Linné a créé la nomenclature binaire
Linné parle une langue morte ; il altère même, sous plus d’un rapport, lesformes de cettelangue : qu’importe ? Son génie, original et vif, trouve dans cette langue singulière des ressources pour tout animer et tout peindre ; car il est aussi grand peintre, mais à sa manière. Tout, entre Buffon et lui, diffère. Buffon a la puissance de la méditation, Linné a la puissance de l’enthousiasme ; Buffon ramène tout à lui et par lui à l’homme, l’âme de Linné semble se répandre dans la nature et de la nature s’élever à Dieu ; on sent partout dans Buffon la force raisonnée de l’esprit, on sent plus d’une fois dans Linné l’émotion du cœur.
Sa description de l’hirondelle a quelque chose d’inspiré et qui tient de l’hymne : Venit , venit hirundo, pulchra adducens tempora et pulchros annos !
Il peint ainsi les tristes amours du chat : Cia mando rixandoque misere amat.
Sa description du cheval est très belle : Animal generosum , superbum, fortissimum , cursu furens , etc.
Et quelle pensée que celle-ci : O quam contemta res est homo , nisi supra humana se erexerit !