Tome V, page 1 ( Suppléments
2. J’ai souvent cité ce mol de lui: « Voilà ce que j’aperçois par la vue de l’esprit. »
3. « ... Ce sont ces changements divers que nous appelons ses époques... » (Tome V.page 3, Suppléments).
choses actuelles l'ancienne existence des choses anéanties, et de remonter par la seule force des faits subsistants à la vérité historique des faits ensevelis ; comme il s’agit, en un mot, déjuger nonseulement le passé moderne, mais le passé le plus ancien, par le seul présent, et que, pour nous élever jusqu’à ce point de vue, nous avons besoin de toutes nos forces réunies, nous emploierons trois grands moyens : 1° les faits qui peuvent nous rapprocher de l’origine de la nature ; 2° les monuments qu’on doit regarder comme les témoins de ses premiers âges; 3° les traditions qui peuvent nous donner quelque idée des âges subséquents ; après quoi nous tâcherons de lier le tout par des analogies1, et de former une chaîne qui, du sommet de l’échelle du temps, descendra jusqu’à nous2. »
Buffon pose cinq faits :
Le premier, que « la terre est élevée sur l’équateur et abaissée sous les pôles, dans la proportion qu’exigent les lois de la pesanteur et de la force centrifuge ; »
Le second, que a le globe terrestre a une cha-
1. Dans ses Époques de la nature, Buffon ne met plus le même soin à séparer la théorie du système ; il veut former une chaîne, et, pour cela, il lie les laits par des analogies, par des conjectures.
t. Tome V, page 6 {Suppléments),
leur intérieure qui lui est propre, et qui est indépendante de celle que les rayons du soleil peuvent lui communiquer ; »
Le troisième, que « la chaleur que le soleil envoie à la terre est assez petite, en comparaison de la chaleur propre du globe terrestre , et que cette chaleur envoyée par le soleil ne serait pas seule suffisante pour maintenir la nature vivante ; »
Le quatrième, que ce les matières qui composent le globe de la terre sont, en général, de la nature du verre, et peuvent être toutes réduites en verre ; »
Le cinquième, ce qu’on trouve sur toute Ta surface de la terre, et même sur les montagnes, jusqu’à quinze cents et deux mille toises de hauteur, une immense quantité de coquilles et d’autres débris des productions de la mer1. »
A ces premiers cinq faits, Buffon en joint trois autres 2 qu’il appelle monuments, parce qu’il les regarde en effet, et avec raison, comme les vieux