‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 81 sur 236 · INTELL1C EN CE · texte numérisé non relu

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tout ce qui n’est pas elle, et il oublie de peindre Famé qui se découvre elle-même.

Les sens ne servent à l’âme que pour les idées étrangères à l’âme. Ce ne sont pas mes sens, c’est mon âme qui pense. En perdant mes sens, je perds les impressions, les sensations, les occasions de penser qu’ils me donnent; je ne perds pas ma pensée.

Buffon dit très bien ailleurs : «Un aveugle n’a nulle idée de l’objet matériel qui nous représente les images des corps ; un lépreux dont la peau serait insensible n’aurait aucune des idées que le toucher fait naître; un sourd ne peut connaître les sons : qu’on détruise successivement ces trois moyens de sensation dans l’homme qui en est pourvu, l’âme n’en existera pas moins, ses fonctions intérieures subsisteront, et la pensée se manifestera toujours au dedans de lui-même L »

Entre moi et mes organes, entre l’esprit et le corps, il n’y a que des rapports d’occasion, et non des rapports de nature. Ceux qui, à l’exemple de , Cabanis, veulent tirer la pensée de la matière se trompent. Ceux qui, à l’exemple de Stahl, veulent expliquer toutes les opérations du corps par les opérations de l’àme se trompent : une limite précise, une limite fixe sépare, comme je l’ai déjà

J. Tome II, page 435.

dit, les causes métaphysiques des causes physiques, l’esprit du corps, l’âme de la matière ; Buffon a vu cette limite ; et, plus d’un siècle avant BufTon, Descartes l’avait posée.

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