‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 18 sur 236 · IDÉES DR BUFFON SUR L’ÉCONOMIE ANIMALE · texte numérisé non relu

IDÉES DR BUFFON SUR L’ÉCONOMIE ANIMALE

sèque des cadavres humains, Tanatomie n’est encore qu’une nomenclature, et à peine a-t-on fait quelques pas vers son objet réel, qui est la science de l’économie animale h... Nous avons des milliers de volumes sur la description du corps humain, et à peine a-t-on quelques mémoires commencés sur celle des animaux : dans l’homme on a reconnu, nommé, décrit les plus petites parties, tandis que l’on ignore si, dans les animaux, l’on retrouve non seulement ces petites parties, mais même lesplus grandes ; on attribue certaines fonctions à de certains organes, sans être informé si, dans d’autres êtres, quoique privés de ces organes les mêmes fonctions ne s’exercent pas en sorte

le Tome VII, page 22. « ...Celte méthode n’est pas la science; ce n’est que le chemin qui devrait y conduire, et qui peut-être y aurait conduit en effet, si, au lieu de toujours marcher sur la même ligne dans un sentier étroit, on eût étendu la voie, et mené de front l’anatomie de l’homme et celle des animaux... » (Tome VII, page 21). — « Quelle connaissance réelle peut-on tirer d’un objet isolé? Le fondement de toute science n’est-il pas dans la comparaison que l’esprit humain peut faire des objets semblables et différents, de leurs propriétés analogues ou contraires,' et de toutes leurs qualités relatives?... Ainsi, toutes les fois que, dans une méthode, on ne s’occupe que du sujet, qu’on le considère seul et indépendamment de ce qui lui ressemble et de ce qui en diffère, on ne peut arriver à aucune connaissance réelle, encore moins s’élever à aucun principe général; on ne pourra donner que des noms, et faire des descriptions de la chose et de toutes ses parties... » (Tome VII, page 21).

IDÉES DE DU F FO N

que, dans toutes ces explications qu’on a voulu donner des différentes parties de l’économie animale, on a eu le double désavantage d’avoir d’abord attaqué le sujet le plus compliqué, et ensuite d’avoir raisonné sur ce meme sujet sans le fondement de la relation et sans le secours de l’analogie. Nous avons suivi partout, dans le cours de cet ouvrage, une méthode très différente : comparant toujours la nature avec elle-même , nous l’avons considérée dans ses rapports, dans ses opposés, dans ses extrêmes ; et pour ne citer ici que les parties relatives à l’économie animale que nous avons eu occasion de traiter, comme la génération, les sens, le mouvement, le sentiment, la nature des animaux, il sera aisé de reconnaître qu’après le travail, quelquefois long, mais toujours nécessaire pour écarter les fausses idées, détruire lespréjugés, séparer l’arbitraire du réel de la chose, le seul art que nous ayons employé est la comparaison. Si nous avons réussi à répandre quelque lumière sur ces sujets, il faut moins l’attribuer au génie qu’à cette méthode que nous avons suivie constamment, et que nous avons rendue aussi générale, aussi étendue que nos connaissances nous l’ont permis h »

Les vues principales que Buffon a dues à l’a—

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