‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 14 sur 236 · Comme il n’étudiait les objets que successivement et l’un · texte numérisé non relu

Comme il n’étudiait les objets que successivement et l’un

les autres opinions de Bufîon, comme de ses opinions sur la méthode. Nul homme, peut-être, n’a plus constamment modifié ses pensées, parce que nul homme ne les a plus constamment travaillées. On vient d’en voir un exemple : Buffon avait commencé par se moquer des méthodes et il a fini par suivre ou plutôt par se faire une excellente méthode,

Cependant, Buffon n’a jamais bien compris ce qui, à considérer le côté philosophique, c’est-àdire le vrai côté du problème, constitue réellement la méthode.

après l’aulre, les points de vue ne se découvraient aussi que successivement à ses yeux. De là, bien des variations et, souvent meme, bien des contradictions. Par exemple, il dit, à un endroit, « qu’il n’existe dans la nature que des individus » (tome I, page 38) ; et puis il écrit, à un autre endroit, cette belle phrase : « Tous les êtres semblent se réunir avec leurs voisins, et former des groupes de similitudes dégradées , des genres. » (Tome XIV, page 29). En un lieu, il se moque des méthodes et des méthodistes : « 11 est nécessaire, dit-il, de prévenir les voyageurs contre l’usage de pareilles méthodes, avec lesquelles on se dispense de raisonner, et on se croit d’autant plus savant que i’on a moins d’esprit » (tome XIII, page 8) ; et, en un autre lieu, il parle le langage le plus sévère des méthodistes : «Comme l'on a donné, dit-il, le nom de maki à plusieurs animaux d’espèces différentes, nous ne pouvons l’employer que comme un terme générique, sous lequel nous comprendrons trois animaux qui se ressemblent assez pour être du même genre, mais qui diffèrent aussi par un nombre de caractères suffisant pour constituer des espèces évidemment différentes. » (TomeXlll, page 173).

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