‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 109 sur 236 · Tome IX, page · texte numérisé non relu

Tome IX, page

ces grands résultats sont dus à la forte et puissante patience 1 d’un heureux génie qui a su combiner des faits pour en tirer des idées1 2.

« Dans les animaux, dit Buffon, l’influence du climat est plus forte et se marque par des caractères plus sensibles, parce que les espèces sont diverses et que leur nature est infiniment moins perfectionnée, moins étendue que celle de l’homme. Non seulement les variétés dans chaque espèce sont plus nombreuses et plus marquées que dans l’espèce humaine ; mais les différences mêmes des espèces semblent dépendre des différents climats; les unes ne peuvent se propager que dans les pays chauds, les autres ne peuvent subsister que dans les climats froids: le lion n’ajamdls habité les régions du Nord, le renne ne s’est jamais trouvé dans les contrées du Midi ; et il n’y a peutêtre aucun animal dont l’espèce soit, comme celle de l’homme, généralement répandue sur toute la surface de la terre; chacun a son pays, sa patrie naturelle dans laquelle chacun est retenu par nécessité physique ; chacun est fils de la terre qu’il habite , et c’est dans ce sens qu’on doit dire que

1. Buffon disait : « Le génie n’est qu’une plus grande aptitude à la patience. » (Hérault de Séchelles, Voyage à Monlbard, page 15 ).

2. « Rassemblons des faits pour nous donner des idées. >* (Tome il, page 18 ).

loi DISTRIBUTION DES ANIMAUX SUR LE CLORE.

tel ou tel animal est originaire de tel ou tel climat '. «

Les animaux sont donc sous la dépendance du sol ; leurs espèces changent avec les climats : l’espèce humaine seule a le privilège d’être partout la môme, et cela par la grande et belle raison qu’en donne Buffon, parce qu’elle est une.

« Dans l’espèce humaine, dit Buffon, l’influence du climat ne se marque que par des variétés assez légères, parce que cette espèce est une, et qu’elle est très distinctement séparée de toutes les autres espèces : l’homme, blanc en Europe, noir en Afrique, jaune en Asie et rouge en Amérique, n’est que le même homme teint de la couleur du climat : comme il est fait pour régner sur la terre, que le globe entier est son domaine, il semble que sa nature se soit prêtée à toutes les situations ; sous les feux du Midi, dans les glaces du Nord, il vit, il multiplie, il se trouve partout si anciennement répandu, qu’il ne paraît affecter aucun climat particulier2. »

Je viens d’examiner les idées de Buffon sur les rapports des animaux avec le globe; j’examinerai, dans le chapitre suivant, ses idées sur l’indépendance propre de l’espèce humaine et sur l’unité de l’homme.

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