‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 234 sur 236 · EXTRAIT D'UNE LETTRE A M. LE COMTE D’ANGIVILLER · texte numérisé non relu

EXTRAIT D'UNE LETTRE A M. LE COMTE D’ANGIVILLER

A Montbar, ce 17 novembre 1773.

Ah ! que vous avez un digne et respectable ami dans M. Necker! J’ai lu deux fois son ouvrage. Je me trouve d’accord avec lui sur tous les points que je puis entendre. Ses idées sont aussi simples que grandes, ses vues saines et très étendues ; et tous les économistes ensemble, fussent-ils protégés par tous les ministres de France, ne dérangeront pas une pierre a cet édifice, que je regarde comme un monument de génie. Je n’ai regret qu’à la forme; je n’eusse pas fait un éloge académique, qui ne demande que des fleurs, avec des matériaux d’or et d’airain. Colbert mérite une partie des éloges que lui donne M. Necker; mais certainement il n’a pas vu si loin que lui; d’ailleurs l’auteur a ici le double désavantage d’avoir ses envieux particuliers, et en meme temps tous ceux qui cherchent à borner l’Académie. En un mot, je suis fâché qu’un aussi bel ensemble d’idées n’ait pas toute la majesté de la forme qu’il peut comporter. Les notes sont admirables comme le reste; la plupart sont autant de traits de génie, ou de finesse, ou de discernement. Le style est très mâle et m’a beaucoup plu malgré les négligences et les incorrections, et les pitoyables plaisanteries que les femmes ne manqueront pas de faire sur les jouissances trop souvent répétées.

1 Grimm, Correspondance inédite, page 3G3.

LETTRES DIVERSES

LETTRE XIe1.

EXTRAIT D’üNE LETTRE A M. NECKER.

Même date.

Je n’avais jamais rien compris à ce jargon d’hôpital de ces demandeurs d’aumônes que nous appelons économistes, non plus qu’a cette invincible opiniâtreté de nos ministres ou sous-ministres pour la liberté absolue du commerce de la denrée de première nécessité. J’étais bien loin d’être de leur avis, mais j’étais encore plus loin des raisons sans réplique et des démonstrations que vous donnez de n’en pas être. J’ai lu votre ouvrage deux fois, je compte le relire encore ; c’est un grand spectacle d’idées et toutnouveau pour moi, etc.

LETTRE XIIe2.

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