‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 8 sur 236 · Fundamenta botanica , etc., 173G · texte numérisé non relu

Fundamenta botanica , etc., 173G

2. Observations de Lamoignon-M alesherbes sur V histoire naturelle générale et particulière de Buffon et de Daubenlon. L’ouvrage, qui n’a paru qu’après la mort de l’auteur, avait été composé en I7i9, à l’époque même où Buffon publiait ses premiers volumes. Malesherbes, né en 1721, avait donc à peine vingthuit ans lorsqu’il écrivait, en 1749, l’ouvrage remarquable que je rappelle. 11 fut nommé membre honoraire de l'Académie des Sciences en 1760, membre honoraire de l’Académie des Inscriptions en 1769, et membre de l’Académie française en 1776.

3. Observations sur l'Histoire naturelle , etc., tome 1, page 8.

næus, dont je crois qu’il a trop peu lu les ouvrages, et dont il n’a pas saisi l’esprit ‘. »

Et, en effet, si Buffon a mal jugé les méthodes, c’est tout simplement parce qu’il ne connaissait pas les méthodes. « Lorsque l’ouvrage de M. de Buffon fut annoncé au public, dit Malesherbes, il me parut que, sous ce titre d ''Histoire naturelle générale et 'particulière , l’auteur promettait un traité complet sur chaque partie de cette science, et ce projet me sembla d’autant plus hardi que M. de Buffon n’avait pas encore paru dans le monde savant comme naturaliste ; il était déjà célèbre par plusieurs mémoires lus à l’Académie sur différents sujets d’agriculture, de physique et de géométrie, et par une traduction très estimable 1 2 ; mais ces différentes connaissances me paraissaient autant de diversions à l’étude de la nature 3 4 »

Dans tout ce qu’il dit ici, Malesherbes a complètement raison. Lorsque Buffon, nommé en 1739 Intendant du Jardin du Roi, conçut le pro-

1. Observations sur V Histoire naturelle, etc., tome I, page 4.

2. La traduction de la Statique des Végétaux , de Haies. La préface de cette traduction est remarquable à plus d’un titre ; j’y reviendrai plus tard, etdansplus d’une occasion. Malesherbes oublie la traduction du Traité des Fluxions, de Newton. Et cette traduction a aussi une très belle préface.

3. Observations sur l’Histoire naturelle, etc., tome 1, page 3.

IDÉES DE BU FF ON

jet de son grand ouvrage, il n’était pas naturaliste. D’un autre côté, rien ne convenait moins à son génie que l’étude rigoureuse et abstraite de la nomenclature et des caractères . Il se mit donc à décrire les animaux un à un, comme il les étudiait, n’ayant pas eu le temps de les étudier tous ensemble et de les comparer entre eux; et, ce parti pris, il ne chercha plus qu’à multiplier, autant qu’il put, les objections contre les méthodes.

« Il est aisé de voir, dit-il, que le grand défaut de tout ceci est une erreur de métaphysique dans le principe même des méthodes,.... erreur qui consiste à vouloir juger d’un tout par une seule de ses parties l. » BufFon se trompe ; il n’y a point là d’erreur de métaphysique: toutes les parties d’un animal étant faites les unes pour les autres, chacune donne les autres ; on peut juger du tout par une seule de ses parties ; il s’agit seulement de bien choisir cette partie 2. « Il suffit, disait déjà Malesherbes, de choisir des caractères fixes, constants, et invariables; et il y en a dans la nature 3. »

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