De l'Esprit. Discours I
MÉCANISME
dans la brute, il n’y a que le cerveau, que l’organe ; mais, dans l’homme, il y a l’esprit et l’organe.
Mon sens intime, dont je suis plus sûr qu’Helvétius et Cabanis n’étaient sûrs de leurs systèmes, me dit que je suis libre, c’est-à-dire indépendant de l’organe.
Au défaut du sens intime, il y a tout un ordre d’idées qui révélerait à l’homme sa nature propre. Les idées intellectuelles, les idées morales, l’idée du juste et de l’injuste, l’idée du bien et du mal moral, toutes ces idées innées (c’est-à-dire nées en nous), comme on les appelait autrefois, toutes ces idées établies de Dieu, comme les appelle Descartes, toutes ces idées ne sont qu’à l’homme.
L’idée d’une vérité morale vient de mon âme et non de mes sens. L’idée du juste ne me vient pas d’un sens. L’animal, qui n’a que des sens, n’a pas d’idée morale : il n’a pas d’idée.
Dans tout ce que fait l’animal, j’aperçois l’organe. Il veut, mais par appétit, par besoin, par faim. Sa volonté n’est que l’impulsion de l’organe.
Ce qui est physique agit sur l’animal, parce que l’animal a des organes. Ce qui est métaphysique n’agit pas sur lui, parce qu’il n’a que des organes.
Ici, le fait tranche la question. Ce qui est méta-
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physique n’agit pas sur l’animal ; donc l’animal n’a pas de principe métaphysique.