LES ORACLES SIBYLLINS
mière fait partie du livre IV. La sibylle , après s'être donnée comme la prêtresse du Dieu suprême qui ne veut point d'un temple de pierre, décrit en vives couleurs les affreuses persécutions infligées aux hommes pieux. Le jour du cliâtiment approche. Néron, Tantéchrist, s'est retiré eu Asie tout souillé de meurtres. Il va en revenir après la destruction du temple par Titus et déchaîner toute la puissance de l'antéchrist. Mais des signes terribles annonceront les jugements suprêmes ; la terre sera ébranlée et le Vésuve vomira du feu. Néron sera anéanti et des cendres du monde actuel sortira une terre nouvelle où régneront les justes, c'est-à-dire ceux qui se seront fait baptiser à temps \ Le second oracle qui est au commencement du livre V a une couleur plus judaïque. Il annonce les mêmes jugements et les rattache aussi au retour de Néron. Il est d'une origine alexandrine, car c'est de l'Egypte qu'il s'occupe le plus ". Les rêves millénaires se donnaient ainsi carrière et se coloraient des teintes ardentes de l'ancienne apocalyptique des Juifs. Nous avons tenu à donner une idée complète de cette littérature apocryphe qui a exercé en définitive une si grande influence sur le développement de la pensée chrétienne en se répandant dans l'atmosphère intellectuelle. Il nous est possible maintenant d'en tirer quelques conséquences non hasardées sur la marche de la tradition orale dont elle était tour à tour l'inspiration et l'écho. Tout d'abord nous y reconnaissons cet impérieux besoin de l'imagination populaire de donner une
1 Liv. IV.
«Liv. V, V. 1.