Discours de réception à i Académie française
VIE DE DU F F ON
«Que faut-il, dit-il encore, pour émouvoir la multitude et l’entraîner? que faut-il pour ébranler la plupart même des autres hommes et les persuader? un ton véhément et pathétique, des gestes expressifs et fréquents, des paroles rapides et sonnantes Mais pour le petit nombre de ceux dont la tête est ferme, le goût délicat et le sens exquis, et qui comptent pour peu le ton, les gestes et le vain son des mots, il faut des choses, des pensées, des raisons; il faut savoir les présenter, les nuancer, les ordonner : il ne subit pas de frapper l’oreille et d’occuper les yeux, il faut agir sur l’àrne et toucher le cœur en parlant à l’esprit1. »
Ainsi, l’éloquence même, l’éloquence de la parole n’est pas le style. Nous ne trouvons éloquent aujourd’hui que ce qui l’est par le style. La grande influence s’est déplacée. L’art d’écrire est, de nos jours, ce que fut Féloquence parlée dans les temps antiques; toutes les forces nouvelles de l’esprit humain se résument dans ce grand art ; et, comme il appartenait à Bulfon de le proclamer, la puissance des temps modernes est le style.