XXIII
Mais le peuple veille, il est dans la rue. La jeunesse des écoles est descendue du liai-l de
la place du Panthéon, cette acropole des idées de liberté. Une main cachée , qui n'est autre chose que la sagesse collective des niasses, organise partout le înouvement. Un vaste système de défense et d'attaque, par les barricades, est entrepris, conduit, dirigé sur tous les points avec un admirable sentiment de stratégie. Les boulevards sont coupés. Les portes Saint-Denis et Saint-Martin sont enfermées comme dans une enceinte de redoutes. Les communications du centre et des faubourgs sont ainsi assurées. Une armée périrait maintenant tout entière dans ces défilés multipliés à l'infini , et gardés, de cent pas en cent pas, par des groupes d'ouvriers.
Le jour parait et amène de nouvelles recrues à l'insurrection. Les barricades élevées, de tous les points de la circonférence, s'allongent, s'échelonnent, s'avancent vers les Tuileries.
Quand le roi se réveilla, les Tuilciics étaient déjà cernées, et il put entendre les premières détonations de la fusillade.
Ce fut alors qu'on vit un homme sortir seul et à pied du château par le guichet de l'Echelle; mais bientôt repoussé par des coups de fusil; il rentre à l'état-major : c'était M. Guizot. On ne l'a plus revu depuis.