Biographie universelle, article Buffon
DES BÊTES
que le castor se bâtit une cabane, que l’araignée se tisse une toile.
Dans tous ces cas, l’enfant, l'oiseau, le castor, l’araignée, font une action très compliquée ; cette action a un but très déterminé, et ils la font sans l'avoir apprise, sans voir ce but.
L'action instinctive est l’action que l’animal fait sans aucune vue, mais qui, pour être faite par l’homme, demanderait les vues les plus compliquées et les plus savantes \
L "instinct est une force purement organique.
VI. — De l’espèce d’intelligence qu’on observe dans les animaux.
Il y a, dans les animaux, deux forces : il y a une espèce d’ intelligence , c’est-à-dire une force qui s’instruit, qui se modifie; et il y a la force machinale et aveugle, il y a Y instinct.
Les animaux, du moins les animaux supérieurs, ont une espèce d'intelligence ; et c’est ici, c’est dans la manière dont ils nous dépeignent cette espèce dy intelligence des animaux, qu’il faut surtout étudier Buffon et Descartes.
1. Voyez mon Résumé analytique des observations de Frédéric t'Aivier sur l'instinct et i in le lliyence des animaux. Paris, 1845.
MECANISME
Le génie a une analyse qui est d’une finesse admirable.
« Je ne leur refuse pas même le sentiment, dit Descartes, autant qu’il dépend des organes du corps l. »
J1 y a donc la sensibili té qui dépend des organes, la sensibilité 'physique.
Descartes dit ailleurs : « Par le mot de penser, j’entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l’apercevons immédiatement par nousmêmes; c’est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais aussi sentir, est la même chose ici que penser '2. »
Descartes distingue donc la sensibilité qui dépend des organes, de la sensibilité qui tient à l’esprit, du sentir qui est la même chose (pue penser .
« Je distingue, dit Buffon, deux espèces de mémoires... ; la première est la trace de nos idées, la seconde... n’est que le renouvellement de nos sensations... ; la première émane de l’âme..., 1 a seconde.. . est la seule qu’on puisse accorder à l’animal 3. »
Dans la même phrase, Buffon pose d’un côté l’intelligence qui tient à la matière, et de l'autre l’esprit. «L’éléphant, dit-il, approche de l’homme