‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 235 sur 236 · A MADAME NECKER · texte numérisé non relu

A MADAME NECKER

(lettre écrite par buffon deux jours avant sa mort.)

(11 l’a dictée à son fils après s’être fait lire l’introduction du livre de M. Necker sur les Opinions religieuses. Il n’a rien écrit ni rien lu depuis ce moment-là. )

Mon père me dicte, madame, ce qu’il voudrait bien être en état de vous écrire de sa main.

1 Grimm, Correspondance inédite, page 364 .

2 Tuée des Mélanges , extraits des manuscrits de madame Necker, tome 111, page 233.

LETTRES DIVERSES

« Ah ! la superbe introduction ! Ce ne sont point de vains arguments, mais des vérités constantes que l’auteur développe avec une force qui n’appartient qu’a lui. Y a-t-il, en effet, aucun ordre social dans lequel le souverain et son peuple ne doivent être de même opinion religieuse, quelle que soit cette religion ? et notre grand homme, plus attaché a la sienne, a eu toute raison de la donner pour exemple, en disant même comment il a été conduit, après le vide des affaires, à des spéculations plus élevées. Je puis lui promettre en effet trois sortes d’immortalités: la première, celle dont il ne doute pas, et qui, par un élan sublime, porte son àme dans celte immensité dont elle est propre à faire partie; la seconde immortalité sera celle que l’histoire donnera h M. Necker, comme administrateur regretté de la nation entière; et enfin la troisième immortalité de mon éloquent ami sera celle d’un écrivain qui n’a pas eu de modèle, et dont le cœur et l’àme se réunissent pour le bonheur des hommes.

« Cette partie m’a d’autant plus touché, qu’il y réunit les vertus de ma sublime amie, que je n’ai cessé de respecter et d’admirer comme un don divin, et dont elle seule avait été fa\oriséepar le souverain Être. »

J’ai présenté la plume à mon père, et il a encore eu la force de signer.

FIN DES LETTRES DE BUFFON

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