‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 146 sur 387 · LA MORT DE MARIE · texte numérisé non relu

LA MORT DE MARIE

Christ à Adam, après la chute. C'est le patriarche qui la redit à son fils Seth. Nous y trouvons cette belle parole: « Ne crains rien ; tu as voulu être Dieu, je te ferai Dieu. T'ayant créé à mon image, je ne permettrai pas que tu restes dans le Shehol. Après trois jours passés dans le tombeau, je reprendrai le corps que j'ai prisa ta race, puis, montant au ciel, je t'y ferai asseoir à la droite de ma divinité. » Le testament se termine par cette déclaration de Seth : « Moi, Seth, j'ai écrit ce testament après la mort de mon père Adam; nous l'ensevelîmes moi et mon frère à l'orient du paradis. Et les auges et les vertus des cieux prirent part à ses funérailles, parce qu'il avait été créé à l'image de Dieu. Nous déposâmes près de lui, dans la même caverne dite des Trésors, son testament, l'encens et la myrrhe du paradis. C'est là que les mages vinrent chercher les parfums qu'ils offrirent à l'enfant Jésus. « Ce singulier écrit, qui renferme, comme on le voit, de grandes beautés, se termine par une classification des ordres et puissances tout à fait sur le modèle de l'Avesta.

Citons encore le livre de Jean sur la mort de Marie qui fait partie des apocalypses récemment publiées et qui est consacré à la glorification de la mère du Sauveur. Tous les apôtres sont mystérieusement convoqués des divers pays où ils poursuivent leur mission, afin d'assister à la mort de Marie. Ils célèbrent ses louanges dans des termes qui sans doute ne faisaient pas partie du texte primitif et qui ont été amplifiés et surchargés, Marie devient une sorte de médiatrice entre les hommes et son fils. A peine a-t-elle rendu le dernier

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soupir que son corps est enlevé par les anges. C'est ce qu'on appelle déjà son assomption. Bien que la date de cet écrit ne soit pas certaine, il ne saurait remonter sous sa forme actuelle au troisième siècle'. Nous y trouvons le plein épanouissement et la floraison d'une tradition qui fut longue à se former et dont on ne saurait déterminer exactement le point de départ. Nous devons ranger dans la littérature apocalyptique le livre prétendu d'Hystaspe, le vieux roi mède, qui est mentionné par Justin Martyr et qui annonce la fin du monde par le feu ^ et ï Apocalypse de Pierre^ qui annonce les terribles châtiments de l'avenir en termes bizarres ^. Le lait des femmes en se coagulant formera des vers qui dévoreront leur sein et une flamme jaillira des yeux de leurs enfants pour les dévorer. Les chrétiens ont aussi introduit à l'exemple des Juifs des interpolations dans les Oracles sibyllins^ .Quelques-unes de ces interpolations remontent a la plus haute antiquité chrétienne. La pre-

* La date de l'écrit intitulé De Dormitione Mariée (auquel il faut joindre Transitus Marix k, Trunsitus Marias B) est diËBcile à fixer. 11 est certain que les légendes qu'il contient ont pris leur source dans le premier siècle du christianisme , puisque Grégoire de Tours les reproduisait (Beda venerabilis^ Retiact in Act. app., c. VII). Le décret de Gélase a condamné notre apocryphe. Quant aux autres apocalypses éditées par Tischendorf, celle de Paul remonte au temps de Théodose, et celle de Jean n'est mentionnée qu'au neuvième siècle. V Apocalypse d'Esdras est d'une date incertaine et sans valeur au point de vue de la pensée chrétienne. Voir les Prolégomènes de Tischendorf.

* Kat iicuXXa ok /.ai 'Xqiqi.z'kiç, '{v/r^Giz^ai twv (pOapTwv àvâ- Xwc'.v c'.à xjpb; iça-av. (Justin Martyr, ApoL, I, 20.)

8 Eusèbe, H. T., III, 25. Clément d'Alexandrie connaissait V Apocalypse de Pierre d'après Eusèbe, H. E., VI, 14. Grabe, Spicileg:, I, 74.

* Oracula sibylliiia, édit. Alexandre, 1869. Voir dans Jésus, son terups, son œuvre, p. 95 et suiv., ce qui se rapporte aux livres sibyllins, et spécialement aux interpolations juives.

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