‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église Chrétienne (volume 2)Chapitre 173 sur 387 · CLASSEMENT DES ECOLES EN ORIENT ET EN OCCIDENT · texte numérisé non relu

CLASSEMENT DES ECOLES EN ORIENT ET EN OCCIDENT

mais elle n'a pas été étrangère aux conceptions trop intellectuelles du christianisme qui en ont fait à Alexandrie une gnose divine toute pénétrée du souffle vital de la liberté, sans conserver toutefois suffisamment le caractère d'une œuvre de rédemption et de restauration. Les prétentions exclusives du judéo-christianisme ont amené la théologie chrétienne à formuler dans toute sa beauté la grande idée de l'humanité chrétienne, mais sans parler des retours plus ou moins rapides aux institutions sacerdotales et théocratiques, c'est bien à l'esprit judaïsant qu'il faut attribuer la tendance légale qui ôte au pardon sa simplicité. Mais toutes ces transformations et ces déviations ne se manifestent que graduellement et inégalement, et n'empêchent pas un développement large et fécond de la pensée chrétienne qui sur bien des points n'a pas été dépassé. Tant que la liberté première subsiste dans l'Eglise, l'erreur trouve sou correctif à côté d'elle. Il en est de la société chrétienne comme de ces régimes politiques qui ne connaissent pas de maux politiques irrémédiables. L'absolutisme est seul incurable dans tous les domaines, parce qu'il imprime au mal le sceau d'une indiscutable autorité.

L'Eglise se partage en deux grandes divisions. L'Orient, qui comprend la Grèce et l'Egypte, est la patrie de la spéculation, de l'idéalisme parfois transcendant. C'est là que sont nées les grandes écoles de la philosophie. Il fut aussi le berceau de la théologie, et lui conserva un caractère tout ensemble spéculatif et symbolique. L'Occident, qui comprend l'Afrique procon-

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