‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 200 sur 236 · Tome XIV, page · texte numérisé non relu

Tome XIV, page

3. On y voit même, comme je l’ai déjà dit (page 133), la raison de cette vue dans la différence que Buffon trouve entre le lion d'Afrique et le puma ou prétendu lion d’Amérique.

REVUE UES EDITIONS

à mesure pour les placer dans ses Suppléments 1 2 .

La meilleure de toutes les éditions récentes de Bufïbn est celle de Lamouroux C’est, d’abord , la réimpression exacte de la grande édition de Bufïbn; en second lieu, les suppléments y sont placés à la suite des chapitres auxquels ils appartiennent : les Époques de la nature à la suite de la Théorie de la terre, les suppléments relatifs aux quadrupèdes à la suite des histoires des quadrupèdes; enfin, on y a joint quelques notes utiles, particulièrement sur les quadrupèdes et les oiseaux, et, ce qui est plus utile encore, la synonymie de M. Cuvier ; et tout cela est bien, mais cela est tout.

M. Cuvier avait eu le projet de donner une édition de Bufïbn 3 ; et nous regretterons toujours qu’il ne fait pas donnée, car Bufïbn sera éternellement lu ; il sera même toujours le plus lu des naturalistes et le plus influent sur l’imagination des hommes, parce qu’il a, pour influer sur les hom-

1. « J’ai reçu la belle édition qu’on a faite de mon ouvrage, et dans laquelle j’ai vu les excellentes additions que M. Allamand y a jointes... » (Tome III, page 324, Suppléments).

2. En 40 volumes in-8, de 1824 à 1830. Commencée par Lamouroux, et terminée par Desmarest.

3. « 11 est fâcheux, dit-il dans les Mémoires qu’il a laissés sur sa vie, que mon projet n'ait pu se réaliser; il aurait empêché les éditions absurdes de Castel et de Sonnini, qui ont fait tant de tort à la science. »

I)E BITFFON.

mes, la première des puissances, celle du style.

Une bonne édition de Buffon nous manque donc encore U J’appelle une bonne édition celle où l’on suivrait la chaîne des idées de Bubon ; où l’on rapprocherait les suppléments des morceaux primitifs, sans confondre les dates; où Ton ne mêlerait rien au texte ; et où, dans des notes courtes, simples, précises, on marquerait, d’une part, toutes les erreurs de ce plus éloquent des naturalistes, et de l’autre toutes ses vues heureuses, ses idées vastes, sa grande philosophie, et tant de conceptions hardies, et presque toujours si judicieusement hardies.

Une fois que Bubon eut commencé sa grande Histoire naturelle, il ne permit plus à aucun travail particulier de l’en distraire. Durant cinquante ans, il n’y eut pas un seul jour de perdu pour l’étude, ni une seule étude de perdue pour le grand oeuvre.

Avant ces grandes études, Bubon s’était, fait connaître par quelques mémoires1 2, paruneexpé-

1. Buffon, qui a tant remanié ses idées à mesure qu’il publiait de nouveaux volumes, n’a jamais touché aux volumes anciens, quoiqu’on les ait réimprimés plus d’une fois pendant sa vie. D’une part, il voulait conserver les origines, les dates, les nuances diverses de ses pensées ; et, de l’autre, pouvait-il ne pas respecter son style ?

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