‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 154 sur 236 · Tome V, page 15 [Suppléments · texte numérisé non relu

Tome V, page 15 [Suppléments

Voilà les huit faits posés par Buffon, et qui, rapprochés, combinés par son beau génie, lui donnent la vue nette de cinq états différents, de cinq âges distincts, de cinq grandes époques de la nature.

La première époque est celle de la fluidité, de l’incandescence du globe ; la seconde, celle du refroidissement, de la consolidation ; la troisième est celle où les mers couvraient la terre ; la quatrième est celle de la retraite des mers ; et la cinquième, celle où les éléphants, les hippopotames et les autres animaux du Midi habitaient les terres du Nord.

Et ces grandes époques qui se suivent et se succèdent, se succèdent évidemment dans l’ordre que Buffon leur assigne. Pour que les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, etc. , aient pu habiter sur la terre, il a fallu que les mers se fussent retirées; l’époque des éléphants, des rhinocéros, des hippopotames, etc. , succède donc à celle de la retraite des mers. Pour que la mer ait pu couvrir la terre, il a fallu que la terre fût déjà consolidée, refroidie : l’époque de la submersion de la terre succède donc à celle de sa consolidation, de son refroidissement; l’époque du refroidissement succède à celle de l’incandescence.

Buffon admet une sixième époque, et lui donne pour date la séparation des deux continents. La séparation des deux continents est évidemment

postérieure à l’époque des éléphants et des hippopotames, car on trouve des os d’éléphants et d’hippopotames dans le nouveau comme dans l’ancien monde. La séparation des deux continents forme donc, comme le veut Buffon, la sixième époque.

La septième et dernière époque est celle de l’homme ; car l’homme n’a point été le contemporain des grandes et terribles scènes dont nous venons de parler. « Des motifs majeurs et des raisons très solides se joignent ici, dit Buffon, pour prouver que la population des terres par l’homme s’est faite postérieurement à toutes nos époques, et que l’homme est en effet le grand et dernier oeuvre de la création1... » — « Nous sommes persuadés, dit-il encore, indépendamment de l’autorité des livres sacrés, que l’homme a été créé le dernier, et qu’il n’est venu prendre le sceptre de la terre que quand elle s’est trouvée digne de son empire 2. »

Voilà les sept grandes époques établies par Buf-

1. Tome V, page 187 (Suppléments). « Où était donc alors le genre humain?... Ce qui est certain, c’est que nous sommes maintenant au moins au milieu d’une quatrième succession d’animaux. terrestres, et qu’après l’âge des reptiles, après celui des palæotériums, après celui des mammouths, etc., est venu l'âge de l’espèce humaine... » Cuvier, Discours sur les révolutions de la surface du tjlobe.

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