‹ Histoire des travaux et des idées de BuffonChapitre 97 sur 236 · LOIS DE LA DISTRIBUTION DES ANIMAUX SUR LE GLOBE · texte numérisé non relu

LOIS DE LA DISTRIBUTION DES ANIMAUX SUR LE GLOBE

Les idées de Buffon touchant la distribution des animaux sur le globe sont des idées de génie. Ce sont, comme Fa dit M. Cuvier, de véritables découvertes 1 . Ajoutons que jamais découvertes (l’un ordre plus élevé n’ont été préparées et amenées par des combinaisons plus savantes.

Buffon avait déjà décrit les animaux domestiques ; il avait décrit plusieurs animaux sauvages; il en était à l’histoire du lion, et c’est là que je trouve pour la première fois sa grande vue sur les animaux propres à chacun des deux continents.

« L^animal d’Amérique que les Européens ont appelé lion, etque les naturels du Pérou appellent

1. « Les idées de Buffon sur lu dégénération des animaux et sur les limites que les climats, les montagnes et les mers assignent à chaque espèce, peuvent être considérées comme de véritables découvertes, qui se confirment chaque jour, et qui ont donné aux recherches des voyageurs une hase fixe, dont elles manquaient absolument auparavant. » (Cuvier, Bioyruphie universelle , article Buffon).

puma , n’a point, dit-il, de crinière; il est aussi beaucoup plus petit, plus faible et plus poltron que le vrai lion...1» Il ajoute ; «Le puma n’est point un lion, tirant son origine des lions de l’ancien continent...; c’est un animal particulier à l’Amérique , comme le sont aussi la plupart des animaux de ce nouveau continent 2. »

Pour se faire une idée de l’obscurité profonde dans laquelle était plongée cette partie de la science, au moment où Buffon entreprit d’y porter le jour, il faut se rappeler que, lorsque les Européens firent la découverte du Nouveau-Monde, ils trouvèrent en effet que tout y était nouveau ; les animaux quadrupèdes, les oiseaux, les poissons, les insectes, les plantes, tout parut inconnu, tout l’était : spectacle étonnant pour l’histoire naturelle, et que, deux siècles et demi plus tard, l’exploration des côtes de la Nouvelle-Hollande devait lui donner une fois encore.

Tout ce que présentait l’Amérique se trouvait donc différent de ce qu’on avait vu jusqu’alors. D’une part, tout était nouveau; de l’autre, il fallait tout nommer, il fallait du moins nommer les principaux objets, et l’on fit ce qu’on a toujours fait en pareil cas : on donna aux

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