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On n’en connaît que deux : l’aï et l’unau

5. Ün les a nommés sarigues, opossums, cayopolins, etc.; une espèce est la mannose : tous sont d’Amérique.

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des continents ne se trouve dans l’autre \ » Je dis particulièrement V Amérique du Sud. En effet , il n’en est pas absolument de même pour l’Amérique du Nord. L’Amérique du Nord a quelques espèces de l’ancien continent : le renne, l’élan , le ioup2, le castor, par exemple; mais, d’abord, ces espèces communes sont en très petit nombre; en second lieu, les deux continents, séparés au midi par des mers immenses, se rap-

1. Tome IX, page 96. « Les animaux des parties méridionales de chacun des continents n’existent point dans l'autre. »

( Tome IX, page 96 ). «... 11 en est de même de tous les autres animaux des parties méridionales de notre continent : aucun ne s’est trouvé dans les parties méridionales de l’autre. J'ai démontré cette vérité par un si grand nombre d’exemples, qu’on ne peut la révoquer en doute. » (Tome V, page 176. Suppléments). « Aucun des animaux de l’Amérique méridionale ne ressemble assez aux animaux des terres du midi de notre continent, pour qu’on puisse les regarder comme de la même espèce ; ils sont, pour la plupart, d’une forme si différente, que ce n’est qu’après un long examen qu’on peut les soupçonner d’être les représentants de quelques-uns de ceux de notre continent. Quelle différence de l’éléphant au tapir, qui cependant est de tous le seul qu’on puisse lui comparer, mais qui s’en éloigne déjà beaucoup par la ligure, et prodigieusement par la grandeur ; car ce tapir, cet éléphant du Nouveau-Monde, n’a ni trompe ni défenses, et n’est guère plus grand qu’un âne. Aucun animal de l’Amérique méridionale ne ressemble au rhinocéros, aucun à l’hippopotame, aucun à la girafe ; et quelle différence encore entre le lama et le chameau, quoiqu’elle soit moins grande qu’entre le tapir et l’éléphant !•»( Tome V, page 178, Suppléments).

Le loup commun ou proprement dit.

prochent beaucoup vers le nord; on peut donc croire, avec Buffon , que les espèces communes en ce point aux deux continents ont passé de l’un à l’autre.

Chaque continent, ou, si l’on veut plus de rigueur, chaque midi des deux continents a donc sa population distincte, sa population propre : c’est là le beau, le grand fait que Buffon a su révéler à l’admiration des naturalistes. Et les naturalistes ordinaires, les naturalistes contemporains ont eu beau contredire : plus on a étudié, plus on a approfondi ces grandes questions , plus on s’est livré à des recherches, à des comparaisons exactes, plus on s’est convaincu que Buffon avait eu raison : il avait vu de haut, il avait vj! avec génie ; et, cette fois-ci encore, la vue haute, la vue de génie s’est trouvée la vue juste.

Chose remarquable , il n’est pas une erreur de détail échappée à Buffon dont on n’ait voulu tirer parti pour combattre sa belle loi , et il n’est pas une de ces erreurs qui, complètement corrigée, ne soit venue confirmer cette loi par un fait nouveau.

On ne connut d’abord d’animaux à bourse que les sarigues , que les animaux à bourse d’Amérique. O11 en était là, lorsque Buffon reçut, sous le nom de rat de Surinam , l’animal à bourse qu’il nomma pîialanger, et il le crut d’Amérique.

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Eli bien, il y avait là une erreur; car l'animal qu’il avait appelé phalanger n’était pas d’Amérique : aucun animal de ce genre n’est d'Amérique ; tous les phalangers sont des terres australes. On s’empressa de relever l’erreur de Buffon, et Bufîon s’empressa de la corriger : mais sa belle loi n’en souffrit pas ; car l'Amérique, qui a les sarigues, n’a point de phalangers, et les terres australes, qui ont les phalangers , n’ont point de sarigues h

Il venait de dire, et avec raison, que les fourmiliers proprement dits sont tous d’Amérique. vSur ces entrefaites, Vosmaër, directeur du cabinet d’histoire naturelle de Leyde, reçoit du Cap un animal qui se nourrit aussi de fourmis, et il se flatte que la loi de Buffon en sera compromise. Mais le fourmilier du Cap , le cochon de terre , comme on l’appelait alors, Yoryctérope , comme on l’appelle aujourd’hui, est un animal tout à fait

1. «Je crois que celte critique est juste, et que le phalanger appartient en effet aux Indes orientales et méridionales; mais, quoiqu’il ait quelque ressemblance avec les opossums ou sarigues, je n’ai pas dit qu’il fût du même genre ; j’ai, au contraire, assuré qu’il différait de tous les sarigues, marmoses et cayopolins, par la conformation des pieds, qui me paraissait unique dans cette espèce. Ainsi, je ne me suis pas trompé en avançant que le genre des opossums ou sarigues appartient au nouveau continent, el ne se trouve nulle part dans l’ancien. » (Tome VII, page 272, Suppléments).

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distinct des fourmiliers d’Amérique , et la loi de Buffon reste tout entière. Voici la réponse de Buffon lui-même : « Nous avons dit et répété souvent qu’aucune espèce des animaux de l’Afrique ne s’est trouvée dans l’Amérique méridionale, et que, réciproquement, aucun des animaux de cette partie de l’Amérique ne s’est trouvé dans l’ancien continent. L’animal dont il est ici question a pu induire en erreur des observateurs peu attentifs, tels que M. Vosmaër, mais on va voir par sa description et par la comparaison de sa figure avec celle des fourmiliers d’Amérique qu’il est d’une espèce très différente b »

Ce Vosmaër, un des opposants les plus obstinés qu’ait jamais rencontrés une grande idéet avait dit que la belle loi de Buffon ne reposait que sur des propositions idéales. Buffon répond : « Cette assertion n’est point fondée sur des propositions idéales, comme le dit M. Vosmaër, puisqu’elle est, au contraire, établie sur le plus grand fait, le plus général, le plus inconnu à tous les naturalistes avant moi ; ce fait est que les animaux des parties méridionales de l’ancien continent ne se trouvent pas dans le nouveau, et que réciproquement ceux de l’Amérique méridionale ne se trouvent point dans l’ancien continent2. »

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