Tome XIV, page
2. « Le rhinocéros, dit Buffon, semble ne différer de lui-même que par le caractère singulier qui le fait différer de tous les animaux, par cette grande corne qu’il porte sur le nez : cette corne est simple dans les rhinocéros de l’Asie et double dans ceux de l’Afrique. » (Tome XIV, page 334). 11 prend ici, pour un simple caractère de variété , un vrai caractère (X espece.
une espèce très distincte de celle du chameau ; et, pour le lion, pour le tigre, ce sont très certainement deux espèces d’un meme genre1, car le lion et le tigre peuvent se mêler et produire ensemble 2.
Restent la girafe et l’hippopotame dont nous ne connaissons encore, il est vrai, qu’une espèce, mais rien n’empêche qu’il ne puisse y avoir, pour chacun de ces animaux, plus d’une espèce 3 ; et l’unité , l’unité de type , ne peut, en aucun sens, être donnée comme un privilège de leur nature.
La seule espèce qui, pour me servir des expressions de Buffon, «fasse en même temps espèce et genre 4, » la seule vraiment simple, la seule essentiellement une, est l’espèce de l’homme.
Je ne citerai que quelques-uns des quinze genres primitifs supposés par Buffon. Le premier de ces genres comprend le cheval , le zèbre, l’àne, etc.; le second, les brebis, les chèvres 3, etc. ; un autre, le sanglier avec toutes les
1. Voyez, sur les caractères positifs de Y espece et du genre , mon Histoire des travaux de G. Cuvier. Paris, 1845, page 297.
2. Ils ont produit à Londres : voyez mon Résumé analytique des observations de F. Cuvier sur l'instinct et l’intelligence des animaux. Paris, 1845, page 89.
3. On vient de découvrir, en effet, deux nouvelles espèces d’hippopotames, et une nouvelle espèce de girafe.