C’est la souche du cochon d’Inde
4. On ne sait pas bien encore si cet ours terrible est une espèce différente de l’ours brun d’Europe. Voyez Cuvier: liètjne animal , tome 1, page 13G.
LOIS L)E LA DISTRIBUTION
le bœuf musqué, etc. Je ne parle pas des espèces qui lui sont communes avec le nord de l’ancien continent, l’élan, le renne, etc.
L’Afrique méridionale et l’Inde méritent d'être comparées , ou plutôt opposées l’une à l’autre ; car l’Inde n’a aucune des espèces de l’Afrique méridionale, et réciproquement l’Afrique méridionale n’a aucune des espèces de l’Inde.
L’Afrique méridionale a l’éléphant d’Afrique, le rhinocéros d’Afrique, l’hippopotame, le sanglier à masque, l'oryctérope, le phatagin ou pangolin à longue queue, le chimpansé, toutes les guenons, le papion noir, le babouin, le drill, le mandrill, les galagos, l’hyène tachetée, l’hyène brune, la civette, le léopard, le serval, etc.; le zèbre, le couagga, le daw, un grand nombre d’antilopes, etc., etc.
L’Inde a l’éléphant, le rhinocéros, le tapir des Indes, plusieurs macaques, plusieurs semnopithèques, les loris ou singes paresseux, une loutre, le zibeth, une genette, le paradoxure, une mangouste, l’ours jongleur, le pangolin proprement dit ou pangolin à queue courte, le guépard, plusieurs cerfs, plusieurs antilopes, etc., etc.
L’Afrique du Nord, jointe à l’Arabie, à la Perse, etc., a aussi ses espèces : l’hyène rayée, le lion, la panthère, l’once, la gerbille des Pyramides,
celle de Nubie, la gazelle, le caracal !, le lynx des marais, le lynx botté, plusieurs antilopes, etc.
L’Asie centrale nous donne le cheval, l’hémione, l’âne, le chameau, le dromadaire, l’ours du Thibet, le chevrotain qui porte le musc ; plusieurs antilopes ; le yack ou vache grognante de Tartarie, etc. L’Asie du Nord, jointe à l’Europe du Nord , nous offre le glouton du Nord, l’hermine, la marte zibeline, le lemming, le zocor, l’élan, le renne, etc. Nous trouvons dans l’Europe centrale le cerf et le chevreuil communs, l’aurochs, le loir, le lérot ; le loup, le renard, le lynx, la genette, le blaireau d’Europe, etc.
J’ai déjà nommé les principaux genres djj la population de la Nouvelle-Hollande; mais évidemment l’archipel indien forme un centre à part et présente une population animale distincte, quoiqu’on l’ait réuni à la Nouvelle-Hollande sous le nom commun d’Océanie.
L’archipel indien a une population propre et même très remarquable : il a le rhinocéros de Java, celui de Sumatra; il a l’orang-outang, les gibbons, plusieurs semnopithèques , l’ours malais, etc. ; et cette population, qui le sépare de la
1. « C'est le vrai lynx des anciens... » 'Cuvier, Rèyne animal, tome I. page lGi ).
LOIS DE LA DiSïHlliUTlON
Nouvelle-Hollande, le rapproche beaucoup du continent de l’Inde.
Au contraire, les Moluques, Célèbes, la Nouvelle-Guinée, Aroé, Solor, etc., se rattachent à la Nouvelle-Hollande par leurs phalangers, parleurs kanguroos, etc.
Sur une autre partie du globe, je trouve l’île de Madagascar, laquelle semble former encore un centre distinct de population animale, car j’y vois plusieurs animaux qui ne sont que là, qui ne sont pas même en Afrique : les makis, l’indri, ce singe à démarche lente, et que les habitants de Madagascar apprivoisent et dressent comme un chien pour la chasse1 ; le singulier rongeur qu’on appelle aye-aye, etc.
Chaque animal, chaque espèce a donc, comme le dit Bufïbn, son pays, sa patrie naturelle2 ; des lois, demeurées longtemps inconnues, président donc à la distribution des animaux sur le globe ; une science nouvelle naît qui lie la zoologie, ou, pour parler d’une manière plus générale, l’histoire naturelle à la géographie ; une lumière nouvelle éclaire les rapports des choses créées ; et tous
1. « Sa démarche lente, qui l’avait fait prendre pour un paresseux, a engagé quelques auteurs à soutenir, contre Buffon et contre la vérité, que le genre des paresseux existe aussi en Asie. » (Cuvier, Règne animal, tome 1, page 108).