Voyez ci-devant, page
fallu *. Ce réservoir, ce grand abîme, avait déjà servi à Burnet 2 ; il servit plus tard à Whiston ;i. Leibnitz imagine de grandes cavernes, dont les voûtes, en s’affaissant, ouvrirent aux eaux un vaste refuge 4 ; et ces cavernes de Leibnitz ont été la ressource de presque tous les géologues jusqu’à nos jours. Les moyens qu’emploie Buffon sont beaucoup plus simples.
D’une part, la mer fait sans cesse des montagnes dans son fond. D’autre part, les eaux delà pluie, les fleuves, défont sans cesse les montagnes de la terre.
« Ne sait-on pas, dit Buffon, que les montagnes s’abaissent continuellement par les pluies qui en détachent les terres et les entraînent dans les vallées ? Ne sait-on pas que les ruisseaux roulent les terres des plaines et des montagnes dans les fleuves, qui portent, à leur tour, cette terre su-
1. Buffon : exposition du système de Woodward, tome I, page 186.
2. « ... Dans un instant tonte la terre s’écroula et tomba par monceaux dans l’abîme d’eau qu’elle contenait... » Buffon : exposition du système de Burnet, tome 1, page 182.
3. « ... Cette eau forme une couche concentrique,... de sorte que le grand abîme est composé de deux orbes concentriques, dont le plus intérieur est un iluide pesant, et le supérieur est de l’eau.» Buffon, tome I, page 173.
4. « Pot u i t enim ^aquæ superfluum) per cæcos aditus, tum primuin diruptos, recipi eavernis immanibus, et in globi interioru penetrare,,, » Prulu'jœn, page 11, édition de 1748.
perdue dans la mer? Ainsi, peu à peu le fond des mers se remplit, la surface des continents s’abaisse et se met de niveau, et il ne faut que du temps pour que la mer prenne successivement la place de la terre \ »
« Personne, ne peut nier, dit-il encore, que, sur une côte contre laquelle la mer agit avec violence dans les temps qu’elle est agitée par le flux, ces efforts réitérés ne produisent quelque changement, et que les eaux n’emportent à chaque fois
une petite portion de la terre de la côte Ces
particules de pierre ou de terre sont transportées par les eaux jusqu’à une certaine distance et dans certains endroits où le mouvement de l’eau, se trouvant ralenti, abandonne ces particules à leur propre pesanteur, et alors elles se précipitent au fond de l’eau en forme de sédiment, et là elles forment une première couche1 2, etc., etc.» On conçoit aisément tout le reste : cette couche est bientôt couverte et surmontée d’une autre, puis d’une autre encore, et peu à peu, par succession de temps , comme dit Buffon, il se forme une montagne dans la mer.
Voilà donc les montagnes formées dans la mer; mais comment en sortiront-elles? « Comment, disait Voltaire, la mer, qui ne s’élève qu’à la liau-