Rapports des sexes dans les naissances
« Il naît, dit Buffon en parlant de l’homme, environ un seizième d’enfants mâles de plus que de femelles; et, ajoute-t-il, on verra dans la suite
1. Celle loi, prise en général, est vraie; mais pour l’établir nettement, il faudrait ne comparer entre elles que les espèces
qu’il en est de même de toutes les espèces d’animaux sur lesquelles on a pu faire cette observation \ »
Il dit ailleurs : «Il naît plus de filles que de garçons dans les pays où les hommes ont un grand nombre de femmes , au lieu que dans tous ceux où il n’est pas permis d’en avoir plus d’une, le mâle conserve et réalise sa supériorité en produisant en effet plus de mâles que de femelles 2. »
Il dit enfin : « Le nombre des mâles, qui est déjà plus grand que celui des femelles dans les espèces pures, est encore bien plus grand dans les espèces mixtes3. »
En rapprochant ces trois passages de Buffon, on voit qu’il avait reconnu d’abord la prédominance générale des mâles sur les femelles ; et qu’il avait reconnu ensuite que cette prédominance croissait sous l’influence, d’une part, delà monogamie, et, de l’autre, du mélange des espèces. Le résultat de ses expériences sur le croisement des espèces est curieux.
Il fit accoupler, dans l’année 1 7 5 1 4 , deux boucs
sauvages, car la domesticité accroît beaucoup la fécondité ; et ceci a surtout lieu, ainsi qu'on le verra tout à l’heure, pour les espèces du lapin, du cochon et du cochon d’Inde.