‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 190 sur 236 · DE B U EF ON · texte numérisé non relu

DE B U EF ON

t-ii moins de combinaisons raisonnées, moins de pian, moins de vues, moins de causes calculées pour les fins ? Et ces causes calculées pour les fins, ne sont-ce pas les causes finales ?

« Ce n’est point, dit Bufïbn, par des causes finales que nous pouvons juger des ouvrages de la nature; nous ne devons pas lui prêter d’aussi petites vues, la faire agir par des convenances morales, mais examiner comment elle agit en effet, et employer, pour la connaître, tous les rapports physiques que nous présente l’immense variété de ses productions C »

Je reprends chacune de ces assertions en particulier : « Ce n’est point par des causes finales que nous pouvons juger des ouvrages de la nature : » Non, mais des causes finales par les ouvrages de la nature. « Nous 11e devons pas lui prêter d’aussi petites vues : » Les causes finales, c’est-à-dire les plans combinés, les rapports suivis, les vues assorties, les fins partout prévues, les causes partout données, ne sont pas de petites vues ; a la faire agir par des convenances morales : » Dans les choses morales, il faut la faire agir par des convenances morales, et dans les choses physiques, par des convenances physiques ; «mais examiner comment elle agit en effet : » Sans doute ; « et

1, Tome V, page 10G.

employer, pour la connaître, tous les rapports physiques... » Mais, s’il y a des rapports physiques, il y a donc aussi des fins physiques, des rapports entre les causes et les fins, des tins prévues en conséquence des causes, des causes données en prévision des fins, en un mot, des causes finales physiques .

Buffon dit encore : «Dire qu’il y a de la lumière parce que nous avons des yeux, qu’il y a des sons parce que nous avons des oreilles, ou dire que nous avons des oreilLes et des yeux parce qu’il y a de la lumière et des sons, n’est-ce pas dire la même chose, ou plutôt que dit-on1? »

Oui : dire que nous avons des yeux et des oreilles parce qu’il y a de la lumière et des sons, c’est, j’en conviens, ne rien dire; mais, montrer que tout, dans l’œil, est admirablement disposé pour voir la lumière, comme tout, dans l’oreille, pour entendre les sons, je le demande à mon tour, estce ià ne rien dire ?

Il y a donc des fins physiques , comme il y a des fins morales : les causes finales sont partout, et ces rapports assortis, suivis, que je vois partout, dans le monde physique comme dans le monde moral, me ramènent sans cesse, dans le monde physique comme dans le monde moral, à la cause

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