'une part, les plagiostomes et les cyclostomes, de l'autre; Îles poissons anomaux, divisés aussi en deux ordres : les lophobranches et les plectognuthes; les malucoptérygiens en trois : les subbrachiens, les abdominaux, les apodes ; et Tes acanthoptérygiens ne formant qu'un seul grand ordre : voilà les huit ordres, ou groupes principaux, dans lesquels M. Cuvier distribue ensuite par familles, par genres, par sous-genres, € est-à-dire par groupes de plus en plus circonserits, toutes les espèces de poissons connues.

11 y a loin sans doute de cette classification, si rigoureusement exacte dans toutes ses parties, à ces erreurs singulières d’Artedi, qui mêlait les cé-

HISTOIRE NATURELLE DES POISSONS. 69 lucés aux poissons ; de Linntæus, qui mêlait les poissons cartilagmeux aux reptiles ; de Lactpède, qui fondait, sur l’absence des opercules, un ordre entier de poissons qui tous avaient ces opercules, etc.

Et toutefois, considérée en soi, el indépendamment de toute comparaison avec celles qui l'ont précédée, on ne saurait guère la regarder que comme un essai provisoire. Une classifica- Hon qui laisse dans un seul ordre, celui des acanthoptéryyiens, plus des trois quarts des poissons connus, plus de quatre nulle poissons sur cinq ou six mille, n'est presque plus une clas: sification ”.

Les vues qui ont présidé à [a formation des genres et des familles sont, de tout l'ouvrage, la partie la plus nette, la mieux conçue, celle qui appelle le plus l'attention des naturalistes.

L'histoire de chaque famille commence par un examen général des espèces qui la constituent, el

{ J'en faisais un jour la reusarque à M. Cuvier, qui me répondit : « Cela est vrai; j'en ferai très-probablement une autre « avant la fin de mon livre. »

fil ZOOLOGIE.

des genres, où familles plus cireonscrites, en lesquels ces espèces sy répartissent. Puis vient l’histoire des genres, en commençant par le plus connu, par celui qu'on peut regarder comme le type de la famille; et puis l'histoire des espèces, en cominençant toujours par l'espèce la plus connue, par celle qu'on peut regarder comme le {ype

du genre.

Ainsi, par exemple, dans les percoïides, l'Insloire de la famille commence par les perches proprement dites, qu sont le type de la famille; el, dans les perches proprement dites, l'histoire du senre commence par la perche ordinaire, qui est le type du genre. Et, dès ces premiers pas, se montre la vue générale qui domine l'ouvrage entier.

Cette vue consiste à chercher des espèces à formes tranchées : ces espèces sont comme des types ; à grouper autour de ces types toutes les espèces que l'ensemble de leur organisation en rapproche : ces groupes sont les genres; à her ensuite les genres les uus aux autres, comme on a lié les espèces entre elles : et ces genres, aimsi rapprochés, ce sont les familles.

La perche ordinaire donne le genre des perches, et le genre des perches donne la famille des percoides; le maigre, ou sciène proprement dite, donne le genre des sciènes, ct le genre des sciènes donne la famille des sciénoïdes, ete., etc.

Et c'est toujours cette vue des analogies graduées qui, dans chaque famille, assigne Ta place des genres, des sous-genres, de toutes les espèces. On voit ainsi les perches, qui reproduisent la perche commune, venir après elle: les bars, les varioles, qui reproduisent les perches, venir après les perches; à ces modifications immédiates, on voit succéder des modifications de plus en plus marquées, les serrants, les diacopes, ete.; puis les trichodons, auxquels 1} faut joindre les sillago ; puis les myripristis, les holocentres ; puis les uranoscopes, les vives ; puis, mais déjà à un certain intervalle, les sphirènes ; et enfin, mais à un intervalle plus grand encore, les polynèmes ; et avec celles-ci on voit finir la famille des percoïdes, ou, en d’autres termes. les espèces qui reproduisent, ‘out en le modifiant plus ou moins, et toujours de plus en plus, le type des premières et véritables perches.

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